Are pollution perceptions influencing environmental inaction?

 

Why do citizens not engage in more action to reduce pollution or to help restore the state of the environment?

 Interviews in two eastern NB communities show that most people think that they live in a healthy environment.

 This is so even if they talked about habitat degradation and are concerned that the state of the environment will continue to deteriorate in the future. 

Many of those interviewed considered littering as pollution and most did not refer to the big-ticket items such as declining fish stock, deforestation, estuary contamination and eutrophication and even less about climate changes.

Respondents did not talk about lifestyle changes to reduce consumption and therefore reduce environmental degradation, indicating that they did not make the link between the two. 

When people were asked what stops them from taking actions to improve the environment, they named lack of time and lack of information as being key.

 

Est-ce que les conceptions de l'environnement influencent l'inaction environnementale?

Gilles Martin
Professionnel de recherche
Université de Moncton
Novembre 2005

ourquoi y a t-il si peu d'actions pour enrayer la pollution ou pour améliorer l'état de l'environnement? Les personnes impliquées dans la protection de l'environnement ou tout simplement préoccupées par la situation environnementale actuelle se posent souvent cette question. En tant qu'éducateur à l'environnement, c'est aussi une question que je me suis posé.

Dans le cadre d'études en environnement, j'ai eu l'occasion, il y a deux ans, de réaliser des entrevues dans deux communautés de l'est du Nouveau-Brunswick sur le sujet. Ces entrevues visaient à identifier les valeurs et les conceptions des personnes par rapport à l'environnement. Les résultats de la recherche permettent de jeter un peu de lumière sur la question posée ci-dessus. Dans ce texte, les principaux résultats soulignés touchent à la santé de l'environnement et les actions pour l'améliorer.

Un des éléments qui ressort clairement des entrevues est que les personnes ont la conception qu'ils vivent dans un milieu en santé au niveau de l'environnement. Même si plusieurs parlent de certains problèmes de détérioration du milieu et qu'ils ont peur de voir ce milieu se détériorer dans le futur, pour le moment ils y voient un milieu sain. Ceci semble indiquer qu'il n'y a pas, chez la majorité, une perception qu'il y a une crise environnementale et qu'il n'y a pas non plus urgence d'agir. Cependant, les résultats montrent tout de même que les personnes accordent beaucoup d'importance à la qualité de leur environnement et le milieu rural en général. Ils ne veulent pas voir ce milieu changer ou se détériorer.

Il n'est pas surprenant dans ce contexte de constater que les personnes font peu d'actions pour aider la santé de leur environnement autre que des actions comme le recyclage, le jardinage et pour quelques-uns le compostage. Le recyclage, rappelons-le, est obligatoire maintenant et le jardinage quant à lui n'est pas nécessairement entrepris avec la santé de l'environnement en tête. Ce qui me fait affirmer qu'il y a peu d'actions environnementales entreprises par la majorité des personnes de la région.


(Photo: Hawaii Government) 

Un autre point important qui peut aider à expliquer l'inaction est la résignation des personnes face à certaines situations comme la coupe abusive de bois par exemple. Plusieurs affirment qu'il appartient à d'autres (politiciens, fonctionnaires ou autres) de régler ces problèmes. Clairement, les gens sentent que cela ne réside pas dans leurs mains, que ce n'est pas de leur contrôle. Plus important encore, personne ne parle de changement personnel au niveau de son style de vie comme moyen d'action. Il semble donc que même si on parle de détérioration de l'environnement, on ne fait pas le lien avec notre style de vie, notre surconsommation ou autre.

Enfin quand les personnes elles-mêmes ont été interrogées sur ce qui les empêche d'en faire plus pour la santé de l'environnement, ils parlent de leur style de vie : manque de temps et manque d'informations surtout.

Effectivement, il semble y avoir certains manques au niveau de la connaissance de ce que sont les enjeux environnementaux majeurs de la région. Par exemple, plusieurs personnes considèrent la pollution comme étant les déchets jetés par terre. Il n'y a presque pas d'allusions à des enjeux aussi importants que la disparition de stocks de poissons, la déforestation et la diminution de la qualité de la forêt, de la contamination et l'eutrophisation des estuaires et encore moins d'enjeux globaux comme les changements climatiques ou autres. Encore une fois, il n'y a pas une perception qu'il y a crise en la demeure. Une exception peut-être est le bon nombre de participants qui ont parlé de problèmes associés à la méga porcherie.

Même si les personnes ont parlé beaucoup de forêt dans les entrevues, personne ne parle de son importance au niveau de la biodiversité, de la régulation des eaux de surface ou autres fonctions écologiques. Quelques participants seulement parlent de la forêt ou de la nature comme essentielle à la survie ce qui semble être très peu. 


(Photo: Jean-Paul LeBlanc)

À l'opposé, on retrouve dans plusieurs réponses des conceptions de la forêt très centrées sur l'utilisation par les humains. Plusieurs par exemple parlent de sylviculture et de plantation comme essentielle pour une belle forêt! On peut se demander s'il y a là influence de la publicité faite par les compagnies forestières.

Une note plus positive est le fait qu'on retrouve chez les personnes des valeurs et conceptions qui touchent la notion de développement durable. Plusieurs par exemple parlent de développement plus respectueux de l'environnement, de l'importance de ne pas surexploiter les ressources, de l'importance de ce que l'on laisse pour la génération suivante et de l'importance d'un milieu sain. Plusieurs ont affirmé qu'ils n'accepteraient pas n'importe quel type de développement dans leur région, surtout pas si celui-ci n'est pas bénéfique aux citoyens et à la santé du milieu.

Enfin, il faut souligner que la question de l'engagement ou non pour aider l'environnement est très complexe. L'étude que j'ai résumée plus haut ne prétend pas donner une réponse claire et nette à la question, mais elle permet de tirer certaines conclusions qui pourraient aider les intervenants et les éducateurs qui veulent engager des communautés dans des actions pour la santé de leur environnement.