The Future
of Gas Compared with that 
of Oil 

One difference between oil and gas is that there is a world market for gas, because it is cheaply transported, but there are three main markets for gas with different price structures. 
Oil and gas are very unequally distributed on earth. The quantity produced is not precisely known. Only one thing is certain: the rate of new discoveries is in decline. 

Since oil is essentially a form of energy, the energy spent to recuperate it must be inferior to the energy it contains. 

It is noted that new technologies have been already applied to most conventional fields and little progress should be expected from them, in contrary to unconventional fields.

According to
diverse studies, 
oil and gas
consumption will
reach a peak in
2005 and then
decline forever.

If the last century has been that of oil, the next one might be that of gas (for the first half), but then we will have to find  energy saving techniques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Nous n'héritons
pas de nos
parents, nous
empruntons à
nos enfants"
Antoine de Saint-Exupéry

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

=============

Préparation
de Pipe:
Défoncement

=============

(photo: SableProject)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

 Le futur du gaz comparé
à celui du pétrole

Jean Laherrere
Geologue a la retraite, ancien directeur des 
techniques exploration chez TOTAL

4 octobre 2000

 

e gaz a été trouvé très tôt avec les feux éternels d'Irak, objet de culte il y a 8 000 ans, et, par les Chinois en exploitant du sel (forages au bambou) il y a près de 3000 ans. 
Le premier réverbère au gaz a été installé en 1807 à Londres. Le premier forage de gaz aux États-Unis a eu lieu à Fredonia NY à 27 pieds. Mais le pétrole s'est beaucoup plus développé que le gaz et il déclinera avant lui. La grande différence entre le pétrole et le gaz est qu'il y a un seul marché mondial du pétrole, car il est transporté à bas prix n'importe où. Mais le gaz étant 6 fois moins compact que le pétrole et donc 6 à 10 fois plus cher à transporter, il y a trois marchés du gaz avec des prix différents: Amérique du Nord, Europe et Asie Pacifique.

Le gaz est encore torché dans de nombreux pays; et la carte du monde prise de nuit par satellite montre la Mer du Nord, le Sahara, la Libye, la Sibérie et le Nigeria aussi éclairés que les grandes métropoles. L'autre différence est le taux de récupération, autour de 40-50% pour le pétrole et 80% pour le gaz. Il faut moins de puits et moins d'efforts pour produire le gaz (mais il décline plus rapidement) que le pétrole. Mais le pétrole comme le gaz est très inégalement distribué, le pétrole surtout au Moyen-Orient et le gaz surtout en ex-URSS et au Moyen-Orient.

Les chiffres de production ne sont pas très fiables (les pays de l'OPEP trichent étant donné les quotas) et varient suivant les auteurs qui ne précisent pas le produit. Pétrole peut signifier le brut seul ou tous les liquides, et le gaz peut être soit le gaz produit, soit le gaz commercialisé sec une fois les liquides enlevés. Les quantités perdues (comme le pétrole du Kowait pendant la guerre du Golfe avec 1 à 2 Gb) ne sont pas décomptées. En 1999 la production mondiale de gaz sec a été de 82 Tcf/a (2.3 T.m3/a), pour les Etats-Unis la production a été de 24 Tcf/a, commercialisé humide 19.6 Tcf/a et vendu sec 18.7 Tcf/a. La production mondiale de pétrole brut + condensat a été de 65.8 Mb/d (10.5 M.m3/d ou 24 Gb/a ou 3.3 Gt/a), mais la consommation totale de liquides a été de 75 Mb/d avec brut et condensat 89%, les liquides de gaz naturel 8%, synthétiques 1%, gain raffinerie 2%. Mais les chiffres de réserves sont encore moins fiables étant donné d'abord l'incertitude géologique des caractéristiques des gisements et l'incertitude sur la technique et l économie futures, mais surtout la manipulation politique. Il n'y a pas de consensus sur les définitions et chacun veut garder la liberté de publier des chiffres de réserves suivant l'image qu'il veut donner. Les chiffres publiés ne sont pas les chiffres techniques. Les quotas de l'OPEP dépendant des réserves, les réserves de l'OPEP ont augmenté de 300 Gb de 1987 à 1990, sans découvertes importantes pouvant justifier un tel saut. Les chiffres publiés après enquête auprès des compagnies nationales sont différents:

Réserves restantes dites prouvées fin 1999 pétrole Gb gaz Tcf
Oil & Gas Journal 1 016. 041221 5 146. 207
World Oil 978. 868 2 5 197. 862 7

Donner 10 chiffres significatifs quand le premier chiffre est différent de celui du voisin montre bien l'incompétence des auteurs. Pour comparer le pétrole et le gaz, on prend une équivalence avec le baril équivalent pétrole ou bep. La plus utilisée est l'équivalence-énergie (au puits) arrondie (1bep = 6 kcf). Le Canada prend l'équivalence-prix chez le consommateur (burner tip) qui varie chaque année : 1 bep = 14 kcf 1989, 1 bep= 20kcf 1991. Nous prenons l'équivalence simplifiée 1 bep=10 kcf.

