ans
la recherche de collectivités durables, les organisations et les
juridictions recherchent des moyens pour marier les intérêts
provincial, régionaux et locaux, tout en considérant les principes
de croissance intelligente (Smart Growth), du Nouvel urbanisme (New
Urbanism) et de collectivités durables. De plus, les promoteurs de
projets s'attendent à des profits et les communautés essaient de
protéger leur environnement naturel. Est-ce que ces buts peuvent
être compatibles?
Le développement de lotissement
conventionnel ne permet pas toujours de réaliser ces buts variés.
Avec le développement conventionnel, le terrain est loti en lots
résidentiels et en rues, ne laissant que le terrain qui est
impossible à développer comme espace vert. La plupart du temps la
plus grande partie de l'espace naturel a été nettoyée, nivelée et
a reçu un couvert végétal non indigène. L'eau de ruissellement est
perçue comme quelque chose dont on doit se débarrasser plutôt que
de la gérer. Finalement, il ne reste peu d'espace qui permette le
développement d'une vie communautaire.

Le développement de lotissement
conventionnel
(Adaptaté de : Arendt, R. G. 1996. Conservation design
for subdivisions: A practical guide to creating open space
networks. Island Press.)
Le Concept de conservation des
lotissements (aussi connu comme 'DEsign de COllectivité Durable' ou
DECOD au Nouveau-Brunswick) est innovateur et atteint la plupart des
objectifs de durabilité. Randall Arendt a popularisé ce concept aux
États-Unis mais celui-ci est pratiquement inconnu au Canada. La
caractéristique principale du concept est qu'environ 50% de l'espace
d'un lotissement proposé est préservé et ce sans compter les
contraintes environnementales habituelles comme les plaines inondables,
les terres humides, les zones d'espèces en danger. Un lotissement qui
est conçu en vertu des principes de concept de conservation se
caractérise comme étant un 'lotissement de terrain de golf' sans
terrain de golf, où ce dernier est remplacé par une zone de
conservation.

Le Concept de Conservation des
lotissements
(Adaptaté de : Arendt, R. G. 1996. Conservation design
for subdivisions: A practical guide to creating open space
networks. Island Press.)
Selon ce que Randall Arendt écrivait
dans son livre Conservation Design for Subdivisions, (1996) 'Les
étapes de base impliquent la conception de développements
résidentiels (…) où l'on maximise l'espace ouvert de conservation
sans pour autant réduire la densité totale des constructions.' (Traduction
du commentaire anglais de R. Arendt.) La mise en œuvre d'un tel
concept crée plusieurs opportunités, atteint les objectifs
concernant la réduction des gaz à effet de serre et agit contre les
changements climatiques. Toutefois, le concept doit être ajusté au
contexte local et aux réglementations provinciales.
Au Nouveau-Brunswick, la province en
partenariat avec la Ville de Dieppe et M. Charles Poirier, un
promoteur local, ont fait équipe en vue de mettre en œuvre ce
concept dans un projet connu sous le nom de 'Le village en haut du
ruisseau'. L'équipe '(…) a pris l'initiative de piloter l'approche
de M. Arendt dans une région où il existe des pressions sur le
développement, pour non seulement promouvoir une assiette fiscale
améliorée mais aussi en vue d'atteindre des bénéfices sociaux et
environnementaux.' (Traduction du commentaire anglais de Cathy Ascroft,
rédactrice en chef de la revue Plan Canada, Hiver 2005.) Ainsi les
professionnels de la planification au Canada perçoivent le
Nouveau-Brunswick et Dieppe comme 'leader' dans la mise en pratique
des principes de développement de communautés durables par
l'entremise du concept de lotissement.
Cette propriété est localisée près
du centre-ville de Dieppe dans une région où il existe des pressions
pour développer. Le terrain considéré s'étend sur environ 10
hectares et est zoné pour du développement à basse densité (soit
environ 5 unités pour toute la propriété). Cependant, la Ville
voulait générer des revenus provenant de ce lotissement résidentiel
qui paieraient pour les services et les infrastructures qu'elle aura
à fournir. Des options possibles furent développées avec le
concours de plusieurs partenaires dont le School of Planning de
l'Université de Dalhousie, le Groupe Littoral et Vie de l'Université
de Moncton, le Collège communautaire du N.-B. de Moncton, et les
élèves de 7e année de l'école Anna Malenfant. Les options
explorées par ce partenariat ont permis d'augmenter la densité à
une centaine d'unités tout en protégeant 63% de la propriété comme
espace vert.
Jusqu'à présent la phase de
planification a déterminé les objectifs et le concept général du
lotissement. Les innovations possibles avec cette approche sont
nombreuses. Par exemple, le projet utilise l'analogie des 'couleurs
des feux de circulation' en vue de déterminer où le développement
peut être construit. Le projet inclura aussi de saines pratiques de
gestion des eaux de ruissellement et a fait appel aux élèves de
l'École Anna-Malenfant pour proposer au Conseil de la ville un
concept de parc écologique avec l'espace vert, et proposera des
moyens aux futurs résidents de gérer les moustiques sur le site
(i.e. par l'introduction de larves de libellules, d'œufs de
grenouilles, et de chauve-souris et la construction de cabanes
d'oiseaux en vue de garder la population des moustiques à un niveau
acceptable.)

