The beluga
of the
St. Lawrence:
An ongoing
investigation


For 20 years, the
beluga whale of
the St. Lawrence
has been the
subject of  a
serious scientific
investigation,
which began in 
1982 following
the discovery of
a beached whale
near Rimouski.

The group for research and education on marine mammals (GREMM) says that over the years
researchers have
collected
impressive data
suggesting that
pollution in the
St. Lawrence
affects both the
immune and
reproductive
systems of belugas,
and causes
cancerous tumors in some.

Due to the extent
of the
contamination in
the St. Lawrence
River it was feared
that this would
also slow down
or prevent the
recovery of a
population that
had been severely
threatened by past
human activity.
Commercial
hunting,
(interrupted in the
mid-1950s), had
already greatly
reduced its
numbers. 

In 1983, the 
St. Lawrence
belugas were given
endangered
population status.
By 2001, their
endangered status
still remains and,
almost 20 years
after the
investigation first
began, there is still
a cloud of
uncertainty
surrounding the
belugas recovery. 

 

 

 

 

 


"En 2001, ce statut n'a pas changé et, près de 20 ans après le début de l'enquête, l'incertitude plane toujours sur le rétablissement de la population."

 

Le béluga du Saint-Laurent: l'enquête se poursuit


Robert Michaud et Christiane Foley,
du GREMM (Le Groupe de recherche et d'éducation
sur les mammifères marins)
janvier 2001

 

epuis 20 ans, le béluga du Saint-Laurent fait régulièrement la une des journaux. Derrière des titres tels que Mourir du Saint-Laurent ou Béluga : déchet toxique se cache une véritable enquête scientifique qui a débuté en 1982, près de Rimouski, autour d'un béluga échoué sur la plage. 

==  Le béluga du Saint-Laurent ==


(photo: Baleines en direct)


Pierre Béland, alors chercheur au Centre de recherche en écologie des pêches, et Daniel Martineau, à cette époque vétérinaire à Agriculture Canada, ont voulu savoir de quoi cet animal était mort.

L'analyse des tissus leur a permis d'identifier de nombreux contaminants toxiques, entre autres des organochlorés comme les BPC et le mirex trouvés en concentrations records dans les tissus adipeux. Les premières nécropsies ont révélé des problèmes du système reproducteur et un taux inquiétant de tumeurs.

Ces découvertes étaient particulièrement alarmantes : on craignait que les effets de la pollution ralentissent ou empêchent le rétablissement d'une population que les activités humaines avaient déjà considérablement éprouvée dans le passé.

En effet, la chasse commerciale, interrompue au milieu des années 1950, avait grandement réduit la population.


(photo: Baleines en direct)

D'après les recensements effectués par Leone Pippard, journaliste convertie en chercheuse, et ensuite par Dave Sergeant, de Pêches et Océans Canada, la population comptait environ 500 individus au début des années 1980, soit seulement 10 p. 100 des effectifs du début du siècle.

En 1999, une modification des méthodes de calcul a indiqué qu'il pourrait y avoir jusqu'à deux fois plus de bélugas dans le Saint-Laurent que ce que les recensements précédents avaient indiqués, soit de 1000 à 1400 individus plutôt que de 500 à 700, ce qui demeurre une petite population. 

En 1983, on a donné aux bélugas du Saint-Laurent le statut de population en danger de disparition. En 2001, ce statut n'a pas changé et, près de 20 ans après le début de l'enquête, l'incertitude plane toujours sur le rétablissement de la population. 

Sylvain DeGuise, Michel Fournier et plusieurs autres chercheurs se sont joints ultérieurement à M. Béland et à M. Martineau. Leurs travaux ont fourni un nombre impressionnant de données qui laissent penser que la pollution du Saint-Laurent affecte les systèmes immunitaire et reproducteur du béluga. Soixante-treize carcasses de bélugas ont été nécropsiées entre 1982 et 1996; 29 avaient des tumeurs dont 14 étaient cancéreuses. 


(photo: Baleines en direct)


Selon M. Martineau, la fréquence très élevée de tumeurs chez les bélugas du Saint-Laurent est attribuable à la présence d'agents carcinogènes puissants dans leur environnement. Au tout début de l'enquête, le benzo[a]pyrène (BaP), qui provient de la combustion incomplète de la matière organique, a été désigné comme étant l'une des substances responsables. Des analyses d'ADN de bélugas ont démontré une exposition à cette substance. Toutefois, la diversité des tumeurs observées laisse maintenant penser qu'il y aurait probablement plus d'un agent responsable. 

Les travaux de M. Béland et de ses collaborateurs ont révélé l'ampleur de la contamination du réseau trophique du Saint-Laurent. Malgré l'évolution des méthodes scientifiques, les capacités à établir des relations de cause à effet dans des systèmes naturels complexes sont limitées. 

Les nombreuses maladies des bélugas sont en quelque sorte des " preuves circonstancielles ".  La somme de ces preuves est toutefois accablante.


(photo: Baleines en direct)


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