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Places of balance -
Reflexions about
our relationship
with nature
Through "Places of balance", Charles Legresley introduces us
to the heart of his thoughts on our relationship with nature.
These seven ephemeral works of art in situ were created with the least
possible impact on the environment.
Through personal reflections and discussion with others on the impact of
our lifestyle on nature and on the relationship which we have with our
environment, Legresley developed these works.
In 2004, he organized seven meetings in an environment in which the
participants would feel in tune with nature. The inspiration for each of
his works was initiated by the exchange of thoughts during those meetings.
Interesting reading ~ Lecture suggérée:
Réflexions
philosophiques sur l'éco-psychologie - en anglais
Green
museum
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'ai
souvent pensé que la crise écologique que nous vivons actuellement est
due au fait que nous avons graduellement perdu contact avec la nature au
point de s'en sentir séparé, presque aliéné. De toute évidence,
l'avènement de l'ère industrielle a grandement contribué à cet état
des choses. De nos jours, la nature est trop souvent représentée comme
une menace dont il faut se protéger et une ressource à exploiter sans
tenir compte des conséquences sur les écosystèmes.
Notre mode de vie fait en sorte que les ressources naturelles et les
écosystèmes sont actuellement en péril. On constate que même si
certains signes se manifestent et que l'alarme sonne, peu d'entre nous
font des actions concrètes pour modifier notre comportement.
Au cours des dernières décennies, la planète a connu une
croissance phénoménale des populations urbaines. En l'an 2000, environ
47 % de la population mondiale vivait dans des milieux urbains, soit
environ 2,8 milliards d'individus. D'ici 2030, on estime que 60 % des
gens vivront dans des milieux urbains. (source : Population Reference
Bureau - www.prb.org)
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(photo: Charles Legresley) |
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Même si la définition de zone urbaine varie selon les pays et que
certains centres urbains sont des petites villes, demeure le fait que
nombreux sont ceux qui n'ont pas la chance d'avoir un contact régulier
avec la nature. Même dans les zones rurales, où la nature est
omniprésente, plusieurs vivent leur quotidien sans trop se préoccuper
de leur environnement naturel.
Certains diront que la nature est partout, même au coeur de la ville
on se retrouve en quelque sorte dans la nature. Leur argument vient du
fait que tous les matériaux, que ce soit le béton, les structures de
métal ou autres, sont composés à partir d'éléments provenant de la
nature. D'une certaine façon ils ont raison mais personnellement, je
ressens une différence considérable à me retrouver dans un lieu
naturel intègre versus un autre lieu qui a été aménagé ou
transformé par l'humain.
Il est illusoire de penser que l'on peut tous vivre sur un grand
terrain à 30 ou 45 minutes de la ville. Il y a évidemment des défis
en terme de transport et d'économie locale comme par exemple, le faible
nombre d'emplois en régions. Pour ma part, grâce à la nouvelle
technologie, je suis en mesure de limiter mes déplacements en
travaillant à partir de chez moi. Pour les gens qui, par choix ou
nécessité, vivent dans les grandes villes, une solution serait de
conserver d'avantage de zones vertes et de boisés au lieu de les
réduire.
Il est commun que lorsque nous nous sentons stressés ou surmenés,
nous pensons souvent à un lieu idyllique dans la nature, un endroit
paisible où l'on peut presque arrêter le temps. Souvent, cet endroit
de rêve se trouve sur le bord d'un lac ou sur la berge d'une rivière,
à la mer, ou encore parmi des gros arbres dans une forêt tapissée de
mousse.
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(photo: Charles Legresley) |
En tant qu'artiste en art visuel et environnementaliste dans l'âme,
j'ai voulu créer sur ce thème en explorant cette relation ambiguë
entre l'humain et l'environnement. J'ai voulu savoir pourquoi nous
persistons à entretenir ce sentiment de dualité envers la nature, soit
de l'idéaliser et en même temps de la craindre, comme si la nature est
à part de l'être humain. Mes recherches m'ont guidé entre autres,
vers le domaine de l'éco-psychologie qui à la base, suggère qu'il y a
une relation directe entre notre bien-être comme individus, et celle de
l'environnement de la planète. (Réflexions philosophiques sur
l'éco-psychologie - www.intuition.org/txt/roszak.htm
- en anglais)
Lieux d'équilibre, le titre de mon projet d'art dans la nature,
m'est venu en tête lorsque j'ai réalisé à quel point je me sentais
davantage en équilibre depuis que je vivais dans mon nouvel
environnement, une maison entourée d'arbres sur une grande terre
boisée. En me retrouvant en pleine nature au quotidien et en passant
beaucoup de temps dans la forêt, j'ai commencé à écouter cette
petite voix intérieur qui nous dit qu'il n'y a pas de séparation entre
nous et la nature. Ce que l'on fait à la nature, on le fait à
nous-même.
Je me suis alors dit que si nous avions tous la chance de vivre
quotidiennement un peu plus en contact avec notre environnement naturel,
nous réaliserions à quel point nous sommes séparés de cette partie
de nous même. Dans notre société, on nous apprend plutôt à craindre
la nature et ce que l'on craint, on veut s'en protéger jusqu'au point
de vouloir le détruire.
Heureusement, je ne suis pas seul dans mes efforts de me
réapproprier mon lien avec la nature. Je connais de plus en plus de
gens qui sont conscient de cette réalité et qui accomplissent des
actions concrètes pour garder une connexion avec la nature et qui font
un effort pour minimiser leurs impacts sur l'environnement. Ce sont
quelques-unes de ces personnes que j'ai choisies pour mon projet.
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(photo: Charles Legresley) |
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Mon projet, Lieux d'équilibre, consistait à créer sept oeuvres
d'art éphémères in situ en ayant le moins d'impact possible sur
l'environnement, afin de poursuivre ma recherche de la notion
d'équilibre entre l'humain et la nature. Le défi consistait à
n'utiliser que les matériaux naturels qui se trouvaient sur place et
d'arriver à aller au-delà de ce que la nature offrait au point de
vue visuel. Du même coup, mon but était de rehausser le lieu pour
lui donner un aspect idyllique en espérant créer un sentiment
d'équilibre à l'observateur.
Durant l'été et l'automne 2004, j'ai organisé des rencontres
avec sept différentes personnes dans un milieu naturel qu'elles
avaient choisi et dans lequel elles se sentaient en équilibre avec la
nature. L'inspiration pour chacune des oeuvres était amorcée par
l'échange de réflexions sur un thème relié à l'environnement,
soit le lien entre la dégradation des écosystèmes et le
déséquilibre croissant entre les humains et la nature. Des photos
des oeuvres, ainsi que des enregistrements sonore des discussions
témoignent de ces rencontres.
Par le partage et les discussions avec les participants, ce projet
m'a donné l'occasion de questionner ma propre relation avec la nature
tout en approfondissant mes connaissances des éléments naturels par
leurs formes, couleurs et textures. Cette forme d'art que je pratique
dans la nature me procure un sentiment de bien être, me permettant de
reprendre tranquillement contact avec cette partie de moi même que
j'avais longtemps négligé. Ma démarche est plutôt intuitive, et
favorise l'observation attentive en me procurant le sentiment que la
nature fait partie intégrante de moi.
Si on est pour faire de ce monde un meilleur endroit pour y vivre,
commençons par se réapproprier les éléments naturels dans notre
vie quotidienne, en appréciant davantage la beauté et la diversité
de la nature tout en maintenant son intégrité.
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