Who
will pay?
The injustice of Climate Change
For
those who are concerned about subjects such the unjust economic
consequences of the Kyoto Accord, there is a whole section of the
environmental movement concerned with the concept of environmental
justice.
The
destruction of our environment is largely the result of the over
consumption of rich Western nations. In most cases, the poor are the most
affected.
As
Vandana Shiva, an eco-feminist activist, once stated, we as human beings,
have the responsibility to preserve all forms of life on earth and to
oppose any activities that may affect life, even if they may be
profitable.
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À qui de payer ?
L'injustice des
changements climatiques
Tim Murphy
Climate Change Caravan
April 2003
epuis
quelques temps, les changements climatiques figurent parmi les
priorités du gouvernement canadien, du moins parmi les priorités de
son Ministère de l'environnement. À vrai dire, M. Chrétien mérite
d'être félicité pour sa conviction face à la ratification du
protocole de Kyoto.

(photo: Landscapes
of Global capital)
Alors que les campagnes publicitaires nous encouragent à faire
notre part et à réduire nos émissions personnelles, le débat rugit
quant à qui aura à faire les plus grands sacrifices. L'Alberta et le
charmant M. Klein proteste que la ratification du protocole de Kyoto
signifie des conséquences désastreuses pour son pays, mais
c'est-à-dire sa province. Selon Klein, le secteur pétrolier sera
complètement anéanti et, cela dit-il, représente la pire des
injustices. Sans nier l'importance d'une transition juste vers un
monde sans carbone (question vers la laquelle nous reviendrons sous
peu), il est bien de rappeler à M. Klein, les nombreuses injustices
commises, directement ou non, par son cher secteur pétrolier.
En effet, il existe un mouvement écologique entièrement dédié
à cette idée de justice en environnement. Ce mouvement considère
que l'accès à un environnement sain est un droit fondamental pour
tout être humain. La destruction de notre environnement résultant
largement de la surconsommation des pays occidentaux et plus
précisément celle des classes riches et moyennes pèse lourd sur le
dos des classes pauvres et typiquement les personnes de couleur. Dans
une société capitaliste où le pouvoir politique équivaut au
pouvoir monétaire, la voix des pauvres est assourdie et leurs
communautés sont sujettes à l'exploitation. Donc, les pauvres et les
communautés minoritaires, soit les populations marginalisées,
n'échapperont certainement pas aux problèmes reliés aux changements
climatiques. En vérité, ils seront parmi les plus touchés.
Selon le Programme des Nations Unis pour l'Environnement, les
changements climatiques risquent d'amplifier les problèmes de
pauvreté et de famine mondiale. Les populations qui dépendent de
l'agriculture, la pêche et la foresterie pour leur survie seront
particulièrement affectées. Les pauvres possèdent rarement les
moyens pour s'adapter à de changements si rapides, ce qui les rend
encore plus vulnérables à la souffrance. Alors que les pays
occidentaux sont protégés et assurés par une multitude
d'infrastructures sociales, de tels programmes sont en manque parmi
les pays pauvres.
Confions
la protection de
l'environnement aux gens

