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The Environmental Tic!?
Transnationals abuse, governments turn a blind eye, and both rely on
the environmental movement to act as their collective conscience.
Conscience, that "still small voice, way down inside where the
acoustics are bad!"
The eco movement is the "tick" on the rump of the beast,
reminding it to develop a better environmental ethic.
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Le «tic» environnemental!?
Ronald Fournier
Clearinghouse Group
Mars 2002
n
parle d’éthique environnementale... Ça peut s’appliquer à
bien des domaines. Parlons, par exemple, du manque de conscience des
transnationales cupides et amorales. Le seul espoir qu’il nous
reste, c’est ce «tic» de conscience qui se manifeste dans les
actions entreprises par le mouvement environnemental. Pourquoi en
sommes-nous là?
Plus d’un siècle passé, il fut décidé d'accorder aux
corporations le statut d'entité légale, dans le même sens qu’une
personne est une entité légale. À l’origine, il s’agissait de
simplifier les choses pour faciliter le commerce et le
développement; il n’existait que de petites et moyennes
entreprises et il fut décidé de modifier les lois en quelque sorte,
probablement afin de créer des entités responsables capables
d'attirer et de gérer les grands capitaux nécessaires pour les
projets de grande envergure (chemins de fers, etc.); ces projets
étaient beaucoup trop grands pour être gérés par de petites
entreprises.
Malheureusement, la nature humaine étant ce qu’elle est, les
gros légumes ont vite compris qu’il s’agissait là d’une
opportunité incomparable, ils pouvaient désormais contrôler de
gros capitaux.
Et la suite, eh bien, fait partie de l’histoire... Ces
soi-disants « personnes » légales ont continué à
prendre de l’ampleur; elles ont mis à profit toutes les
faiblesses et les lacunes des lois; là où nécessaire, elles n'ont
pas hésité à manipuler et à corrompre le système. Après tout,
ces corporations ne sont exclusivement des entités légales, elles
n’ont certainement pas de conscience humaine, ni de morale.
Ces corporations sont d’abord devenues «nationales» en
influençant et manipulant la politique de leur pays pour le profit
de leurs actionnaires. Certaines personnes ont éventuellement
commencé à remettre en question les méthodes et les objectifs de
ces entités légales. Pour étendre leur portée et échapper aux
regards gênants des citoyens, elles ont profité des opportunités
de commerce au niveau international en ouvrant des bureaux à l’étranger
et même en y établissant de nouveaux quartiers généraux; elles
se transformaient ainsi en«multinationales». Ces nouvelles
entités ont donc continué à jouer le même scénario composé
d'influences, de manipulations et d'avidité, tout en suivant le
credo ultime du «Saint-Profit».

Lorsque les regards d’un public de plus en plus averti
menaçaient de gêner ses méthodes parfois suspectes et souvent
inhumaines des multinationales, suivant leurs expériences sur le
plan national, celles-ci se transformèrent alors en « transnationales ».
Dorénavant, ces monstres purent se moquer des lois et des
préoccupations respectives des différents pays qu’elles
hantaient et qu'elles violaient. L’Organisation mondiale du
commerce (OMC) et autres bêtes du même genre ont été mises sur
pied pour protéger les chasses gardées des nouveaux «seigneurs».
Depuis plus d’un siècle, ces grosses corporations mettent à
profit toutes les lacunes des lois et infiltrent les niveaux
décisionnels de nos gouvernements soi-disant «démocratiques».
Mon Dieu! Quand tous ces malheureux vont-ils comprendre le vieil
adage : «Quand on crache en l'air, ça nous retombe sur le nez!»
Actuellement, les assauts subits par notre environnement planétaire
dépassent la capacité de ce système à absorber et à s’adapter
à un tel viol des ressources. Malheureusement, il me semble que les
gouvernements des pays qui se disent les plus «éclairés» et les
plus «développés» se fient de plus en plus aux mouvements
environnemental et de justice sociale pour que ces derniers agissent
comme «conscience» de la collectivité humaine.
On décrit parfois la conscience comme étant «cette toute
petite voix, loin à l'intérieur de soi, où l'acoustique n'est pas
très bonne!» Les politiciens, tout comme la plupart des dirigeants
de ces corporations, semblent se fier sur un mouvement
environnemental pourtant épuisé et sans ressources, et ils s’imaginent
que ce dernier va crier assez fort pour ralentir les dégats avant
qu’il ne soit trop tard. Ceux et celles qui se plaisent encore à
imaginer que les avertissements des écologistes ne sont ni plus ni
moins que de la foutaise risquent d’être fortement surpris quand
c’est Dame Nature qui commencera à crier. Il n’y a pas de doute
que quelque chose a changé lorsque ce sont les éléments
eux-mêmes qui entrent dans la danse infernale.
Il est grand temps que l’on retranche les lois qui accordent de
tels pouvoirs aux «transnationales» avant que l’abus des
ressources et les mauvaises pratiques causent un infarctus à notre
«pompe» écosystémique. Entretemps, le mouvement environnemental
et ses cousins de la justice sociale doivent continuer à agir comme
le tic environnemental qui rappelle à la «bête» commerciale
qu’elle doit se doter d’une éthique environnementale!
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