 |
Zones
de contraintes environnementales |
Ne
pas construire |
| Zones
d'éléments significatifs |
Des
infrastructures sont possibles |
| Régions de développement potentiel |
On
peut construire |
Le projet utilise l'analogie des
couleurs
des feux de circulation sur cartes en vue de déterminer où le développement
peut être construit.
(Diagrammes : Daniel Savard)
Le projet de Dieppe est entrain de
progresser vers sa phase de mise en œuvre, incluant l'ajustement aux
arrêtés locaux. On peut s'attendre qu'en 2007 les premiers
résidents s'établiront dans ce lotissement à Dieppe. Ce projet
vitrine encouragera son utilisation dans d'autres collectivités de la
province.
Lorsque les gens entendent parler pour
la première fois du concept de lotissement de conservation, ils sont
souvent sceptiques. Ils croient que l'approche coûtera beaucoup plus,
ou que les inconnus seront prohibitifs. Concernant le coût, une
recherche au Delaware a démontré que le coût par lot pour
l'infrastructure (incluant la gestion des eaux de ruissellement) pour
le lotissement de 142 lots variait de 17 325 $ par lot avec le concept
conventionnel à comparer avec 6 259 $ par lot avec le concept de
conservation. Le concept de conservation pour lotissements n'a pas 'd'agenda
caché' parce que tous les aspects du projet (i.e. géographie,
biologie, histoire, culture, économie, et composantes sociales) sont
considérés et présentés au conseil municipal et au public. Les
plus grands obstacles à leur utilisation demeurent que le concept de
conservation est pratiquement inconnu et n'a pas encore d'exemple
concret au Nouveau-Brunswick (et très peu dans le reste du pays), et
aussi le fait que ça prend du temps 'pour faire du bon travail'. En
plus, les promoteurs de projets doivent comprendre les
caractéristiques de leurs sites et les municipalités devraient ajuster leurs arrêtés afin
de faciliter la mise en oeuvre du concept. Finalement, les développeurs et les professionnels en développement
de site ont besoin d'aller plus loin que de simplement répéter les
vieux modèles inappropriés et doivent explorer les nouvelles
opportunités en vue de bâtir des collectivités durables.
Le concept de conservation pour
lotissement est un concept qui nécessite une formation de tous les
partenaires et associés au projet. L'équipe entière doit comprendre
et être en accord avec les principes de base avant la mise en œuvre
du concept. C'est pourquoi, nous avons développé en ce sens un
séminaire d'une journée qui explique le concept et sa mise en œuvre.
Sans formation et engagement de l'équipe il est peu probable que la
mise en œuvre se réalise.
Pour de plus amples informations,
veuillez contacter : Daniel Savard, urbaniste sénior, Direction de la
planification durable, Ministère de l'Environnement. Tél. : (506)
444-4391 ; courriel : daniel.savard@gnb.ca Référence
À lire: Article 'Designing for Conservation', Plan Canada, Hiver
2005, p. 27-30.
À visiter: http://www.dieppe.ca/dieppe_dev_fr.cfm.