The Nuclear Industry
50 Years of Subsidies
The Atomic
Energy of Canada Limited (AECL) is a Canadian public corporation which
designs and sells CANDU reactors. In reality, AECL is a desperate case, up
until now it has received $17,5 billion in subsidies and continue to ask
for more. High costs are not the only argument against nuclear
energy, because this form of energy is also a nightmare for human health.
Moreover, CANDU
reactors have proven to have a much shorter useful life than the expected
40 years. As a matter of fact, AECL has prepared a refitting plan for
Point Lepreau in New Brunswick, but in September 2002, the Public Service
Commission pronounced itself against the proposed $845 millions because it
considered the plan too costly and too risky.
For too long
now, AECL has promised that its future resided in it's exports of CANDU
reactors, in spite of the fact that it had only exported 6 units, 3 % of
world sales. In the near future, there are no prospects for new
sales.
Considering that
AECL leaves to Canadians a sinister heritage of radioactive wastes and
contamination, after 50 years of sterile subventions, it is about time to
simply cut waste funding.
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L'industrie nucleaire
:
Cinquante ans de subventions stériles
David
H. Martin
Sierra Club du/of Canada
January 2003
nergie
atomique du Canada limitée (EACL) est la société d'État canadienne
qui assure la conception et la vente des réacteurs CANDU. A
l'occasion du 50e anniversaire d'EACL, son président-directeur
général, Robert von Adel, vantait " la promesse de l'énergie
sans bornes " dans un langage rappelant le style propagande des
années cinquante. Il confond malheureusement faits et réalités.
Fait : EACL est un cas désespéré qui a reçu à ce jour 17,5
milliards de dollars en subventions et qui continue d'en réclamer
encore plus. Réalité : après 50 années de faillites techniques et
financières, rien ne porte à croire que la tendance pourrait
changer.
En 2001-2002, le gouvernement fédéral a majoré la subvention
annuelle d'EACL à 211,2 milliards de dollars : la plus élevée en 15
ans. Le nombre d'employés a augmenté à 4 000, le niveau le plus
élevé en 15 ans. Cela est tout à fait contraire au plan budgétaire
de 1996 dans lequel le gouvernement limitait à 100 millions la
subvention annuelle d'EACL. De toute évidence, la reprise des
subventions nucléaires fait partie de l'héritage que laisse le
Premier ministre Chrétien à ses contribuables. Pas surprenant que
EACL décrive Jean Chrétien comme " un défenseur ardent et de
longue date d'EACL et du CANDU".
Van Adel est en train de réorganiser EACL sur les principes
d'entreprise. Mais une société de la Couronne qui dépend
massivement de subventions du gouvernement ne peut être organisée
sur un modèle de libre entreprise ou encore adopter un véritable
sens des affaires. Van Adel parle d'un " investissement soutenu
" nécessaire à la transformation d'EACL. Malheureusement pour
les contribuables canadiens, un " investissement soutenu "
se traduit nécessairement par une hausse de subventions.
La propagande de l'industrie nucléaire s'est concentrée
récemment sur la prétendue " renaissance nucléaire ".
Suite à l'introduction de la concurrence sur le marché de
l'électricité aux États-Unis, les compagnies productrices
d'électricité ont pu mettre une croix sur une bonne part de leur
dette nucléaire en tant que coûts échoués (" stranded costs
"), ce qui a permis aux vieilles centrales nucléaires de vendre
leur production à une fraction du véritable coût et de continuer de
fonctionner. La " renaissance nucléaire " ne fut en fait
qu'une opération de sauvetage pour cette industrie. Les abonnés sont
cependant tenus de continuer à payer les coûts échoués. Il n'y a
pas non plus de propositions fermes aux États-Unis pour de nouvelles
centrales nucléaires pour la simple raison que les centrales
nucléaires coûtent le double des centrales au gaz.
Le coût élevé n'est pas l'unique argument contre l'énergie
nucléaire. Cette forme de production d'énergie est un cauchemar au
niveau de la sûreté. Pourquoi les terroristes auraient-ils besoin de
bombes alors qu'ils peuvent causer la fusion du cœur du réacteur
d'une centrale ? Le nucléaire n'est pas une technologie " propre
" : les émissions radioactives et les déchets nucléaires
causent des cancers et des anomalies congénitales; il y a toujours la
possibilité d'un accident catastrophique semblable à celui de
Tchernobyl; et la prolifération des armes nucléaires est un danger
persistant. L'option nucléaire a été rejetée comme solution aux
problèmes climatiques lors de la Conférence sur les changements
climatiques tenue à Bonn en 2001. L'énergie nucléaire est en
conflit avec l'engagement canadien dans le cadre du Protocole de Kyoto
: les formes renouvelables d'énergie et l'efficacité énergétique
sont des technologies plus économiques, plus propres et plus
sécuritaires.

