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Le couguar de l'est figure maintenant sur la liste des espèces en danger de disparition, mais on ne connaît pas sa situation exacte

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Le couguar de l'est

Cade Libby
Biologiste provincial des animaux à fourrure
DNRE
Novembre 2000

 

endant des décennies, la présence du couguar de l'est (Felis concolor couguar) au Nouveau-Brunswick a fait l'objet de nombreuses hypothèses parmi les biologistes et le public. Le couguar de l'est figure maintenant sur la liste des espèces en danger de disparition, mais on ne connaît pas sa situation exacte. Compte tenu de l'absence d'observations recensées, les biologistes se demandent si, de fait, il y a déjà eu une sous-espèce du couguar de l'est ou s'il s'agit d'une population de couguars s'étant déplacée dans l'Est du continent (même espèce que dans l'Ouest). Les biologistes désignent maintenant simplement le couguar de l'est sous le vocable de couguar commun (Felis concolor).

Depuis le milieu des années 70, il y a eu plusieurs centaines d'observations signalées de l'animal. Il y a par ailleurs un grand nombre d'observations qui n'ont jamais été signalées. Le dernier signalement confirmé d'un couguar au Nouveau-Brunswick remonte à 1932. Un chasseur du comté de Kent a tiré sur un couguar assoupi dans un arbre. En outre, le dernier signalement confirmé d'un couguar dans l'Est du pays date de 1938. Un grand félin de couleur fauve (dont on soupçonnait qu'il s'agissait d'un couguar) a été pris dans un piège au Québec, près de la frontière du Maine. Depuis, il y a eu de nombreux signalements, mais le manque de preuves substantielles remet en cause la présence de cet animal dans nos forêts.

Baby Cougar
(photo: Eastern cougar photo)

Le couguar peut avoir une longueur de 6 à 9 pieds (1,8 à 2,7 m) - du museau jusqu'au bout de la queue - il pèse de 100 à 150 livres (45,5 à 68,2 kg), et a une hauteur à l'épaule de 26 à 30 pouces (65 à 75 cm). Sa piste est de grande taille (4 pouces ou 10 cm) et ressemble à celle d'un grand lynx ou loup-cervier. Les couguars sont habituellement plus actifs la nuit et ont une robe de couleur fauve, tirant sur le gris. Chaque année au Nouveau-Brunswick, environ 40 observations de couguar sont signalées. Les observations les plus fréquentes sont celles à partir d'un véhicule ou par des personnes en train de marcher. En règle générale, la personne aperçoit une espèce de gros félin bondir hors du bois et traverser la route. L'animal ne demeure normalement dans le champ de vision de l'observateur que quelques secondes.

Chaque bureau de district du ministère des Ressources naturelles et de l'Énergie (MRNE) possède des formules de « signalement du couguar de l'est ». Si une personne croit avoir vu un couguar, elle est priée de remplir une formule. Une des questions qui figure sur le document est la suivante : « Quelle était la couleur de l'animal que vous avez vu? » Si la personne répond que l'animal observé était brun foncé ou noir, « l'alerte » est déclenchée. Il n'y a jamais eu de couguar noir signalé en Amérique du Nord. Ici, au Nouveau-Brunswick, nous possédons un certain nombre d'animaux qu'il est possible de confondre avec un grand félin « noir ». Il y a le pékan (Martes pennanti), le coyote de couleur foncée (Canis latrans), l'ours noir (Ursus americanus), sans compter les chiens et les chats. Une observation furtive de ces animaux pourrait amener l'observateur à croire qu'il s'agit d'un gros félin de couleur foncée. À toutes fins utiles, si le signalement est suffisamment convaincant, un membre du personnel du MRNE se rendra sur place et prendra des photographies, mesurera les pistes et les foulées, recueillera des échantillons d'excrément et de poil, et prendra peut-être une empreinte au plâtre des pistes.

Même si l'existence du couguar semble incertaine, il y a eu quelques anecdotes convaincantes et des faits vraisemblables. En 1992, des biologistes du service de la faune provincial ont répondu à un appel dans la région de Juniper. Ils y ont trouvé des pistes d'un félin (d'une largeur d'environ quatre pouces) et une foulée atteignant quatre pieds. Ces traces semblaient définitivement indiquer un très gros félin. Les biologistes ont également recueilli des excréments sur la piste et les ont envoyés au laboratoire aux fins d'analyse. On a trouvé du poil dans les excréments, mais l'analyse n'a pas permis de produire des réponses claires.

webEn octobre 2000, un Américain qui chassait l'ours a déclaré avoir vu un couguar alors qu'il chassait à l'appât. Le guide avait observé de grosses pistes de félin laissées la nuit précédente dans la graisse et le gras autour de l'appât. À 17 h 30, le chasseur a vu un couguar s'approcher de l'appât. Le félin s'est arrêté pendant quelques minutes pour faire le guet, alors qu'il se trouvait à une distance d'environ 40 m. Après avoir observé les lieux pendant quelques minutes, le félin est passé près de l'appât, l'a dépassé, puis s'est enfoncé dans le peuplement de résineux se trouvant à proximité. Le chasseur a pu observer le félin pendant au moins 10 minutes. Après avoir reçu un appel du guide, un biologiste du MRNE s'est rendu sur place. Entre le moment de l'appel et l'arrivée du biologiste (comme il était à prévoir), les pistes dans le gras avaient fondu et le cougar avait disparu. Le guide a fourni une bonne explication, disant que la recrudescence de l'activité humaine dans les quelques jours suivant l'observation, en raison notamment du début de la chasse au cerf de Virginie, avait probablement effrayé l'animal. Le chasseur a bel et bien vu quelque chose, mais sans photographie, une empreinte au plâtre des pistes de l'animal ou une autre preuve tangible, il est difficile d'en convaincre d'autres personnes.

Si un couguar est observé de façon probante au Nouveau-Brunswick, cela soulèvera plusieurs questions. Il faudra procéder à une analyse de l'ADN afin d'établir si l'animal est de l'espèce du couguar de l'est, ou s'il s'agit d'un couguar de l'ouest qui s'est échappé. Les preuves recueillies nous permettront en outre de déterminer si les couguars de la province font partie d'une population de couguars de l'Est du continent. Jusqu'à ce que nous possédions les preuves voulues pour confirmer la présence du couguar au Nouveau-Brunswick, les biologistes et le public continueront de s'interroger sur la situation du couguar dans la province.