ire
sur le sujet ? En
parler ? Comment
pouvons nous partager le message de l’agriculture biologique et les
modes de productions viables ? Lorsqu’on
prend la peine de creuser, les réponses fleurissent.
Plus tôt cette année, j'ai participé
à un panel de discussion qui abordait le sujet. La question du jour
était : comment nous approvisionner si une pandémie frappait la
province ? Nous devions imaginer que la grippe aviaire touchait le
Nouveau Brunswick et que les corridors conventionnels de transport des
aliments étaient interrompus. Nous étions assis, tous les
participants du panel, le long de la grande table, représentant
chaque chaînon de la chaîne alimentaire. Du fermier au camionneur,
du consommateur à l'administrateur, nous avions tous une opinion à
partager. Quels seraient les plans d'urgence qui seraient mis en place
et qui fourniraient les nutriments aux gens?

(photo: Tim Kelly)
Comme la discussion avançait, d'un
membre du panel à un autre, la réponse la plus intéressante vint
d'un administrateur du service alimentaire d'un hôpital régional.
L'hôpital en question entrepose suffisamment de nourriture congelée
pour cinq jours et les cuisines sont organisées de manière à
réchauffer et servir des repas déjà préparés. La nourriture est
livrée sur une base journalière par des camions en provenance des
quatre coins de la province mais aussi de l'autre bout du continent.
Si une pandémie frappait et que les voies de transport étaient
interrompues, le plan d'urgence de l'hôpital consisterait à utiliser
les réserves de nourriture congelée premièrement, puis à se
tourner vers leurs réserves de nourriture déshydratée (Cup-A-Soup)
pour finalement servir des boissons protéinées (Boust and Ensure).
Une fois ces différents types de repas épuisés, le plan d'urgence
prenait fin. Jamais les employés de l'hôpital n'ont envisagé qu'une
fois la dernière boîte jetée à la poubelle, le système
conventionnel de production et de distribution ne reprendrait pas
comme d'habitude. Ils ont assumé que tout redeviendrait à la normale
avant que cette dernière boîte de 'nourriture' soit jetée.
Cette mentalité, qui consiste à
croire que la nourriture déjà préparée sera toujours disponible,
est apparemment la norme. Manger un sac de chips ou une pizza
congelée n'engage pas, dans la plupart des cas, à se poser des
questions sur la provenance de nos aliments. Ce manque de conscience
nourrit un système alimentaire mondial énergivore qui contribue aux
changements climatiques et ce, seulement pour des raisons économiques.
Trop peu d'entres nous pensons au fait qu'avant de devenir une boisson
protéinée ou un Cup-A-Soup, ces produits alimentaires étaient des
légumes, des fruits, des céréales, des œufs, de la viande, ou du
lait. Les fermes sont notre vraie source de nourriture et nous devons
les percevoir comme la base, non seulement de notre plan d'urgence,
mais aussi d'un système alimentaire viable à long terme.
Ce défi auquel nous faisons face, est
justement d'apporter ce message à ces gens responsables de
l'alimentation dans les hôpitaux, dans les écoles et dans les forums
gouvernementaux : le message de passer à l'action. Comment pouvons
nous faire comprendre au personnel hospitalier que la nourriture saine
est un bon remède ? Comment faire comprendre aux administrateurs
d'école que servir de la salade lors du dîner à la cafétéria
produira chez nos jeunes un corps et un esprit en santé ? Comment
faire pour que les politiciens comprennent que les familles
d'agriculteurs qui nourrissent les communautés locales, contribuent
à l'épanouissement d'une économie rurale fleurissante ?