Le Cabinet a accordé un montant de 200 millions de dollars à EACL,
sans débat public, pour la conception de son nouveau réacteur
prototype, le réacteur CANDU avancé ACR. EACL prétend pouvoir
trouver facilement un marché pour ce réacteur qui aura un prix de
vente moindre. Ce n'est pas la première fois qu'on entend cette
rengaine après 50 ans de cafouillages répétés : le " Organic
Cooled Reactor " au Manitoba fut un cul-de-sac technologique ; le
réacteur à eau bouillante ordinaire CANDU BWR à Gentilly, au
Québec, qui utilisait de l'eau bouillante ordinaire comme caloporteur,
tout comme le ACR, fut un citron qui fonctionna moins de 200 jours et
coûta 126 millions aux contribuables, sans compter les frais de
conception ; le Slowpoke Energy System, un réacteur-fournaise dont
personne ne voulait et dont la conception coûta 45 millions de
dollars; la conception du CANDU-3, " un réacteur plus petit et
moins cher " (tout comme le ACR) coûta 75 millions, mais
personne ne voulait d'un réacteur qui n'avait pas fait ses preuves;
les coûts de conception du CANDU-9 n'ont jamais été dévoilés,
mais le programme fut mis au rancart après l'abandon par la Corée du
sud de son programme CANDU; et les deux réacteurs MAPLE à Chalk
River : un autre fiasco comportant un délai de mise en service de
quatre ans. La plus récente proposition de mégaprojet nucléaire
subventionné : 500 millions de dollars pour le réacteur CCN (Centre
canadien de neutrons) qui doit remplacer le NRU vieillissant en 2005.
Il n'y a pas de véritable besoin pour ce réacteur puisque la
recherche peut se faire à d'autres centres de recherche
internationaux. À la lumière du cheminement historique sans
précédent d'EACL, jonché d'incompétence et d'échecs, il est
inconcevable qu'on veuille encore octroyer 20 millions de dollars de
fonds publics pour le réacteur ACR ou encore 500 millions pour le CCN.
Les réacteurs CANDU se sont détériorés beaucoup plus tôt qu'à
la fin de leur durée de vie prévue de 40 ans. Au bout de 20 ans ou
moins, il est nécessaire de procéder à une remise en état majeure
qui coûte tout aussi cher sinon plus que l'achat original de la
centrale. En sa fonction de consultant principal, EACL a été
blâmée pour encore un autre fiasco, soit la remise en état des
réacteurs du Complexe nucléaire de Pickering A. Le démarrage du
premier réacteur a été retardé de trois ans et les coûts de
réfection des quatre réacteurs sont montés en spirale de 800
millions à 2,5 milliards.
EACL a mis sur pied un plan de remise en état de la Centrale
nucléaire de Pointe Lepreau qui appartient à la Société d'Énergie
du Nouveau Brunswick. En septembre 2002, la Commission des entreprises
de service public de cette province s'est prononcée contre la
proposition de 845 millions de dollars, faisant valoir qu'elle était
trop risquée et trop coûteuse. Ce sont les contribuables fédéraux
qui assument le risque si EACL cafouille. Pour faire avancer le projet,
EACL demande maintenant au gouvernement fédéral soit d'accepter
encore plus de risque, soit d'augmenter sa participation. Le Cabinet
doit simplement dire non à ce gouffre financier qui s'ajoute aux
autres. Le Conseil d'administration d'Hydro-Québec, quant à lui,
doit décider en 2003 s'il procède ou pas à une remise en état du
réacteur Gentilly-2.
EACL promet depuis longtemps que son salut financier réside dans
l'exportation des CANDU, mais 12 réacteurs seulement ont été vendus,
soit moins de 3 % du total mondial. En 1996, EACL déclarait que
" son but était d'assurer la vente de dix réacteurs CANDU dans
les dix prochaines années ". Depuis lors, trois réacteurs
seulement ont été vendus : deux à la Chine en 1996 et un à la
Roumanie en 2003. Cette vente du réacteur Cernavoda-2 n'est en fait
que la phase finale d'un marché conclu en 1980, mais elle a quand
même nécessité une garantie de 328 millions de dollars sur le
Compte Canada de la Société pour l'expansion des exportations : en
plein dans le mil pour les contribuables canadiens. Les deux
réacteurs Qinshan vendus à la Chine ont aussi bénéficié de
crédits de 1,5 milliards de dollars en provenance de la même source.
Les ventes de réacteurs sont trop coûteuses et trop risquées pour
les institutions financières du secteur privé; alors pourquoi notre
gouvernement risquerait-il ainsi les deniers publics?
Les récentes pertes de contrats de vente à la Turquie, à
l'Australie et à la Corée du sud confirment que la voie des
exportations de CANDU est un cul-de-sac. Il n'y a pas de possibilités
de nouvelles ventes de réacteurs dans un avenir prochain.
EACL laisse aux Canadiens un sinistre héritage de déchets
radioactifs et de contamination. La Province du Manitoba s'est plainte
de la durée prévue (60 ans) du nettoyage des Laboratoires de
Whiteshell. EACL ne veut même pas dévoiler son plan de nettoyage des
Laboratoires de Chalk River dans la vallée de l'Outaouais, en Ontario
et le gouvernement refuse de soumettre le plan de déclassement à une
évaluation environnementale. La contamination radioactive, après 50
ans de pratiques laxistes, a atteint la rivière des Outaouais, à
vocation récréative et source d'eau potable pour des millions de
Québécois et d'Ontariens.
EACL a fêté son 50e anniversaire en 2002, tout comme le magazine
MAD et les céréales Sugar Frosted Flakes. Contrairement à ces deux
entreprises profitables, la réalisation la plus marquante d'EACL en
50 ans a été son habileté à tirer d'énormes subventions du
gouvernement fédéral comme un énorme aspirateur nucléaire. Après
cinquante ans de subventions stériles, il serait grandement temps de
couper les fonds.
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