on
histoire
Elle a servi à guérir les êtres humains, les plantes, les animaux,
depuis 270 millions d’années. On l'a retrouvée dans des fossiles
datant du paléozoïque et, à cette époque, elle mesurait plus de 10
mètres. En plus, elle nettoie nos casseroles et ustensiles en acier
inoxydable. On s’en est servi pendant plusieurs années pour finir le
bois, et pour polir les métaux ainsi que les objets en étain.

(photo: Johanne Demers)
Les Romains s’en servaient comme tonique et l’utilisaient comme
reconstituant général. Pline l'Ancien disait: « Sa nature est
tellement merveilleuse qu’à peine y toucher, c’est assez pour
étancher le sang des patients. » Pour sa part, Culpeper disait: «
Très puissante pour arrêter les sangs, même à l’intérieur, et
pour libérer de l’enflure, de la chaleur et de l’inflammation des
parties privées et fondamentales des hommes et des femmes. » En magie,
on accrochait un bouquet au lit afin de favoriser la fertilité.
Les Amérindiens s’en servaient pour aider le développement des
fibres musculaires et pour souder les fractures.Ils l'utilisaient aussi
comme coagulant pour les plaies lentes et difficiles à guérirainsi que
pour trouver des nappes d’eau en surface et en profondeur. Ils la
prenaient en infusion pour soigner la gonorrhée et ils s’en servaient
pour toutes les maladies rénales. Les Amérindiens et les premiers
colons en tiraient une décoction qu’ils utilisaient contre l’hydropisie.
Connaissez-vous cette plante? Je suis certaine qu’il y en a chez
vous. Elle pousse presque partout. Je vous la présente: elle se nomme
Prêle des champs.
Son nom latin est Equisetum arvense. Elle a plusieurs noms communs
asprêle, prêle des champs, herbe à écurer ou à récurer,
queue-de-rat, queue-de-renard, queue-de-cheval et, ses noms anglais sont:
Horsetail, Field horsetail.
On la retrouve dans des sols acides et argileux, humide, aux
lisières des bois, dans les fossés. Elle pousse partout au Canada et
au Nord des États-Unis jusqu’en Californie.
Elle ressemble à un petit conifère; c’est plante vivace à
rhizome traçant. Elle n’a ni fleur, ni fruit, ni graine; elle se
reproduit par ses spores.
On utilise les tiges stériles seulement fraîches ou séchées.On
retrouve dans la prêle des acides organiques, des principes amers, des
acides gras, du calcium, des sels de potassium, des sels minéraux d’acide
silicique, du magnésium, du fer, du phosphore, du manganèse, et du
souffre.

(photo: Steven Foster)
La plante peut contenir jusqu'à 40 % de son volume en silice.
Ses propriétés médicinales sont les suivantes: astringente,
antalgique, cicatrisante, diurétique, hémostatique, reminéralisante,
antiseptique, tonique, emménagogue, antilithique dépurative,
vulnéraire immunostimulante. En usage externe, elle est: détersive,
résolutive et aseptisante. On l’utilise généralement pour les voies
urinaires, calculs, gravelle, cystite, colique néphrétique,
hémorragie, plaies, ulcères; contre les maladies de peau, dartres,
démangeaisons et vomissement de sang. Sudation, vergetures, néphrites,
goutte, rhumatisme, fractures, Elle nous apporte l’instinct de survie
et équilibre mieux nos nouveaux départs.
On la récolte au début de l’été par temps sec. Attention:
éviter de la cueillir près des cultures fertilisées artificiellement
(chimiquement). Et très important: on laisse à peu près le
tiers des tiges et le rhizome pour lui assurer la survie; elle doit
être récolté dans le respect de mère terre.
On la suspend en bouquets pas trop gros pour la faire sécher. Il
faut qu’elle soit à la noirceur afin que les tiges restent bien
vertes car si elles brunissent, elles perdent une grande quantité de
ses principes.
Et, on la conserve dans un contenant hermétique pour empêcher
qu'elle s'humidifie et qu’elle moisisse. Attention: la prêle
est considérée comme un poison violent pour les chevaux et les bovins,
elle provoque des troubles rénaux.
ATTENTION: Lorsque nous consommons de la prêle, il est très
important de boire beaucoup d’eau durant la cure.
CONTRE INDICATION: Il ne faut pas consommer de prêle lorsque
l'on a des calculs rénaux à la vessie.
Pour les personnes en convalescence ou pour celles qui souffrent d’anémie,
de cystite, pour les problèmes de prostate, les menstruations
abondantes, pour les personnes ayant plus de 40 ans pour tonifier les
muqueuses. Pour la goutte et le rhumatisme, pour les dépressions, le
manque de minéralisation, le psoriasis. On peut même frotter les
gencives d’un bébé lors du développement de sa dentition; on se
sert alors d'une tisane ou de teinture mère de 2 à 3 fois par jour.
On prend des bains de sièges pour les menstruations abondantes et
les pertes blanches. On prend des bains de pieds pour la transpiration
malodorante. On conseille des bBains complets pour les douleurs dorsale
ou vertébrale et pour les personnes dépressives. On rince ses cheveux
avec une décoction de prêle pour tonifier les cheveux.
On se sert de compresses pour les soudures de fractures, pour les
plaies lentes à guérir. On peut faire avec la prêle un bain pour les
yeux lorsque nous avons les yeux fatigués. Les élixirs sont à
conseiller pour les chagrins lors de la perte d’une personne chère, d’une
séparation, contre la rage non-exprimée depuis longtemps, contre la
dépression, et lorsque nous avons des priorités difficiles à établir.
Dans
le jardin, la prêle est un excellent fongicide. On s'en sert en
décoction ou en purin. La prêle est une grande richesse; continuons de
la préserver pour qu’elle puisse encore nous offrir ses qualités et
ses propriétés médicinales pendant un autre 270 millions d’années.
(photo: Steven Foster)