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Those Pesky Pesticides

You are, undoubtedly, in agreement that these days we are using far too many harmful products in our every day lives.

What is disturbing is the lack of concern and action on pesticide use in our communities -- from the general public and from our elected officials and leaders.

In fact, the provincial government strongly discourages whoever dares to speak to the regulation of pesticide use.

If  municipalities will stand up and follow the example of Shediac and Caraquet, on their anti-pesticide bylaw actions -- gradually pesticides will be a thing of the past and future generations will be left with a brighter future.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'arrêté municipal
régissant
l’utilisation des
pesticides dans la
Ville de Shediac

 

Download a copy
of the municipal
by-law regulating
the use of
pesticides in the
Town of
Shediac

 

Les "Pestueux" Pesticides


Camille Belliveau
Ancien maire de Shediac, N-B
Avril 2005

Le dictionnaire Petit Robert définit 
" pesticide " comme étant dérivé du mot anglais " pest " avec l'addition du suffixe " cide ". Au delà de 500 années se sont écoulées depuis que le mot " peste " a été introduit dans le vocabulaire populaire avec comme signification " épidémie, fléau ". N'est-ce pas ironique, qu'aujourd'hui cette définition est toujours aussi pertinente mais dans un autre sens, car effectivement les pesticides eux-mêmes sont devenus des " fléaux ". Permettez-moi ici de vous donner une dernière définition du mot
" fléau " provenant encore une fois du Petit Robert : " fléau : ce qui est nuisible, funeste et redoutable ".

Vous êtes, sans doute, tous d'accord qu'en 2005 beaucoup trop de nos produits utilisés quotidiennement sont des produits à effets nuisibles et redoutables. Mon intention ici n'est pas de faire le procès de chacun de ces produits. Je n'ai ni les connaissances techniques et/ou professionnelles pour me permettre une telle sortie. Non ici, je veux tout simplement m'intéresser au côté humain de l'équation. Je laisserai aux scientistes et aux environnementalistes la tâche de prouver les effets néfastes et désastreux de ces produits toxiques. Malheureusement, ils semblent n'éprouver aucune difficulté à démontrer les effets nocifs de beaucoup trop de ces produits utilisés : produits que nous prenons tous pour acquis dans nos activités journalières.

Je dois avouer que ce qui m'intrigue et me dérange le plus dans ce dossier, c'est non seulement toute cette apathie, cette ère d'insouciance de la part de la population en général, mais surtout l'indifférence et l'inaction de nos élus, de nos leaders confrontés à un pareil défi.

Pour vous placer dans le contexte provincial du Nouveau-Brunswick actuel, toute municipalité qui souhaite s'occuper du dossier des pesticides peut le faire s'il en est convaincu. Mais, il n'existe absolument aucun soutien provincial pour toute la question de bannir les pesticides. Je peux même affirmer le contraire. En réalité, le gouvernement provincial décourage fortement quiconque ose s'attaquer à ce dossier pour le réglementer; tel que ce fut le cas d'ailleurs pour la Municipalité de Shediac, comme j'en ai été témoin.

Lorsque notre conseil municipal a adopté unanimement un règlement pour bannir les pesticides, la ministre de l'Environnement et des Gouvernements locaux de l'époque, déclara alors publiquement qu'il n'était pas dans l'intérêt de la municipalité de Shediac de promulguer un tel règlement, car selon son dire, la municipalité n'avait vraisemblablement pas l'autorité nécessaire en vertu de la " Loi sur les municipalités " existante de mettre en force une telle réglementation. Quel beau coup de pouce de la part de notre gouvernement provincial!

Non seulement il refuse de mettre en vigueur une loi provinciale où toute la question des pesticides deviendrait alors un dossier provincial plutôt que municipal, mais il préfère laisser les municipalités se débattent avec le problème sans leurs fournir les outils nécessaires par voie d'amendement à la Loi sur les municipalités afin de donner alors, sans équivoque et sans question, le pouvoir aux municipalités d'agir dans ce dossier. On préfère garder le statu quo, c'est-à-dire, ignorer le problème; en espérant qu'il s'en ira peut-être par lui-même.

Vous allez donc dire, il est basé sur quoi alors votre règlement? Vous le défendez comment? Il faut comprendre que tout pouvoir donné aux municipalités émane de la Loi sur les Municipalités. Les Municipalités ont seulement le pouvoir de fournir les services tels que stipulés dans la loi sous l'article 7 (3). Ceci veut donc dire que présumément pour réglementer les pesticides, un article spécifique à cet effet aurait dû être inclus dans la loi lors de son adoption initiale. Malheureusement, tel ne fut pas le cas. Toutefois l'Annexe 1 de la Loi sur les Municipalités contient un article qui fait introduction aux articles énumérant les services qu'une municipalité peut fournir aux citoyens, en vertu du para, 7(3) mentionné plus haut.

Heureusement cet article définit ce que " Services " désigne, et je cite :
" Ce terme désigne tout service que le Conseil estime utile à la paix, à l'ordre, à la bonne administration de la municipalité et propre à encourager l'hygiène, la sécurité et le bien-être de ses habitants… ".

Voilà, dans l'interprétation accordée à l'époque, les munitions nécessaires pour défendre un nouveau règlement. " …encourager l'hygiène, la sécurité et le bien-être de ses citoyens ". Est-ce que bannir les pesticides est compatible avec cet énoncé? Selon mon humble opinion, oui. Est-ce que la Cour donnerait raison à toute municipalité qui oserait se servir de cette définition pour justifier ses actions? Le Conseil municipal de l'époque en est toujours convaincu, d'ailleurs.

La question et/ou suggestion que j'apporte au gouvernement provincial aujourd'hui est donc celle-ci : Pourquoi laisser nos municipalités sur le qui-vive? Si la province ne veut pas prendre l'initiative elle-même dans ce dossier, alors qu'elle donne aux municipalités la compétence législative de promulguer les règlements régissant l'utilisation des pesticides. Je suis convaincu alors que beaucoup de municipalités suivront l'exemple de Shediac et de Caraquet sans craindre de se faire poursuivre. Graduellement, la raison fera son chemin et les pesticides seront des éléments du passé plutôt que d'avenir. C'est d'ailleurs ce que je souhaite de tout cœur.