a
certification des forêts est bien positif. Ah, oui? Le problème est que les forestiers qui sont vraiment écologiques et
équitables ont rarement les fonds nécessaires pour tout le processus
de certification.
Le
Conseil de la responsabilité fiduciaire de la forêt ("
Forest Stewardship Council ") est une agence de certification
internationale qui est généralement associée à la foresterie
durable. La certification est accordée aux forestiers qui adhèrent
aux 10 principes de l'agence. Ces principes concernent des choses
comme les droits des communautés, des travailleurs, des autochtones,
la sauvegarde de la biodiversité, des forêts naturelles, des
ressources multiples (eau, paysages, faune etc.).
Depuis trois ans environ, le
Conseil de la responsabilité fiduciaire de la forêt a
commencé à certifier des industriels, dont Tembec, Kruger et Domtar.
En Gaspésie, TemRex de Nouvelle vient d'être certifié malgré les
griefs et les preuves de pratiques courantes de destruction massive
qui ont été présentés à l'équipe responsable de l'évaluation.
À la rencontre publique avec les vérificateurs, qui a eu lieu à New
Richmond le 15 novembre 2005, Environnement Vert Plus a mis de
l'avant deux points importants.
La crédibilité : Encore très
récemment, l'industrie lourde en forêt dénigrait le
Conseil de la responsabilité fiduciaire de la forêt et se
faisait certifier par l'Association canadienne de normalisation ou ISO14001. Or ces certifications ont perdu
leur crédibilité parce que le public sait très bien que ces normes
n'empêchent pas du tout la coupe à blanc. En certifiant des
pratiquants de la coupe à blanc, le
Conseil de la responsabilité fiduciaire de la forêtperd à son tour son bien le
plus précieux : son nom!

(photo: Bob Eichenberger)
Une image faussée : partout dans le
monde, après avoir consulté le site Web du
Conseil de la responsabilité fiduciaire de la forêt, les consommateurs
ont l'impression que les produits forestiers étampés avec le sceau
du
Conseil de la responsabilité fiduciaire de la forêt ont été récoltés selon des pratiques qui
respectent la forêt et les communautés. Or ce n'est pas plus le cas
pour TemRex que pour Irving ou les autres industriels qui pratiquent
presque exclusivement la coupe à blanc faite avec de la machinerie
lourde.
La terre publique, à l'intérieur de
la Gaspésie est une énorme plaie. C'est comme le Nouveau Brunswick.
Les usines ferment et le gouvernement ne recommande rien de mieux que
de subventionner la machine industrielle défectueuse pour l'aider à
achever notre pays mourant une fois pour toute. TemRex, comme les
autres, va s'empresser de vider le territoire en créant le moins
d'emplois possible. Mais le public se fera endormir par le FSC.
Nous et nos communautés devrons vivre
avec la baisse de productivité de notre territoire, le chômage, la
sédimentation de nos rivières et de notre baie et des problèmes
avec nos cours d'eau pendant des générations. Dans un tel contexte,
notre industrie touristique devient risible. Nous avons aussi perdu un
énorme potentiel d'emplois liés à tous les produits et activités
qui viendraient avec un territoire bien recouvert de bonnes forêts
naturelles, diversifiées et fonctionnelles.

(photo: Bob Eichenberger)
L'illusion d'une certification "
écologique " accordée à des méthodes et à des structures qui
ne le sont pas, nous nuit parce que ça encourage nos élus et
décideurs à nier le problème. Arrêtez donc de faire confiance aux
" experts ". Allez voir par vous-même! Je vous invite tous
à monter jusqu'à dans nos terres publiques et essayer de trouver des
sites que vous pourrez qualifier de " forêt ". Bonne
chance! Vous verrez que passé les forêts privées, il n'y a plus
rien d'écologique.
Au Nouveau Brunswick, la balle est dans
le camp des familles forestières Nagaya. Malgré leur association
avec le
Conseil de la responsabilité fiduciaire de la forêt et Smartwood, je crois encore aux critères exigés par
Bill McKay et les efforts consciencieux des familles participantes.
J'achèterais du bois certifié Nagaya, mais le
Conseil de la responsabilité fiduciaire de la forêt ne me dit plus
rien. Est-ce que Nagaya a la capacité de faire cavalier seul ? C'est
ce que je leur souhaite.
Les citoyens et les groupes
écologistes, comme le Conseil de la conservation du Nouveau Brunswick
et le Réseau-Terres de la Couronne travaillent depuis longtemps, pour
proposer et mettre en place des territoires et des activités
forestières à vocations multiples, qui feront la fierté de nos
municipalités et de NOS écosystèmes naturels. Un nouveau système
de gestion équitable des ressources par et pour les populations
locales viendra des communautés maritimes confiantes et bien
informées. Pour ce faire, je vous invite tous à visiter des sites
internet tels que www.nosforetsnb.org,
www.conservationcouncil.ca,
www.ecoforestry.ca, www.silvafor.org,
http://wri.org, et le site des Nations
Unies qui parle des ressources mondiales. Ne manquez pas de lire UNE
FORÊT POUR VIVRE de Léonard Otis (Ed. Pleine Lune).

(photo: Bob Eichenberger)
Visitez le site du
Conseil de la responsabilité fiduciaire de la forêt, www.fsccanada.org, et
demandez-vous si la coupe à blanc est vraiment compatible avec leurs
dix beaux principes. Et surtout, prenez les chemins de terre et
allez voir dans les terres publiques, passé les terres privées et
les écrans visuels, le piètre état de nos forêts. Vous voulez vous
impliquer dans une vraie protection de la forêt ? Joignez-vous au
groupe avec qui vous avez le plus d'affinités et agissez.