Beaucoup de gens vous diront qu’il est pratiquement impossible de
vivre sans voiture. Si vous n’en possédez pas une vous-même, vous
utiliserez le taxi, l’autobus ou voyagerez avec quelqu’un qui
possède une voiture. Peu importe le moyen, nous devons nous déplacer
pour travailler, pour manger, pour nous vêtir et pour revenir chez-soi.
En fait, il est très rare qu’une journée passe sans que je n’aie
eu à me déplacer. Je ne crois pas qu’il soit impossible de vivre
sans voiture. Ce qui semble inévitable, par contre, c’est d’avoir
à nous déplacer.
Je me souviens encore de la journée où j’ai acheté ma première
voiture. C’était une VW Rabbit 1981, vieille de 10 ans déjà! Oh! ce
n’était pas une voiture bien puissante, mais 400,00 $ semblait bien
peu pour la liberté et les possibilités de déplacement que cette
voiture allait m’apporter. Que la destination soit l’épicerie, l’Université,
une visite chez mes parents, un voyage à Moncton, à Québec, en
Gaspésie, ou au Mont Carleton, peu importe, tout était maintenant
possible. Un jour, j’ai dû me départir de la Rabbit, elle ne voulait
plus avancer.
Je
possède toujours une voiture. Mais je n’en ai pas toujours eu une!
Avant d’être assez « vieux » pour conduire une voiture, j’avais
une bicyclette. En fait quand j’y pense, j’ai eu une bicyclette (pas
toujours la même depuis!) durant bien plus d’années que j’ai été
propriétaire d’une voiture. Le sentiment de liberté qui m’a envahi
lors de l’achat de la Rabbit, s’inspirait sans doute des années que
j’ai passées à me promener à bicyclette, pour aller au village ou
à l’école ou encore pour me balader dans les sentiers en forêt,
pour me rendre à la rivière ou pour explorer les champs et boisés du
voisinage.
Pendant quelques années, je n’ai pratiquement pas
utilisé ma bicyclette. C’était plus facile d’aller en voiture,
trop loin pour aller à bicyclette, je n’étais pas assez en forme
pour me rendre à tel ou tel autre endroit, etc¼Depuis quelques années,
par contre, j’y reprends goût! Bien des raisons surgissent quand on
essaie de savoir pourquoi les gens n’utilisent pas davantage la
bicyclette pour se déplacer. Certaines raisons sont d’ordre personnel
(santé, condition physique), d’autres d’ordre social, communautaire
et/ou économique.
(photo:BigRide)
Il reste tout de même que la raison fondamentale pour laquelle la
majorité des gens ne se déplacent pas davantage à bicyclette est la
mauvaise planification des infrastructures de transport. Comment
voulez-vous qu’un cycliste se promène dans les villes du N.-B. quand
la majorité du territoire urbain ne comporte pratiquement jamais d’infra-
structures ou d’espaces compatibles avec l’utilisation de la
bicyclette? POURTANT, on trouve assez d’espace pour construire de
nouvelles routes, des avenues, d’incroy- ables grands parcs de
stationnement, des stations d’essence et des centres spécialisés d’entretien
mécanique! POURTANT, on installe des systèmes de signalisation, on
finance un service de surveillance policière pour assurer la sécurité
sur les routes et on investit annuellement des sommes astronomiques pour
rajeunir les routes et couvrir des crevasses et des trous qui
resurgissent l’année suivante! POURTANT, on développe des super-
autoroutes destinées au transport des matières premières et des
produits de consommation vers les usines de transformation et les villes
et villages.

(photo: BigRide)
L’utilisation de la bicyclette comme moyen de
transport alternatif doit nécessairement être mis à l’agenda des
discussions socio- économiques et environnementales. Il est possible de
remodeler les villes et infra- structures de transport déjà existantes
pour accommoder des modes de transport qui ne polluent pas, qui
permettent au gens de se côtoyer et d’améliorer ou maintenir leur
état de santé mental et physique.
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"L’utilisation
de la bicyclette
comme moyen de transport
alternatif doit nécessairement..."
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Des exemples de villes qui favorisent l’utilisation de
la bicyclette existent. Certaines villes de Hollande ont fait de grands
pas dans cette direction. L’utilisation de la bicyclette comme moyen
de transport alternatif peut jouer un grand rôle dans la viabilité des
villes et des communautés rurales au Nouveau- Brunswick. Le virage vers
l’utilisation de la bicyclette prend de plus en plus d’ampleur même
si au Nouveau-Brunswick les efforts dans cette direction sont
pratiquement inexistants. Il faut plus que l’établissement de pistes
cyclables ou multifonctionnelles reliant les communautés pour que l’utilisation
de la bicyclette soit significative. En juin 2000, Vélo Mondial
2000,
une conférence internationale portant sur l’utilisation de la
bicyclette dans le monde, se tiendra à Amsterdam, en Hollande. On y
discutera entre autres de politique de développement local, de
planification et infrastructure urbaine, de gestion du trafic, de
sécurité routière, de stationnements pour bicyclettes, de modèles d’implantation
et
d’analyses coûts-bénéfices. Espérons que des répercussions se
feront sentir jusqu’ici!