The pleasures of down to earth living

Our habits of consumption have turned us into the killers of the planet. During the fuel crisis in the 70’s, instead of trying to find alternatives to burning gas, such learning to use cars with moderation, we preferred economical warfare with the Middle East.

Michel LeBlanc reflects on today’s abuses by taking us with him to a little community in the north of Spain, where he spent some time two years ago. The village is called Matavenero, where members of the Rainbow movement and ecologists from all over the world live in peace with nature. This community is proof that people can live happily without powerful technologies. The key is in learning how to appreciate natural luxuries.

Plus simple, tu meurs!

Michel LeBlanc
Écoversité
Septembre 1998

l.gif (280 bytes)orsque la pénurie de pétrole a frappé l’Amérique au cours des années 1970, les changements de comportements que cela a imposé aux consommateurs étaient perçus comme des atteintes à la liberté. Selon cette mentalité, s’il y avait une pénurie de pétrole, il n’était pas question de réduire l’utilisation de nos voitures ni même de trouver des technologies plus efficaces. Il fallait faire la guerre économique aux pays du Proche-Orient qui nous privaient de notre droit de faire ce que nous désirions des ressources naturelles.

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(photo: Michel LeBlanc)

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"La conservation était une nécessité et agissait ... la misère dans laquelle se trouvaient les gens."
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Cette attitude a changé graduellement depuis les dernières années en raison de considérations écologiques. Toutefois, on est loin d’admettre le besoin de réduire la consommation dans toutes les composantes de la vie. Il est possible de comprendre notre réticence à conserver comme le faisaient nos ancêtres d’il y a à peine cent ans. À cette époque, la conservation fut imposée comme style de vie en raison de facteurs économiques. La conservation était une nécessité et agissait comme un rappel quotidien de la misère dans laquelle se trouvaient les gens.

Ceci dit, la consommation est aujourd’hui une manière d’affirmer notre bien-être. Le plus on consomme, le plus on se croit prospère. Par opposition, la conservation évoque l’état lamentable de la pauvreté et des sociétés de subsistance. Heureusement, il y a des communautés dans lesquelles les individus n’ont pas honte de vivre en épargnant leurs ressources. En fait, pour certaines personnes, la conservation est une affirmation de leur bien-être et exprime leur optimisme quant à l’avenir.

J’ai eu l’occasion de visiter une telle communauté. Lors d’un voyage en Europe il y a deux ans, j’ai découvert un petit village isolé, haut dans les montagnes du nord de l’Espagne. Le village se nomme Matavenero et comprend une communauté d’une centaine de membres du mouvement « Rainbow », des écologistes provenant du monde entier et dont l’objectif est de promouvoir un style de vie axé sur la nature.

À Matavenero, les gens vivent simplement. On ne trouve pas de voitures ni de lignes d’électricité. Pour ce qui est des besoins fondamentaux, tels la production d’énergie et de chaleur, on ne se contente pas de techniques abusives sur le plan environnemental, telles le recours au charbon. En fait, un nombre important de citoyens de Matavenero passent leurs journées en tant qu’ingénieurs en herbes afin de développer des génératrices d’énergie éolienne et solaire qui servent à divers besoins.

Dans le cas de Luddo, un type sympathique aux allures de John Lennon qui est venu à Matavenero après avoir quitté sa vie d’artiste en Allemagne, c’est avec l’hydrologie qu’il propose d’alimenter une petite usine de transformation de châtaigne. Lors de mon stage informel avec lui, il m’a démontré comment il allait détourner une petite partie d’un ruisseau pour créer le mouvement de compression nécessaire à la transformation des noix de châtaigne en un beurre très riche en protéines.

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"...on ne cherche pas les plaisirs provenant des jeux électroniques..."
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(photo: Michel LeBlanc)

À part le travail et l’invention, à Matavenero, on vit pour le loisir. Les membres de la communauté se rencontrent pour des improvisations de musique, des discussions philosophiques et des dégustations, rendues possibles grâce à la riche production de leurs jardins communs. En fait, à Matavenero, on ne cherche pas les plaisirs provenant des jeux électroniques ni des puissantes technologies. Pourtant, on est heureux.

Il est frappant jusqu’à quel point des réalités fondamentales nous échappent dans notre monde sophistiqué d’aujourd’hui. Nous aimons nous embourber dans la complexité du monde technologique, de peur tomber dans la misère. Pourtant, la misère est notre destin si nous continuons à détruire notre planète avec nos habitudes de consommation. Nous avons besoin de nous faire secouer. Reconnaissons-le, il est possible de vivre heureux avec moins! C’est un style de vie qui nous est permis et non pas imposé. C’est un concept si simple qu’il nous aveugle.