Le pic de découvertes mondiales de pétrole a été dans les années 1960 avec une moyenne de plus de50 Gb/a, mais actuellement on découvre seulement environ 10 Gb/a alors qu'on en consomme plus de 25 Gb/a. Pour le gaz, le pic des découvertes a été autour de 1970, et actuellement on découvre autour de 80 Tcf/a qui est la consommation. La production suit en imitant la courbe des découvertes (présentant un ou plusieurs cycles) avec un certain retard. Le décalage est variable suivant les pays, il est pour le pétrole de 30 ans aux États-Unis, mais que de 7 ans en France. Les estimations des réserves ultimes mondiales ont peu varié depuis 1960 autour de 2 Tb (2 000 Gb) pour le pétrole conventionnel (brut et condensat) et de 12 Pcf  (12 000 Tcf) pour le gaz conventionnel.

Le report des découvertes (rendues homogènes en prouvées + probables) et des productions cumulées conventionnelles s'extrapolent bien vers notre estimation ultime (moyenne) située en 2070 (2 Tb) et 2080 (10 Pcf).

Monde: production et decouverte
cumilees de petrole de gas conventionnel

 

Mais la consommation concerne tous les liquides. Dans un scénario avec 3 cycles : brut conventionnel (pic 2005), liquides de gaz (pic 2020) et brut non conventionnel (pic 2060), le pic global se situe vers 2010-2015. Mais en 2050 la production sera encore conséquente autour de 13 Gb/a, c'est-à-dire la moitié de la consommation actuelle.

Les économistes prétendent que si le prix augmente, les réserves augmentent. Si le pétrole est en partie une matière première dont la plupart des produits quotidiens sont extraits (plastiques, engrais, pesticides), le pétrole est essentiellement une énergie et ne peut être extrait à n'importe quel prix, l'énergie dépensée pour l'obtenir doit être inférieure à l'énergie qu'il contient.

Les économistes espèrent beaucoup de la nouvelle technologie (comme la nouvelle économie, c'est le père Noël), mais ils refusent d'écouter les techniciens. La soi-disante nouvelle technologie (3D ou 4D, forages horizontaux) est en fait utilisée depuis plus de 20 ans et tous les champs importants conventionnels l'utilisent.

Les économistes veulent appliquer le taux maximum de récupération (pour le pétrole il varie de 3% à 80%) à tous les champs, c'est oublier que cette récupération dépend essentiellement de la géologie et que l'on ne peut la changer. Le prix et les nouvelles techniques n'ont que très peu d'effet sur le volume total d'hydrocarbures conventionnels, mais ils accélèrent la production. Par contre ils interviennent significativement sur le volume non conventionnel, mais avec des investissements et des délais importants. Nos prévisions étant couplées aux prévisions sur la population (Nations Unies 1999 hypothèse fécondité moyenne/basse), le pic de consommation " pétrole + gaz " a été atteint en 1979 à 7 bep/hab. et qu'après un creux, la consommation individuelle culminera vers 2005 vers un pic moindre à 6.5 bep/hab. pour décliner à jamais.

Monde: scenario population &
production petrole & gas par habitat

 

On parle de remplacer le pétrole par l'hydrogène en ignorant que l'hydrogène n'est pas une source d'énergie, mais un vecteur (comme l'électricité). La croissance et la croyance en une ressource illimitée ont amené la crise actuelle par suite d'un prix anormalement bas en 1998. L'OPEP n'est donc pas seul responsable de la flambée actuelle du prix du pétrole. La preuve est que le prix du gaz naturel (uniquement local) aux États-Unis a aussi flambé car les nouvelles découvertes ne suffisent pas à remplacer le déclin rapide des anciennes. La seule façon de faire baisser les prix est de réduire la consommation comme en 1979. Il y a des ressources gigantesques d'économie d'énergie en Amérique du Nord (meilleure isolation des habitations, voitures plus petites, transport en commun), mais malheureusement le mode de vie américain est basé sur l'énergie bon marché, il y a donc une véritable révolution à faire. Le siècle qui s'achève a été celui du pétrole, celui qui commence sera celui du gaz pour la première moitié, mais pour la seconde il y a encore incertitude entre le nucléaire (inévitable mais politiquement incorrect) et un renouvelable devenu efficace, mais surtout une énergie économisée.