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Réseau canadien
de recherche sur
les impacts
climatiques et
l'adaptation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier sur l'adaptation

Le nœud régional de l'Atlantique du Réseau canadien de recherche sur les impacts climatiques et l'adaptation (C-CIARN Atlantique) tiendra un atelier de deux jours sur l'adaptation au changement climatique. 

À cette occasion, des chercheurs présenteront des exemples de vulnérabilité au changement climatique et de possibilités d'adaptation en mettant l'accent sur les collectivités, les municipalités, les infrastructures et les réseaux de transport. Il y aura également des exposés sur les aspects économiques de l'adaptation et les moyens de financement. Divers interlocuteurs répondront aux présentations en décrivant leur point de vue sur la place de l'adaptation dans leurs sphères d'activité respectives. Les participants à l'atelier seront ensuite invités à se livrer à un exercice de planification afin d'apprendre à organiser des projets d'adaptation.

Une conférence aura lieu en soirée la veille de l'atelier (le 11 juin), de façon à mettre les participants au diapason quant à la vulnérabilité du Canada atlantique aux effets du changement climatique. Une promenade guidée, dans la soirée du 12 juin, permettra de montrer certains secteurs du centre-ville de Charlottetown qui sont à la merci de l'élévation du niveau de la mer et des ondes de tempête. 

On peut obtenir davantage d'information et se procurer des formulaires d'inscription sur le site Web (en anglais seulement). 
Pour toute question, ne pas hésiter à appeler au C-CIARN Atlantique.

Ce qui nous attend :
Adaptations aux changements climatiques au Canada atlantique


Kyle McKenzie & Kathryn Parlee
Réseau canadien de recherche sur les impacts
climatiques et l'adaptation

Avril 2003

les changements climatiques font actuellement l'objet de bien desice storm damage. photo: CP débats. On soupçonne que l'augmentation des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre est en train de changer le climat de la planète à un point jamais atteint auparavant. Les réductions prévues dans le cadre du Protocole de Kyoto n'empêcheront pas les concentrations de gaz à effet de serre de continuer à grimper, ni au climat de changer. Même les plus prudents parmi les modèles du climat prévoient que les changements climatiques auront des répercussions importantes au cours du prochain siècle. D'après ces modèles, il semble que le réchauffement subi par le Canada atlantique serait d'une ampleur moindre que dans le centre, l'ouest et le nord du Canada; cependant, les provinces Maritimes seraient particulièrement éprouvées par des effets secondaires des changements climatiques, entre autres l'élévation du niveau de la mer, les phénomènes météorologiques extrêmes et l'érosion côtière. En hiver, la région recevrait davantage de précipitations; par contre, les étés seraient plus secs qu'actuellement. Les ressources en eau douce pourraient se raréfier et le secteur agricole être aux prises avec des sécheresses. Des organismes nuisibles exotiques pourraient apporter de nouvelles maladies en sol canadien, et menacer d'envahir les fermes et les forêts. Il est possible que les incendies de forêt deviennent plus fréquents. Les populations animales et végétales pourraient ne pas arriver à s'adapter assez rapidement. Comme il est probable que les économies fondées sur l'exploitation des ressources naturelles soient plus durement touchées que les économies industrielles, les provinces atlantiques pourraient, toutes proportions gardées, devoir affronter davantage de difficultés que le centre du Canada.

Répercussions des changements climatiques sur les zones côtières — La région de l’Atlantique

D'après ce qu'indiquent les modèles utilisés par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), l'élévation de la température moyenne à la surface de la Terre entraînera vraisemblablement, d'ici 2100, une hausse de 50 cm du niveau moyen de la mer à l'échelle mondiale, et ce à cause de l'expansion de l'eau de mer et de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires sous l'effet du réchauffement. Il s'agit toutefois là d'une estimation à l'échelle planétaire; quant à elles, les hausses selon les régions dépendront de divers facteurs tels que les variations locales dans le profil de la côte, les courants, les mouvements verticaux des terres et les marées.

De nombreux secteurs du Canada atlantique sont en train de s'affaisser en réaction aux processus glaciaires passés. Cela signifie qu'il se produit déjà, dans cette région, une certaine élévation relative du niveau de la mer. Les provinces Maritimes seront donc plus vulnérables aux variations du niveau de la mer à l'échelle mondiale, puisque la hausse projetée sur l'ensemble de la planète s'ajoutera à l'élévation que la région connaît en ce moment. À Halifax, par exemple, le niveau de la mer a monté d'environ 30 cm au cours du dernier siècle. Par conséquent, avec les changements climatiques, il se pourrait que le niveau de la mer au pied de cette ville s'élève de 80 cm d'ici 2100. Selon un rapport achevé en 1998 par la Commission géologique du Canada, à peu près 80 % des côtes, dans les provinces de l'Atlantique sont considérées comme hautement menacées par l'élévation du niveau de la mer à l'échelle planétaire.

