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Our Sacred Duty
Until very recently, the environment occupied a secondary place in my
everyday life. By acquiring knowledge, I became a man more conscious of
the environmental challenges which afflict the Earth. Ignorance confines
us in a prison of inaction.
About at the same time of my budding interest, we learned of Bennett
Environmental Inc.'s proposed toxic waste incinerator, which was planned
for our region. This really got me going!
We have the responsibility to take action for our children.
Être
informé, c’est
devenir citoyen, alors que l’ignorance nous confine dans une prison
d’inaction.
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Notre devoir sacré
Florian Levesque
Environnement vie
Avril 2005
a
plupart d'entre nous ont leurs raisons personnelles pouvant
expliquer leur engagement à défendre l'environnement.

(Photo: Stopbennett.com)
En ce qui me concerne, je dois dire que l'environnement, jusqu'à
tout récemment, a toujours occupé une place secondaire dans ma vie
quotidienne. Il y a quelques années, je vous aurais dit que je
croyais aux valeurs environnementales, mais de là, à m'engager, il
y avait un pas que je n'étais pas prêt à franchir. Les raisons en
étaient multiples.
Toutefois, je crois que la raison pour laquelle je ne désirais
pas agir sur la question est tout simplement parce que j'ignorais à
peu près tout de l'importance de protéger la nature pour assurer
la vie sur la terre. Un autre facteur qui empêchait ma mobilisation
est que je suis d'une culture où dans ma famille il y a beaucoup de
bûcherons, donc une partie de ma vie économique repose sur
l'exploitation des arbres. La forêt est ce qui a permis et permet
aux miens de gagner leur vie et de vivre dignement. De plus, compte
tenu que mes études universitaires et qu'une partie importante de
mes connaissances reposent sur les cadavres des arbres que j'ai
abattus au cours de ma vie, on peut alors comprendre ma réticence,
jusqu'à tout récemment, à ne pas accorder trop d'importance à
l'environnement. Pourtant, j'aurais dû.
Tout a commencé à changer, lorsqu'en 2003, à la fin de mon
engagement avec les Jeux d'hiver du Canada, j'ai obtenu un contrat
avec la Coalition des aires naturelles protégées du
Nouveau-Brunswick. Mon premier geste a été de lire tout ce qu'il
était possible d'obtenir sur le sujet de l'environnement, les
arbres, la nature, les écosystèmes afin de pouvoir accomplir mon
travail correctement. En acquérant de nouvelles connaissances, je
suis devenu un homme plus conscient des défis environnementaux qui
affligent la planète. Être informé, c'est devenir citoyen, alors
que l'ignorance nous confine dans une prison d'inaction.

(photo: Yvon
Bruler)
À peu près en même temps, la population de la
Baie-des-Chaleurs a été informée du projet d'incinérateur de
déchets toxiques de Bennett Environmental Inc.
Ce fut le coup de fouet dont j'avais besoin qui m'a poussé à
mobiliser mes forces contre les intérêts économiques qui voient
la nature comme une richesse à exploiter, de la même manière que
le système économique actuel exploite l'humain, les animaux et les
marchandises en ce bas monde où il semble que tout est à vendre.
Mes lectures et la lutte que je mène sur le terrain m'ont permis
de prendre conscience des enjeux environnementaux qui détermineront
s'il y aura de la vie humaine sur la terre dans un avenir plus ou
moins lointain.
Dans mon cheminement personnel, j'ai aussi eu la chance de
rencontrer les peuples des Premières Nations qui m'ont enseigné
des concepts très importants de vie. Tout est un cercle. Quand,
aujourd'hui, on prend une décision, il faut penser à l'impact sur
la 7e génération. La spiritualité. L'importance de respecter la
Terre Mère. L'argent ne se mange pas. Tout ces éléments
gravitaient dans mon esprit comme des atomes attendant de prendre
leur place dans la structure moléculaire de la vie.
L'année 1995 a également marqué un tournant dans ma vie : je
suis devenu père de famille. Depuis ce jour, la vie n'est plus la
même. En tant que parent, je suis investi du devoir sacré de
protéger ce qui est le plus précieux sur la terre, soit la vie de
mon enfant. Mon frère m'a répété à de nombreuses reprises,
quand nous étions à la tête de notre association locale de
soccer, que celui qui travaille pour le bien des enfants ne peut pas
se tromper. Mon frère a totalement raison sur ce point. Quand,
comme société, nous travaillons au bénéfice des enfants, nous
sommes certains d'accomplir des bienfaits pour la société et la
vie en général.
Baie des Chaleurs

(Photo: Stopbennett.com)
D'ailleurs, peu de temps après la naissance de mon fils, je me
souviens, je le portais dans un " sac ventral ", alors que
moi et ma " blonde " nous marchions sur le bord de la route.
J'étais alors en contact très intime avec mon fils. C'était comme
une sorte de gestation. Tout d'un coup, une sorte d'illumination m'a
frappé. Je me suis tourné vers ma " blonde " et je lui ai
dit : " Si jamais quelqu'un venait envahir notre territoire pour
vous faire du mal, il leur faudrait passer sur mon corps mort avant de
vous toucher. Je vous le promets. "
Aujourd'hui, je suis extrêmement fier d'honorer la promesse que
j'ai faite à mon fils et à ma " blonde ", voilà
maintenant 9 ans.
Mon cheminement m'a aussi appris que les hommes sont investis du
pouvoir sacré du guerrier et qu'ils ont la responsabilité de se
lever pour défendre ce qui est plus précieux, soit rien de moins que
la vie qui s'incarne dans les enfants que nous aidons à mettre au
monde. Cette vie, si précieuse, prend racine dans le ventre des
femmes.
L'homme ne doit jamais être un agresseur. Il est là pour
défendre. Quand une femme devient enceinte, c'est un miracle de vie
mille fois renouvelés qui prend forme dans ses entrailles. Quand,
comme société, nous apprendrons à respecter profondément cette
source sacrée de vie qui se nomme enfance, notre société et notre
environnement naturel se porteront bien. Voilà, à mon avis, ce qui
est, à nous les hommes, notre quête ultime et notre devoir sacré
d'être vivant.
Quand les hommes de la Baie-des-Chaleurs se lèveront debout pour
défendre les enfants, il ne restera plus aux agresseurs que de
retourner dans leur trou et d'y rester.
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