l
fait froid, mais est-ce vraiment la saison morte même si l’hiver
entre par les fenêtres de cette maison ouverte qui nous entoure. Qu’est-ce
que le froid quand tout à coup il nous amème à penser. Sous le grand
édredon que forme cette couche blanche, qui sait quel univers d’immondices
sommeille bien au froid, et dorment aussi peut-être les esprits.
Il fait gris dans les âmes sous ces silences. Trop de
bruits inaudibles, inespérés. Autant de visibles silences comme des
nuits inavouables, les non couleurs ensorcelantes du blanc environnant
couvrent-elles les pensées, ou imagine-t-on seulement qu’on ne voit
plus. Dans cet espace où on ne voudrait plus que se cacher pour
échapper au pire.
Se découvrir à soi, aux autres. Périr de son secret en l’exposant
au vent glacial de la rumeur comme la rupture des eaux qui dorment. Une
craque. Un espace fendu sous la neige. Peut-on voir. Peut-on découvrir
ce qui s’y cache quand on a tous les yeux fermés, aveuglés par la
neige.
Quand le blanc ne se trouve pas que sur le givre
étoilé mais aussi dans l’espace pupillaire à occuper tout l’espace
de l’oeil, se trouve ainsi la couleur du vide, entre le jour et la
nuit. Le vide. Espace ultime et sans mesure dans les heures de la
passivité où le rêve maîtrise sa réalité.
Le blanc, moment transitoire entre la vie
et le dernier souffle. L’hiver, à la charnière
du visible et du non vu.