Chaque année, plusieurs tempêtes violentes balaient la région atlantique et y causent des ravages sur les côtes. Les fortes vagues des tempêtes accroissent le risque d'érosion des rivages formés de sédiments meubles, et les ondes de tempête augmentent le risque d'inondation des basses terres côtières. Même si les différents modèles du climat ne concordent pas vraiment en ce qui concerne les changements à venir au chapitre des tempêtes, de nombreux chercheurs sont d'avis que les extrêmes météorologiques deviendront plus fréquents dans les provinces atlantiques.

Gros Morne National Park


(photo: K. McKenzie)

Parmi les principaux effets du changement climatique au Canada atlantique figure une augmentation du taux et de l'ampleur de l'érosion et de l'avancée de la mer sur les terres. On s'attend également à davantage d'inondations et de ruptures de digues dans les basses terres côtières à cause des fortes marées et des ondes de tempête. Autrement dit, il se pourrait que des secteurs auparavant inondés une fois tous les 100 ans le soient alors tous les 10 à 20 ans, et que les zones qui étaient à l'abri des inondations ne le soient plus. Les secteurs qui étaient sujets à l'érosion et aux inondations le seront d'autant plus que le niveau de la mer s'élèvera. À titre d'exemple, il existe dans la baie de Fundy un ensemble de digues, dont la construction a commencé dans les années 1630, qui protège aujourd'hui 85 % d'une ancienne zone marécageuse contre les inondations. Depuis le début de ces travaux d'aménagement, il y a près de 400 ans, le niveau de la mer a monté de 1,3 m dans la région à cause de l'affaissement des terres côtières et, bien que les digues aient été entretenues et rehaussées de manière à les maintenir à des hauteurs suffisantes pour défendre les terres des inondations, durant les fréquents épisodes de fortes marées, nombre d'entre elles sont maintenant 2 m sous le niveau atteint par les eaux si survient une onde de tempête violente alliée à une forte marée. D'ici 2100, les digues pourraient être jusqu'à 3 m trop basses.

Flooding on the Sackville River


(photo: K. McKenzie)

Si elles deviennent plus importantes, l'érosion et les inondations sont susceptibles d'avoir de fortes répercussions sur les collectivités établies le long des côtes; elles pourraient notamment causer des dommages aux habitations et autres édifices, aux routes, ponts et autres infrastructures, aux réseaux de drainage et aux installations de traitement des eaux usées, en plus de pouvoir être à l'origine de la contamination des réserves d'eau douce. Des ressources côtières d'importance de même que des habitats fragiles du littoral pourraient aussi être menacés par un accroissement de l'érosion et des inondations. Il est vraisemblable que quantité d'autres éléments soient bouleversés par de telles conditions, notamment l'activité, la santé et la sécurité humaines, la préparation aux situations d'urgence, les assurances, la construction, les coûts d'entretien et de réparation, la propriété, les pouvoirs s'exerçant sur le territoire, la responsabilité et les questions de droit.

La hausse du niveau de la mer pourrait également accroître le risque de salinisation des eaux souterraines dans les basses terres côtières et menacer la pérennité des aquifères dulcicoles du littoral. La salinisation des réserves d'eau douce constituera une grave préoccupation pour les collectivités installées le long des côtes, de même que pour les secteurs et activités qui sont tributaires de ces réserves, comme l'agriculture côtière.

  


(photo of Bathurst: K. McKenzie)

Il se peut que certains écosystèmes côtiers parviennent à s'adapter de façon naturelle à l'élévation du niveau de la mer, ou à se déplacer vers l'intérieur des terres mais, dans les zones bordées par des aménagements humains, où les processus naturels d'évolution des côtes ont été perturbés, les écosystèmes pourraient être inondés de manière permanente ou carrément éliminés. Les milieux humides côtiers sont des écosystèmes d'une diversité et d'une productivité très grandes, et ils jouent un rôle primordial dans le cycle de vie de bien des espèces marines ou terrestres. Leur disparition pourrait donc avoir des effets marqués sur la biodiversité et les ressources côtières.

Comment s'adapter?

Étant donné que les répercussions du changement climatique sont inévitables, la planification de stratégies d'adaptation est maintenant essentielle. Le pont de la Confédération, qui relie le Nouveau-Brunswick à l'Île-du-Prince-Édouard, est un bon exemple de mesure d'adaptation : on l'a construit 1 m plus haut que ce qu'exigeaient les conditions actuelles pour qu'il résiste à l'élévation du niveau de la mer pendant toute sa durée de vie, soit 100 ans.

Confederation Bridge
Confederation Bridge
(photo: K. McKenzie)


Heureusement, l'adaptation signifie aussi maximiser les bénéfices issus du changement climatique, par exemple par l'introduction de cultures auxquelles l'allongement de la saison de croissance sera profitable. Parmi les effets positifs figurent aussi l'extension de la saison touristique, la diminution des besoins en chauffage pendant l'hiver, et l'intensification de l'activité maritime. Quant à savoir si les bénéfices l'emporteront sur les problèmes, la question se pose encore.