(photo: EJF)
Les exemples d'injustices en environnement et spécifiquement ceux
reliés aux changements climatiques sont nombreux. En voici
quelques-uns. Dans un premier cas, il est reconnu que les régions du
Nord connaîtront de sévères répercussions reliées au
réchauffement de la planète. La fonte des glaces et le
raccourcissement de la saison hivernale risque de complètement
bouleverser le mode de vie traditionnel des peuples autochtones
habitant ces régions. Fort probablement, peu de ces gens se
promènent en " S.U.V. " ou se permettent des voyages
annuels en Floride. D'ailleurs, pour les zones côtières et les pays
insulaires, la hausse des niveaux marins et les tempêtes plus
fréquentes qu'entraînera un réchauffement planétaire risquent de
rendre leurs terres totalement inhabitables. Pour leur part, les
pauvres en milieu urbain font face à une diminution de la qualité de
l'air et à des chaleurs d'été insupportables. Sans les moyens de se
payer l'air climatisée ou une visite à la piscine, ils ne peuvent
qu'endurer alors que leurs voisins les plus riches partent en camping
dans leurs grosses roulottes toute équipée. Pire encore, certaines
communautés sont installées très près de grandes raffineries et
connaissent ainsi le double des dégâts. Et qui pensez-vous habitent
ces communautés? Bien sûr ce sont les minorités, les gens de
couleurs, les soumis, les sans voix, car quel humain rationnel
accepterait de pleine volonté la présence de tels dangers dans sa
cour arrière. Rares sont les cas où le pollueur paie les
conséquences de ses actions. Le sociologue Robert Bullard affirme ce
point :
La récente " crise de l'énergie " a rendu les
communautés à faible revenu et celles qui sont composées de
personnes de couleur plus vulnérables lors du choix des sites retenus
pour l'implantation des nouvelles centrales électriques, mais aussi
face à l'assouplissement des normes de qualité de l'air applicables
aux anciennes centrales dites " sales ". De New York à la
Californie, la santé des plus démunis, concentrés dans des zones
urbaines particulièrement affectées, pâtit lourdement de la
pollution atmosphérique. Plus de 57 % des Blancs, de 65 % des Afro-Américains
et de 80 % des Hispaniques vivent dans 437 districts où la qualité
de l'air est inférieure aux normes en vigueur.
" Mais ça, ce sont les Américains ", diriez-vous? Eh
bien, pour un exemple plus local vous n'avez qu'à prendre le cas des
" tar ponds " de Sydney au Cap Breton, la région la plus
cancéreuse au pays. Site de déchets extrêmement toxiques et
polluants, la communauté de gens résidant dans les alentours de la
rue Fréderic attend toujours d'être déménagée.
Pêcheur
cambodgien

(photo: EJF)
L'argument économique est souvent emprunté pour justifier les
actions des grosses sociétés polluantes. Tout comme M. Klein utilise
de tels arguments pour critiquer le protocole Kyoto et défendre son
industrie pétrolière. L'argument n'est pas entièrement faux. La
transition vers un monde sans carbone nécessitera sans doute
d'importants sacrifices économiques et autres. Néanmoins, ces
sacrifices sont nécessaires afin d'alléger le mal futur.
L'éco-féministe militante, Vandana Shiva, affirme dans une critique
du monopole que détiennent les grosses sociétés sur l'industrie
alimentaire que " en tant qu'être humain, nous avons comme
devoir la préservation de toute vie sur terre et l'opposition de
certaines activités, ceci sur base sociale et écologique et peu
importe la profitabilité économique de ces activités. " Il est
à noter que certaines des solutions proposées telles que le marché
du carbone (un système de crédit permettant aux nations les plus
polluantes d'acheter le droit de polluer) demeurent tout à fait
injustes, car elles acceptent que certains pays et certaines
communautés soient désignées comme site d'enfouissement pour le
reste de la planète, permettant ainsi aux plus riches de poursuivrent
leurs activités néfastes. Une transition équitable doit comprendre
des fonds permettant le financement de programmes de rééducation
pour les employés des secteurs les plus affectés par la lutte contre
les changements climatiques. En plus, de tels programmes serviraient
à faciliter l'accès au nouveau marché des ressources renouvelables
et des technologies dites vertes. Finalement, une partie des fonds
amassés pourrait servir à aider les vrais victimes des changements
climatiques, soit les réfugiés environnementaux ayant perdu leurs
terres et leurs moyens de subsistance.
On dit souvent que la domination de l'homme sur le monde naturel
est à la base de la crise écologique actuelle. Toutefois, je
conteste que nous ne pouvons pas espérer obtenir l'égalité entre
les diverses espèces sans d'abord régler les nombreuses inégalités
qui persistent parmi même la race humaine.
Références :
http://www.ourplanet.com/imgversn/122/french/bullard.html
http://www.corpwatch.org/upload/document/greenhousegangsters.pdf
Shiva, Vandana. 2000. Stolen Harvest. South End Press:
Cambridge.
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