la jonction des rivières Restigouche et Kedgwick, les touristes
viennent par centaines admirer des paysages à couper le souffle et
suivre le fil de rivières aux eaux limpides.
Arpin
Canoe Restigouche inc. a vu le jour au printemps 1993. Nul ne se
doutait alors de l'ampleur que prendrait cette petite entreprise de
canotage : six embarcations, aucun employé, mais une vision pour le
développement futur de la région. En effet, Arpin Canoe Restigouche
inc. accueille désormais des milliers de canoteurs durant chaque
saison estivale, faisant ainsi découvrir la beauté et la richesse de
l'écosystème des forêts acadiennes à un grand nombre de gens de
partout au Nouveau-Brunswick et d'ailleurs.

(photo : Arpin
Canot Restigouche)
La
portion nord de notre province a longtemps vécu des ressources
forestières. Scieries et papetières font partie du paysage et de
l'économie régionale. Pour des petites collectivités comme
Saint-Quentin et Kedgwick, la forêt est pratiquement le seul gagne-pain.
Mais étant donnée la situation actuelle de l'industrie, une
diversification économique s'impose. Heureusement, les possibilités
abondent notamment en tourisme. Nous avons à moins de cent
kilomètres à la ronde les sentiers du Parc du mont Carleton, pas
moins de cinq rivières, des chutes et des gorges magnifiques et de la
neige abondante en hiver. Un réel paradis pour les amateurs de plein
air. Par contre, plusieurs de ces activités de canotage, mais aussi
d'équitation, de randonnée pédestre, de ski de fond… dépendent
directement d'un environnement viable et d'une forêt en bonne santé.
Qui voudrait venir visiter une région dévastée?

(photo : Arpin
Canot Restigouche)
Arpin
Canoe Restigouche inc. dépend donc des décisions prises en
foresterie. Une foresterie moins intensive, voire communautaire, est
souhaitable pour la diversification de l'économie de la région. Bien
que nous soyons conscients d'avoir nous aussi un impact écologique,
lorsque nous utilisons les cours d'eau, ou transportons des canoteurs…
nous espérons faire prendre conscience de la nécessité de conserver
nos ressources en permettant à un grand nombre de
Néo-Brunswickois(es) d'apprécier la beauté de la forêt acadienne.
Mais si jusqu'à ce jour cette beauté a perduré, certains signes
nous portent à croire qu'elle est menacée. En effet, le nombre de
saumons dans la Restigouche ne cesse de diminuer et le niveau de l'eau
fluctue de plus en plus à cause du manque de rétention du bassin
versant. Les fluctuations extrêmes, soient des niveaux d'eau trop
élevés ou trop bas, nous ont d'ailleurs obligés à interrompre nos
activités durant quelques semaines ces trois dernières années, ce
qui ne s'était jamais vu auparavant. Cette situation amène des
inquiétudes aussi quant aux sédiments transportés à chaque fois
que le niveau de l'eau augmente. Quels en seront les effets à long
terme?

(photo : Arpin
Canot Restigouche)
Espérons
pour l'avenir de la région que des mesures adéquates seront prises!
Le développement écotouristique nécessite un engagement à long
terme de protéger les ressources essentielles pour ce type
d'économie : une forêt et des cours d'eau en santé.