Peskwassikak

Our author tells us there is a magical place in the North-Western part of the province where the Fleuve Saint-Jean and the Grande Rivière meet. This site has existed since before the Grande Rivière transported ships from the Baie des Chaleurs to the Fleuve Saint Jean. At that time, the Maliseet called this region the Peskwassikak, which means "Meadow of Flowers". This region is now owned by the New Brunswick Energy Society (NBES).

In 1995, after receiving permission from the NBES, Inuk Simard undertook the task of creating an inventory of the Peskwassikak. In total, about 155 species of plants can be found at the site, including the Canada lily and the Canadian columbine. Silver maple of over 100cm diameter and poplar have survived the springtime floods for years. When these large trees die, there stumps remain standing and create homes for the creatures who live in the Peskwassikak.

In 1995, three different bird-watching expeditions were done, finding more that 65 species of birds who call the Peskwassikak home. As well, beavers and muskrats share the space. Black bears and moose cross the area in their daily routine.

Obviously, the region known as the Peskwassikak is home to many natural jewels, and it’s up to us to discover, and protect, them.

Peskwassikak:
Coup d’oeil sur un pré en fleurs

Lise Caron
août 1998

i.gif (173 bytes)l existe dans le nord-ouest de la province un site féerique encore inconnu de la plupart d’entre nous. À un endroit où la Grande Rivière et le fleuve Saint-Jean ne font plus qu’un, ce milieu est harmonieusement composé de huit différents habitats totalisant près de 40 ha. Cet enchevêtrement d’habitats au site de la Grande Rivière se traduit par une richesse non négligeable en faune et en flore. Marais ouverts et fermés se mélangent aux champs et aux boisés qui se confondent au rivage des deux rivières.

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"... les terres basses du site longeant le Saint-Jean ... sont présentement sous la protection de la loi ..."
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(photo: Inuk Simard)

Ce site a vécu l’époque où la Grande Rivière était un carrefour routier important permettant aux voyageurs de se déplacer du fleuve Saint-Jean à la Baie des Chaleurs. À ce moment, les Malécites appelaient cet endroit Peskwassikak, ce qui signifie «Pré des fleurs». Vint ensuite l’époque de la drave, pendant laquelle la Grande Rivière servait de moyen de transport du bois aux usines. En 1926, avec l’arrivée du barrage hydroélectrique sur le fleuve Saint-Jean à la hauteur de Grand-Sault, les terres basses du site longeant le Saint-Jean devinrent propriété de la Société d’énergie du Nouveau-Brunswick (SÉNB) et sont présentement sous la protection de la loi et des règlements sur l’assainissement de l’eau.

Au cours de l’été 1995, après avoir reçu l’autorisation de la SÉNB et des propriétaires adjacents, Inuk Simard, alors étudiant à l’École de sciences forestières de l’Université de Moncton (Campus d’Edmundston) entreprend un inventaire du site de la Grande Rivière dans le cadre de son projet de fin d’études, avec l’aide du Club d’ornithologie du Madawaska.

Au total, 155 espèces de plantes vasculaires sont répertoriées à l’intérieur du site. L’ariséma rouge foncé (Arisaema atrorubens), communément connu sous le nom de Petit prêcheur, la Sanguinaire du Canada (Sanguinaria canadensis), le lys du canada (Lillium canadense) et l’Ancolie du Canada (Aquilegia canadensis) ne sont que quelques exemples des plantes retrouvées dans ce lieu enchanteur.

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(photo: Inuk Simard)

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"Trois excursions ornithologiques en juillet et en août 1995 ont permis de recenser plus de 65 espèces d’oiseaux."
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Érables argentés (Acer saccharinum), dont le diamètre de certains dépasse les 100 cm, et peupliers baumiers (Populus balsamifera) s’y côtoient, résistant aux inondations printanières de la Grande Rivière. Le frêne noir (Fraxinus nigra) et l’orme d’Amérique (Ulmus americana) sont d’autres essences rencontrées dans le site. Même après leur mort, ces mastodontes se tiennent debout longtemps sous forme de chicots, éléments de prédilection de certains animaux qui les recherchent pour y faire leur nid. Ainsi, parsemés dans le site, des condominiums naturels voient le jour, assurant notamment le bien-être d’une multitude de vertébrés et d’invertébrés.

Trois excursions ornithologiques en juillet et en août 1995 ont permis de recenser plus de 65 espèces d’oiseaux. En plus du pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus), du balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) et de la crécerelle d’Amérique (Falco sparverius), le grand Pic (Dryocopus pileatus), le viréo de Philadelphie (Vireo philadelphicus) à tête bleue (V. solitarius), la paruline à flancs marron (Dendroica pensylvanica), le pioui de l’Est (Contopus virens), la bécassine des marais (Gallinago gallinago), le butor d’Amérique (Butaurus lentiginosus), le grand harle (Mergus merganser), le canard branchu (Aix sponsa) et le canard noir (Anas rubripes) sont parmi les oiseaux vivant dans ces boisés ou marais. Quelques habitants nocturnes sont présents, laissant leur boulette de régurgitation bien en vue. Chouette, hibou ? La question demeure sans réponse car aucun recensement nocturne n’a été pratiqué.

Quelques mammifères laissent le signe de leur passage ici et là. Ainsi, le rat musqué (Ondatra zibethicus) et le castor (Castor canadensis) se partagent allègrement les milieux humides. L’ours noir (Ursus americana) et l’orignal (Alces alces) traversent régulièrement les environs. Quant à la marmotte commune (Marmotta monax), elle est certes à son aise en bordure des champs.

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"Au total, 155 espèces de plantes vasculaires sont répertoriées à l’intérieur du site."
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(photo: Inuk Simard)

À la suite d’un mémoire de fin d’études rédigé par Inuk Simard et de la visite du site par des membres de la Fondation pour la protection des sites naturels du Nouveau-Brunswick, des démarches ont été amorcées afin que la Fondation prennent sous son aile bienveillante ce riche milieu.

Il est évident que le Pré en fleurs nous dissimule encore bien des bijoux naturels. À nous de les découvrir et, bien entendu, de s’assurer de leur conservation.

N. B. L’information renfermée dans ce texte est tirée de l’ouvrage de Inuk Simard : Mise en valeur d’un écotone forestier-riverain à des fins éducatives et récréo-touristiques axées sur la conservation des forêts de transition. Mémoire de fin d’études. École de sciences forestières. Université de Moncton. 1996. 164 p.