epuis
que les États-Unis ont créé le premier parc national au monde — le
parc national Yellowstone, Wyoming, en 1872 - les parcs nationaux ont
été créés pour perm- ettre aux gens d'en profiter et de se divertir
et pour servir d'outil de sensibilisation.
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(photo: RENB-NBEN)
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Fundy National Park
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Jusqu'aux années 1970, la
plupart des efforts de conservation étaient axés sur la sauvegarde des
espèces rares, menacées ou en voie de disparition et ne tenaient
généralement pas compte de l'habitat. Des campagnes de financement,
organisées sous l'égide du Fonds mondial pour la nature, visaient à
protéger certaines espèces, comme les éléphants, les rhinocéros,
les gorilles, les orangs-outangs, et les koalas.
Ce n'est qu'au cours des dernières années qu'on a assisté à un
changement de cap, qui orientait davantage les efforts sur la
préservation de l'habitat ou de l'écosystème, adoptant ainsi une
philosophie plus générale de conservation. Dan Janzen, de Guanacaseo,
Costa Rica, a été un des premiers à intégrer la conservation rurale
et la protection des écosystèmes dans les années 1980.
Utiliser de façon à laisser intact a été le mot d'ordre dans la
plupart des parcs nationaux du monde entier au cours des 130 dernières
années. Mais ce mot d'ordre constitue un paradoxe — un but impossible
à atteindre. Même si le principe est encore présent dans la
législation canadienne, nous constatons une évolution.
Le Canada est le seul pays au monde à reconnaître officiellement
que l'avenir des parcs et du paysage naturel repose sur la gestion qui a
pour but de préserver l'intégrité écologique. Cette nouvelle
orientation représente un changement important dans la politique des
parcs, un changement qui exige de fonder la planification des parcs sur
une recherche scientifique solide.
Il s'agit cependant d'un équilibre difficile à atteindre. Bien que
le Programme biologique international de 1968 soulignait l'importance de
l'approche scientifique, il négligeait l'aspect humain. Le Programme
sur l'homme et la biosphère de l'UNESCO donne un nouveau souffle à
cette approche, mais cherche toujours à intégrer adéquatement la
science, les gens et les considérations socio-économiques afin d'être
efficace à l'échelle locale.
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(photo: RENB-NBEN)
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Fundy National Park
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Le Programme de réserve de la biosphère est également utilisé
partout dans le monde pour élargir la portée des objectifs de
conservation aux territoires adjacents aux zones protégées. Les parcs
forment ainsi des réseaux plutôt que des aires isolées. Ces réseaux
intègrent les objectifs de gestion des zones protégées à ceux des
territoires voisins. On identifie les intérêts communs et on favorise
la participation communautaire. L'aire isolée fait ainsi partie d'un
écosystème plus vaste.
On m'a récemment demandé comment l'Allemagne parvenait à
préserver ses espaces naturels en dépit de la pression démographique
intense. La réponse est simple... l'Allemagne ne les préserve pas,
sauf peut-être dans le cas du parc national Bayerischerwald, la seule
région où les aménagistes forestiers allemands laissent les forêts
à un état naturel et intact.
D'où proviennent les visiteurs qui sont les plus sensibilisés à
l'environnement? De l'Allemagne. Des milliers de visiteurs allemands
viennent découvrir les espaces naturels du Nord du Canada, de l'Alaska
et de la Colombie-Britannique, des paysages qu'ils ne trouvent pas en
Allemagne.
En 1990, à l'occasion d'une conférence à Perth en Australie, j'ai
déclaré : préservons l'habitat et les espèces s'arrangeront pour
survivre, un commentaire qui avait semé le désarroi chez mes
collègues prônant la conservation de la faune. C'est ce que font les
parcs nationaux. Nous avons fait un bon bout de chemin, mais la route
est encore longue et parsemée d'obstacles. À moins d'être évités,
ces obstacles risquent de déstabiliser un des outils de préservation
et des mécanismes de développement socio-économique et
écotouristique les plus efficaces au monde : les parcs nationaux.
Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir au Canada pour
assurer la préservation des zones protégées uniques et
représentatives. Mais des changements s'opèrent et nous assistons à
un changement de cap.
Note de la rédaction :
Harold Eidsvik est l'ancien directeur des politiques pour Parcs Canada. Il
a été président de la Commission mondiale des aires protégés de
l'Union pour la nature (UICN) de 1983 à 1990. Il est présentement à la
tête de Protected Areas Consulting Services International et demeure à
Sidney, Colombie-Britannique. Il agit à titre de conseiller international
pour la Commission.