The Art of
Unraveling
A Belledune activist recalls the passage of Premier Lord in his
region.
The Premier evaded a small demonstration of concerned citizens,
showing the weakness of the Lord government's position -- in favour of
pollution in the Belledune area.
A position which does not protect our health, our children's health and
the health of the whole province.
"Le premier
ministre ne
faisait rien
d'autre que
de fuir devant
notre
détermination
de protéger
la santé de
nos enfants,
notre propre
santé et celle
de l'ensemble
de la
population
de la
Baie-des-
Chaleurs."

Florian Levesque
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L'art de se défiler
Florian Levesque
Environnement vie
Novembre 2004
e
passage du premier ministre du Nouveau-Brunswick à Balmoral a fait
couler beaucoup d'encre dans les pages des journaux régionaux et
provinciaux. La présence des manifestants a dérangé plusieurs
personnes et certains ne se sont pas gênés pour dénoncer le
comportement des manifestants.
Manifestation
- le 8 avril, 2004

(photo: Coalition
retour à l'expéditeur)
En ce qui me concerne, j'ai participé à la manifestation pour
exprimer mon mécontentement à l'égard du premier ministre du
Nouveau-Brunswick et les décisions que son gouvernement prend sans nous
consulter. Je crois que si une décision du gouvernement porte atteinte
à la santé de nos enfants, les citoyens sont en droit de se défendre
contre une forme de " violence " qui menace l'intégrité de
notre santé et par conséquent celle de notre vie. Pour ces raisons,
nous avons le droit de nous défendre afin de protéger et maintenir les
acquis que nous avons obtenus de longue lutte.
Une des premières contradictions de cette visite du premier ministre,
c'est qu'il venait dans la région annoncer la création de 8 emplois
dans mon village alors qu'il en a détruit près de 40 dans la région
de Dalhousie, ce qui affectera les communautés de l'est de la
Restigouche (Balmoral, Charlo, Eel River Crossing, etc.). Alors à mon
avis, il n'y avait pas de quoi célébrer le soir du 20 octobre, mais il
y avait amplement matière à protester contre l'arbitraire des
décisions du gouvernement de Bernard Lord.
D'autre part, ce qui m'a frappé au cours de la soirée, c'est la
stratégie utilisée par l'entourage du premier ministre pour essayer de
le soustraire à notre " supposée colère ". D'abord, il y a
eu ce fameux retard d'une heure. Comme si on avait essayé de retarder
son arrivée dans le vain espoir de décourager les manifestants. Un
simple coup de fil aurait suffit pour expliquer au premier ministre que
les manifestants étaient là pour de bon, étant donné que nous avions
beaucoup de plaisir devant le Centre communautaire à attendre le "
précieux invité ".
Quand il est arrivé, ce fut un joyeux brouhaha, mené par des gardes
du corps ou des fiers-à-bras qui n'entendaient pas à rire. Ils ont
foncé droits devant eux et ont défoncé un passage à l'intention du
premier ministre. " C'était tassez-vous du chemin, on passe.
" Bien entendu, personne n'aime se faire bousculer par qui que ce
soit. Pas plus les manifestants que le premier ministre. Pourtant, c'est
ce dernier qui a dénoncé de vive voix " l'hospitalité
particulière " que lui a réservée une partie de la population de
la Restigouche. Dans le rang des manifestants, il est certain que le
passage des fiers-à-bras n'a laissé personne indifférents et il y a
eu de vives protestations. À juste raison d'ailleurs.
Alors, dans les circonstances, est-ce légitime d'accuser les
manifestants d'être les seuls responsables de l'incident? À chacun
d'en tirer les conclusions qu'il voudra, mais chose certaine,
l'entourage du premier ministre doit aussi porter sa part de
responsabilité dans le petit incident qui a déplacé le toupet du
premier ministre.
Ce qui est également certain, c'est que les opposants au projet
Bennett étaient animés d'une grande détermination. Pendant que le vin
coulait gaiement au Centre communautaire, nous étions une dizaine
rassemblée dehors à attendre de pieds fermes celui qui menace notre
santé par l'entremise des dioxines et des furanes qu'émettra
l'incinérateur de Bennett Environmental Inc.
J'étais moi-même habillé en juge afin de lire au premier ministre
un acte d'accusation symbolique. Après le départ de tous les convives,
(parce qu'il ne faut pas oublier que les hommes politiques veulent le
moins de témoins possibles lorsque des événements négatifs pour leur
réputation se préparent), le premier ministre a entamé sa sortie et
nous avons formé un barrage pour le forcer à s'arrêter. Nous avons
réussi à le retarder et un de nos manifestants lui a remis le CD
Projet Baie Nette avec une demande insistante d'écouter le message de
la population. Les fiers-à-bras de l'organisation gouvernementale ont
commencé à pousser pour frayer un passage au chef du gouvernement. Le
barrage tenait bon et c'est à ce moment que Bernard Lord a décidé de
dévier de son chemin et qu'il est passé sous notre banderole
anti-Bennett. Voyant qu'il tentait de s'esquiver, je me suis placé
directement dans son chemin avec l'intention bien arrêtée de lui lire
l'acte d'accusation. Je n'en ai pas eu le temps. Un policier de la GRC
de format géant s'est placé derrière moi, m'a soulevé dans les airs
comme une plume et m'a lentement déplacé vers son véhicule.
Manifestation
- le 16 mai, 2004

