Réflexions sur Gaïa : notre santé et celle de notre planète

Géraldine Arsenault
Recyclage St-Louis
Février 2006

 

Reflexions about Gaia: 
the health of our planet and our own health

Until we find evidence to the contrary, planet Earth, or Gaïa if 
you prefer, is the only planet capable of sustaining life. 
Is Earth a mega-organism?
Could it be sick? 
Can it heal?

The Gaia theory, developed by James Lovelock in the 70's, proposed that our planet acts just like a living organism, that 
it has its own self-regulation mechanisms.

Gaia has warned 
us repeatedly that 
it is losing equilibrium. 
It is just as if Gaia 
has small cancers all around its ribbon of life…cancers 
like pollution, destruction of habitat, rising planetary temperatures, floods and land slides. Can Gaia really heal?







Interesting reading ~ Lecture suggérée:

James Lovelock's web site

Gaïa theory and mother earth

Gaia Theory: Science of the Living Earth

n ce début d'année 2006 nous venons de fêter, sans doute dans l'abondance, le temps des fêtes… et le nouvel an, une sorte de trêve de notre quotidien, et aussi un temps d'arrêt pour réfléchir à ce qui s'est passé en 2005, et nos espoirs pour 2006.

Lorsqu'on prends le temps de faire le bilan de l'année qui vient de passer … et de ce que nous réserve le futur… autant au niveau personnel, qu'au niveau de notre perception de l'état des choses sur la planète, c'est un moment privilégié de prise de conscience et d'adoption de nouvelles habitudes qui peuvent nous aider dans notre vie tout en étant bénéfique pour notre planète. La planète Terre, Gaïa si vous préférez, est le seul vaisseau qui peut, jusqu'à preuve du contraire, soutenir la vie. Puisque ce numéro d'  Éléments se consacre à la Santé Environnementale, ou la guérison environnementale, il est approprié de souligner que notre santé dépend largement de la santé de notre environnement immédiat, et par ricochet de celle de la planète. 

 Qu'en est-il de ce méga organisme … est-il malade? Peux-il guérir? Que fera Gaïa pour rétablir un certain équilibre dans la santé de ses systèmes. Il se peut que nos actions et nos décisions collectives quotidiennes contribuent à la maladie de la planète… ou au contraire puisse l'aider à se rétablir.

(photo: Apollo17, NASA)

Avant d'aller plus loin, il est à propos de souligner cette fameuse théorie avancée par James Lovelock dans les années '70 : " La théorie Gaïa ". Cette théorie suppose que la planète Terre agit comme un géant organisme, muni de systèmes d'autorégulation qui permettent l'évolution d'espèces vivantes et de leur environnement dans un processus unique et indissociable. Lovelock, scientifique de haut niveau travaillant à l'époque dans le développement d'instruments de mesure pour le programme spatial de la NASA, a débuté sa réflexion en faisant la comparaison des atmosphères entourant la Terre et deux de ses voisines, Mars et Vénus. En résumé, il dit que la Terre, grâce à ses systèmes de vie, assure une certaine condition d'équilibre ou d'homéostasie sur la planète… un peu comme les systèmes de notre corps assurent une température constante et des fonctionnement constants au niveau de nos systèmes vitaux. Plus précisément, la théorie prédit que le climat et la composition chimique de la terre est maintenue dans un équilibre ou état d'homéostasie pendant de longues périodes jusqu'à ce qu'il y ait des perturbations internes ou externes qui provoquent un changement vers un nouvel état de stabilité. Rien ne se perd, rien ne se crée… les énergies se redistribuent simplement.

Prenons, par exemple, le cas ou un météorite géant frappait la terre. Nous pourrions qualifier cet événement de perturbation externe. Ce météorite, par son impact, formerait un cratère géant, diffusant du coup des milliers de tonnes de poussière et de particules dans l'atmosphère, ce qui provoquerait, chez Gaïa des réajustements de ses systèmes de vie, de la température et de la composition de l'air. Éventuellement, Gaïa retrouverait un équilibre, avec ses nouveaux paramètres, et la vie (sous quelque forme qu'elle soit), entamerait les échanges entre eux et leurs milieux de vie et contribuerait de nouveau à créer une stabilité. 