(Photo: Ha
Lam for AA-S)
J'écris ces lignes selon mon
expérience personnelle. La meilleure façon d'apprendre sur la
beauté des systèmes alimentaires biologiques et locaux est de
creuser un peu plus, dans les faits. Penchez-vous et salissez-vous !
Expérimentez un peu de terre noire sous les ongles, observez les 'mauvaises'
herbes et les autres beautés dans le jardin, et surtout, goûtez le
fruit de votre labeur.
Faire pousser une partie de sa
nourriture est une des meilleures façons de comprendre ce que
représente un système alimentaire viable et tout le travail
nécessaire afin de mettre la nourriture dans nos assiettes.
Il existe plusieurs avenues permettant
de donner une vraie valeur à la production alimentaire. Ci-dessous se
trouve un programme en 12 étapes que chacun de nous peut mettre en
pratique afin de connaître et de soutenir un système alimentaire
local et biologique vivant, où que nous soyons :
12 étapes pour
mieux apprécier la nourriture et l'agriculture :
- Sortez et observez. Pouvez-vous voir
des traces d'une production locale dans votre communauté ?
Combien de vos voisins ont des jardins ? Pourriez-vous identifier
une 'mauvaise' herbe comestible en train de pousser dans votre
gazon ?
- Creusez dans la terre. Essayez votre
pousse vert avec quelque chose d'aussi simple qu'un pot de fines
herbes sur le bord de la fenêtre ou un plant de tomate sur le
patio. Sentez la terre entre vos mains et réalisez que c'est
d'elle que provient la nourriture.
- Ouvrez un livre, naviguez sur
internet. Il existe plusieurs ressources facilement accessibles
telles que Canadian Organic Growers www.cog.ca,
Atlantic Canadian Organic Regional Network www.acornorganic.org et
beaucoup d'autres en tapant 'agriculture biologique' ou 'organic
agriculture'.
- Allez rendre visite à votre marché
local. Il en existe plusieurs au Nouveau Brunswick, tous
regorgeant de produits frais et locaux à ce temps-ci de l'année.
Trouvez-les à l'aide du site Tourisme Nouveau Brunswick www.tourismnewbrunswick.ca
- Lisez les affiches au supermarché.
D'où proviennent ces aliments ? Les informations
contiennent-elles assez de détails pour vous faire connaître le
mode de production de tous ces aliments ? Combien de temps ont ils
été entreposés ? Avec quoi les légumes ont-ils été traités
?
- Parlez à un agriculteur. Trouvez
une ferme biologique près de chez vous à l'aide de l'annuaire
fourni par ACORN au www.acornorganic.org ou http://www.bio-dynamie.org/liens-web/liens-web.htm
et visitez-la.
- Osez comparer - 1ère partie :
goûtez à une tomate du supermarché puis goûtez à une tomate
achetée directement du fermier. Un goût de styromousse versus un
éclat de saveur sucré et ensoleillé.
- Osez comparer - 2ième partie :
Achetez votre épicerie hebdomadaire au supermarché. Achetez
l'épicerie de la semaine suivante au marché local. Comparez les
factures ainsi que les distances que les aliments ont parcouru.
Lorsque vous incluez les coûts de transport de ces produits qui
viennent de partout dans le monde jusqu'à votre table, lequel est
le moins dispendieux ?
- Allez à la ferme. Allez offrir
votre labeur et votre désir d'apprendre en échange d'une chambre
et pension dans une des fermes biologiques à travers le monde
avec l'organisme 'Willing Workers On Organic Frams' www.wwoof.ca
- Apprenez davantage. Le Centre Falls
Brook www.fallsbrookcentre.ca offre une série d'ateliers sur
l'agriculture biologique cet été qui regroupe des experts dans
le domaine (fermiers, personnes contacts, professeurs) afin de
discuter et d'enseigner les bases de l'agriculture biologique.
- Vivez la vie de l'agriculteur(trice)
biologique. Devenez apprentis ou stagiaire dans une ferme
biologique pendant une saison - apprenez la vie quotidienne sur
une ferme biologique en suivant le Programme d'apprentis des
fermes biologiques néobrunswickoises www.fallsbrookcentre.ca/agriculture/apprenticeships.htm
- Redonnez. Qu'avez-vous appris ?
Comment pouvez-vous partager vos nouvelles connaissances sur
l'appréciation de la nourriture ? Comment pouvez-vous intégrer
ces nouvelles connaissances dans vos activités personnelles et
professionnelles ? Pensez aux prochaines générations.

(photo: cleanfunny.com)
Imaginez… Si chaque personne, des
élèves aux professeurs, des employés d'hôpitaux aux patients, des
citoyens aux politiciens, si chacun réalisait une seule de ces
étapes pour prendre mieux conscience de l'importance des aliments
frais en provenance des fermes locales. Nous ne pouvons pas poursuivre
cette dépendance d'une nourriture provenant des quatre coins du
globe, au dépend de notre environnement, de nos communautés locales
et des générations futures. Si notre système alimentaire
encourageait la production locale et nourrissait les communautés
locales, j'ose espérer que les préoccupations entourant un état
d'urgence ne seraient pas des préoccupations de survie alimentaire.