Machines or Jobs??
Everyone agrees that New Brunswick relies on its natural resources, forestry in
particular, to sustain its economy. The way forestry is done in New Brunswick has changed
drastically in the last 20 years. With the governments help, the industry has become
completely dependent on large machines, making production more efficient. Many workers
have lost their jobs, and those who remain in the industry work alone or in pairs.
Every year, more jobs are lost to large machines. The large companies say the employees
cost them too much, but people are working for the same wages they did 10 years ago.
Along with the employment problem, there is an environmental crisis stemming from all
of this. The large companies have destroyed forests with little or no regard for the
wildlife and other plants inhabiting the land.
Even though profit is the main reason for this lack of jobs and this destruction of the
environment, it shouldnt cause the downfall of the people who live in this province. |
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L'industrie forestière au NB Emmanuel
Moyer
Juin 1998
e
gouvernement provincial a laissé pendant trop longtemps les entreprises forestières
(soit dit en passant des entreprises multinationales et en majorité non
néo-brunswickoises) faire la pluie et le beau temps sur les terres de la Couronne. Des
milliers d'acres de forêt ont été coupés à blanc sans considération pour la faune,
la flore et la possibilité de régénération de la ressource. On a bien fait du
reboisement (surtout au cours des dernières années), mais seulement avec cinq espèces
d'arbres, ce qui n'est pas grand chose en comparaison avec les quelques 35 espèces qui se
trouvent dans les forêts de la province.
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"...l'industrie forestière a dû faire de grands changements technologiques pour
demeurer compétitif sur la scène mondiale."
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L'industrie forestière peut continuer à jouer un rôle de premier plan dans
l'économie néo-brunswickoise. Pour ce, elle devra être conçue selon un plan durable
qui ne néglige pas la ressource humaine au profit de la ressource financière. La
technologie devrait servir à faciliter le travail et non pas à éliminer le travailleur.
Les multinationales qui abusent de la technologie croyaient avoir tous les droits avant
l'arrivée des bûcherons autochtones sur les terres de la couronne. Le Nouveau-Brunswick
est une province dont l'économie dépend énormément des ressources naturelles. Sur ce
point, tout le monde semble d'accord.
Il est urgent de regarder d'un peu plus près ce qui s'est passé dans l'industrie
forestière, depuis les dix dernières années. Vers la fin des années 1980, l'industrie
forestière a dû faire de grands changements technologiques pour demeurer compétitif sur
la scène mondiale.
Les gouvernements ont aidé les multinationales dans leurs démarches et les ont
aidées financièrement à coup de millions. Une fois cette modernisation sous la
bannière de la création d'emplois, les bonnes intentions ont soudainement disparus. Nous
avons vu des compagnies changer de propriétaires qui étaient prêts à payer le prix.
Ex: Consolidated Bathurst est devenu Stone-Consolidated.
Ces nouveaux propriétaires connaissaient les règles canadiennes. Soudainement, ils se
mettent à crier famine et trouvent qu'ils ont payé trop cher.
Avec la bénédiction des gouvernements, on encourage la mécanisation sur une base
toute nouvelle, c'est-à-dire sur la base d'une mécanisation sur toute la ligne et
surtout en faisant assumer les coûts par des particuliers qui deviendront des esclaves de
la mécanisation. Certains travailleront sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur
vingt-quatre. Résultat : production moins coûteuse, plus rapide et, surtout, aucune
responsabilité envers la main d'vre qui est là depuis plusieurs années. Plusieurs
ont quitté le marché du travail en forêt, d'autres se sont retrouvés dépendants de
l'aide sociale. Ceux qui ont réussi à demeurer dans l'industrie forestière ont dû se
battre à coup de manifestations. En plus, ils ont dû accepter des conditions de travail
qui les ont ramenés 20 ans en arrière tout en se faisant dire qu'ils étaient chanceux.
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Rendue au chemin, une corde de bois franc est achetée à un peu plus de 16$.
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Ceux qui restent bûcherons ont deux choix. Le premier choix c'est le travail de
sentiers, une façon traditionnelle qui consiste, pour un travailleur seul, à couper le
bois en section de 8 pieds et à le mettre en pile pour le ramassage par une machine
forestière. Les prix varient. On obtient environ 15$ la corde de bois franc et de 22$ à
26$ la corde de bois mou, selon l'employeur. Bien entendu, ces travailleurs coupent dans
des secteurs qui seraient moins rentables si la coupe était mécanisée. La situation est
meilleure pour ceux qui sont syndiqués mais le pourcentage de syndiqués est très peu
élevé selon nos estimations, soit moins de 10% au N.-B.
Le deuxième choix, plus conventionnel, consiste en une équipe de deux hommes : un
bûcheron qui reçoit en moyenne 6.50$ la corde et un opérateur qui reçoit le même
montant. Une somme de 8$ est versée au propriétaire de la débusqueuse pour chaque
corde, pour un total de 21$ la corde de bois mou. Rendue au chemin, une corde de bois
franc est achetée à un peu plus de 16$. À chaque année, l'arrivée d'autres abatteuses
mécaniques font perdre des dizaines d'emplois en forêt et on nous dit que c'est la seule
solution, autrement c'est trop coûteux, etc.
Mais ces travailleurs coupent du bois pour le même prix qu'il y a 10 ans. Ils doivent
travailler de 2 à 3 heures de plus par jour qu'il y a 10 ans pour être capable de gagner
un salaire raisonnable. Certains travailleurs ont trouvé de l'emploi sur les terres
privées mais, là encore, la ressource est en péril étant données les coupes
excessives.
Une crise s'annonce incessamment. Ceux qui ont fait des concessions pour garder leurs
emplois se voient exclus de la ressource qui les a fait vivre toute leur vie. Des
communautés entières qui vivent à proximité de la ressource dépendent de ces emplois.
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