(photo:  NASA)

D'un autre côté, si nous regardons une perturbation interne, telle le réchauffement de la terre par l'excès de gaz carboniques dans l'atmosphère provoqué par le comportement des humains, il y a encore une fois un rajustement qui se fait, une redistribution de l'énergie. Pendant le rajustement des systèmes vivants et non vivants de la Terre, les écosystèmes et la vie telle que nous la voyons aujourd'hui peuvent changer d'une façon drastique. Les paramètres qui étaient assez stables, tels que la température ambiante, les courants marins, le niveau de la mer sont en changement et provoquent aussi des changements sur les espèces qui habitent Gaïa. Seulement ceux qui pourront s'y adapter survivront et contribueront, par leurs échanges avec les systèmes de la Terre, à recréer éventuellement un nouvel équilibre.

De la même façon que nous nous occupons de notre organisme vivant, notre corps, qui a des besoins, des malaises, qu'il faut bien nourrir, qu'il faut purifier, garder en forme pour que nos systèmes fonctionnent de façon optimales, la planète aussi, si on la voit comme Lovelock, est comme un organisme muni de systèmes autorégulateurs. Gaïa nous averti… par ses multiples messages qu'elle n'est plus en parfaite équilibre… et qu'elle tentera de le rétablir….de se secouer une fois de temps en temps pour redistribuer les énergies. C'est comme si Gaïa avait des petits cancers un peu partout autour de son ruban de vie… des cancers tels que la pollution de ses systèmes, les destructions des habitats, l'augmentation de la température planétaire, les inondations, les glissements de terrain. 

(photo: Belledune)

Est-ce que Gaïa pourra guérir? Ou peut-être une meilleur questions à poser serait " Comment Gaïa rétablira-t-elle son équilibre? " À mon avis, tout dépend de la capacité d'éveil des vecteurs de ses cancers… les humains. Non, nous ne sommes pas responsables de toutes les catastrophes qui nous tombent sur la tête mais certaines auraient pu être évitées si nous avions fait plus attention à notre mère la Terre. Notre manque d'écoute de ce que nous dit Gaïa pourrait être la cause de notre perte comme espèce a moins que nous arrivions à nous conscientiser à temps et que nous commencions à faire les choses différemment. Il faudrait que les humains passent du mode " parasitisme " sur le dos de notre planète à un mode de " mutualisme "…c'est-à-dire s'aider en aidant notre hôte la Terre! Un échange " gagnant-gagnant " en quelque sorte.

La santé de la terre est essentiellement menacée par de grands changements dans les écosystèmes naturels. Donc c'est à nous, habitants de cette planète Gaïa à nous soigner, revenir à l'essentiel, respecter et s'occuper de nos milieux de vie, en parler, donner l'exemple… et de cette façon nous arriverons peut-être à réduire les " cancers " de notre planète, et à mériter notre place sur cette dernière, la seule dans notre système solaire qui nous offre tout ce qu'il nous faut pour survivre.

James Lovelock s'est exprimé au nom de Gaïa… très peu l'ont fait, comparer aux multitudes qui se sont exprimé au nom des humains. En fait, nous ne sommes qu'une infime partie de la grande équation de Gaia. Pour l'organisme Gaia, notre présence ou non ne change pas grand-chose… l'important pour Gaïa est que la vie continue, pour maintenir son état d'homéostasie. Alors, si nous les humains voulons conserver notre place sur cette planète, c'est à nous de jouer… pour Gaïa, et non contre elle.

Référence : Lovelock, James (1990), " Les Ages de Gaïa ", (Traduction française) Édition Robert Laffont, Paris (293 pp) (traduit de l'œuvre originale: " The Ages of Gaïa ", The Commonwealth Fund Book Program of Memorial Sloan-Kettering Cancer Centre, 1988)