(photo: Coalition
retour à l'expéditeur)
J'ai alors compris que je me dirigeais vers une arrestation
potentielle et j'ai décidé d'avoir recours à mon meilleur moyen de
défense. J'ai commencé à crier : " Lâchez-moi! Lâchez-moi!".
Intimidé par la possibilité d'un incident politique, le policier,
malgré sa toute puissance m'a relâché et c'est sans hésiter que je
suis retourné sur mes pas pour aller dire bonjour au premier ministre
qui avait maintenant docilement pris place sur la banquette arrière de
sa fourgonnette. Je n'ai pas eu le temps de commencer à lui raconter
l'histoire de ma vie qu'il était déjà parti.
À l'issue de cette confrontation avec mon chef du Soviet suprême du
Nouveau-Brunswick, je n'ai pu faire autrement que d'éclater de rire
face au ridicule de la situation.
Nous avions devant nous, l'homme le plus puissant de la province du
Nouveau-Brunswick, après les Irving, et face à la petite force rebelle
d'une dizaine de personnes, le premier ministre ne faisait rien d'autre
que de fuir devant notre détermination de protéger la santé de nos
enfants, notre propre santé et celle de l'ensemble de la population de
la Baie-des-Chaleurs.
De voir un homme, en principe aussi puissant que lui, fuir devant nos
quelques paroles, n'est-ce pas signe qu'il y a anguille sous roche?
N'est-ce pas raison suffisante pour nous pousser, encore plus que jamais,
à continuer d'avoir du plaisir à protester contre ce sinistre
gouvernement qui vient tenter de nous convaincre qu'il y a fête en la
demeure parce qu'il crée 8 emplois, alors qu'au même moment plane sur
nous un nuage de déchets toxiques qui a le potentiel de tuer certains
d'entre nous.
Certains auront beau dire que je suis " stupide ", c'est
leur affaire. Si des gens de la Restigouche acceptent de se vendre,
c'est aussi leur affaire et j'espère qu'ils en tireront un juteux
profit.
Toutefois, en ce qui me concerne, je n'ai pas l'intention de leur
donner une seule once de ma vie. J'ai aussi l'honneur d'affirmer qu'ils
ne toucheront ni à ma blonde, ni à ma famille étendue, ni à mes amis
et SURTOUT PAS à mon fils. S'ils veulent toucher à ce que j'ai de plus
précieux, il leur faudra d'abord me passer sur le corps. Avec eux,
j'aurai l'honneur de me battre en totale légitime défense pour
protéger la vie dans la Baie-des-Chaleurs. Parce qu'au fond, la vie
c'est bien plus précieux que leurs ridicules profits.
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