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toi, le givre n’est que l‘antichambre en attente du gel. Tu
soufffles sur les carreaux, dans ce qui te sert de chambre, afin d’expier
tes fautes…et tu espères
Hélas, de l’autre côté, ton regard ne perçoit qu’une
blancheur opaque, à peine mouvante.
Trahison suprême d’une force brute. Mais de ce Dieu qu’on a
crucifié dans l’église du coin, pas de trace.
Tes pas te traînent à nouveau au centre du monde, de ton monde.
Et tu songes à l’hypocrisie de l’immobilité et de la fausse pudeur
qui règne derrière dans la croisée fermée. Pourtant, tu sais la
révolution qui gronde non loin de toi.
Tu sais la fin, tu sais la peur, l’abus,
et la mort. « Assez! »
C’était écrit en lettres sanglantes.
Tu l’avais vu en revenant de chez-elle, où elle avait tenu tes mains
tremblantes de la froidure hivernale dans les siennes.
Sur le chemin du retour, le vent était
hostile et glacial. Ces lettres
sur le mur, comme un appel à l’action, t’avaient fait peur.
Ce matin, malgré l’immuabilité apparente, tu sais
la révolution…
tu sais le froid