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(photo: unknown)

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Scythe
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The Only Scythe Which is True

By making choices which seem to be not very significant at the beginning, one can make a big difference.

People can reduce the amount of pollution and noise they create by using   an ergonomic tool, the "scythe", while also gaining some pleasant exercise.

Ron talks about using his scythe and how it is a "simple and marvellous tool"!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ce fut donc un jour heureux pour moi de rencontrer quelqu’un qui savait mieux et qui était prêt à élargir mes horizons.

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La seule faux qui soit vraie!!!


Ronald Fournier
Glassville, N.B.
août 1999

 

n faisant des choix qui semblent peu importants au départ, on peut éliminer bien de la pollution et du bruit, et y substituer un outil ergonomique avec un exercice plaisant.

J’ai été élevé sur une petite ferme du Madawaska. Mon père y utilisait parfois une faux pour couper l’herbe et le vieux foin près des bâtisses, dans les fossés et parfois dans le champ d’avoine verte pour en couper un peu et régaler les vaches avec un petit goûter le dimanche après-midi. J’aimais le regarder aiguiser la faux et entendre la musique alors que la pierre à faux glissait avec cadence d’un côté et de l’autre de la lame. J’avais hâte d’apprendre, mais mon père me racontait qu’il s’agissait d’un dur labeur que de s’en servir pendant longtemps et que les « vieux », tel qu’il appelait nos ancêtres, s’étaient éreintés une génération après l’autre à couper le foin et le grain. Il semblait donc s’agir d’un outil nécessaire, mais mal ajusté pour les bras qui s’en servaient. Étant jeune, il était interdit de jouer avec cette faux; plus tard, il a tenté de me montrer comment m’en servir, mais c’était difficile à maîtriser. À ce qu’il me semble, ni lui, ni les voisins étaient au courant qu’il existait d’autres faux qui travaillaient bien mieux.

Comme plusieurs d’entre vous, parmi les différentes choses acquises et utilisées au cours des années, j’avais une tondeuse à gazon et je l’ai poussée pendant bien des heures; le mélange d’essence et d’huile, la fumée d’échappement, le bruit, tout ça semblait être un mal nécessaire. C’est un ami de la région, originaire de la Slovaquie, qui m’introduisit à la faux qui fait l’objet du présent article et qui, parmi d’autres choix, me fit faire un autre pas dans la direction d’un mode de vie plus écologiquement sain.

Les forces de l’histoire ont fait en sorte que les Anglais ont fini par imposer leur volonté sur l’ensemble du territoire canadien. C’est pourquoi plusieurs des produits exportés dans les colonies britanniques étaient souvent la seule version du dit produit que ces colonies ne verraient jamais. C’est ainsi que la fameuse faux anglaise, forgée à la machine et parfois de qualité inférieure comparée à celles utilisées même en Angleterre, fut pendant très longtemps, la seule version disponible au Canada. Pendant ce temps-là, dans le reste de l’Europe, les fermiers utilisaient de plus en plus une faux de style autrichien.

Cette faux de conception supérieure était également (et est encore) de bien meilleure qualité; la dernière partie de la fabrication, le forgeage à froid, était fait à la main par des forgerons d’expérience. Ce fut un dur réveil pour les immigrants européens de découvrir le piètre outil que l’on avait ici. Après tout, en quittant les « vieux pays », les paysans n’avaient aucune raison de se douter que le Canada, qui les invitait à venir coloniser de grands espaces, serait moins bien nanti en fait d’équipement de base. Ces paysans n’avaient ni les moyens financiers, ni les ressources humaines, pour se commander une bonne faux de l’Europe.

Ce fut donc un jour heureux pour moi de rencontrer quelqu’un qui savait mieux et qui était prêt à élargir mes horizons. J’ai vite pris goût à cette nouvelle faux. J’en ai commandé une pour moi, deux autres pour des amis facilement convaincus (une d’elle fut commandée et est utilisée au Falls Brook Centre). Ces modèles, dont les lames étaient de fabrication autrichienne, étaient assemblées à un manche de faux fabriqué aux États-Unis. Le printemps suivant, nous avons donné notre tondeuse à essence, encore presque neuve, à un autre ami ayant une grande pelouse et peu enclin à essayer une faux!

Un de mes amis, élevé en Allemagne et installé au Canada depuis plus de deux décennies, avait apporté avec lui la faux de son grand-père. Elle travaille toujours bien; la pierre est visiblement usée par des années d’aiguisage. Ayant décidé de vendre sa ferme en prévision de sa retraite, et avec un petit lopin de terre sur lequel continuer ses activités, il a décidé de commander des faux européennes de différentes dimensions et de les vendre, tout en enseignant aux gens à s’en servir. Depuis quelques années déjà, en Allemagne et ici et là en Europe, un nombre croissant des jeunes gens mettent de côté leurs tondeuses bruyantes et polluantes pour les remplacer par cette faux de style autrichien, moins dispendieuse, très écologique; l’ironie, c’est que ce sont souvent les jeunes riches qui retournent à la campagne pour se faire montrer par les vieux comment s’en servir. Ils reviennent ensuite en ville pour impressionner leurs amis et leur prêcher le sermon « vert »!

De mon côté, j’y ai découvert les avantages suivants : 1) je laisse l’herbe et la pelouse pousser plus longtemps entre les coupes; 2) je peux ramasser l’herbe avec un râteau en bois et l’offrir aux animaux (deux ânes); 3) on peut ramasser l’herbe et la faire composter avec d’autres matières organiques et produire ainsi son propre engrais pour le jardin; 4) les mouvements simples (le dos et les bras sont droits), de seulement tourner les hanches d’un côté et de l’autre, ressemblent beaucoup à un mouvement de Tai Chi. Ce n’est ni fatigant, ni dur sur le dos; 5) il est toujours plaisant de retrouver une ancienne méthode et de l’appliquer dans le monde moderne. En fait, couper l’herbe ainsi vous procure un sentiment d’accomplissement bien plus élevé qu’avec la machine. Il y a un lien avec la nature et les ancêtres; 6) il est plaisant aussi d’introduire et d’initier les parents et les amis à cette technique.

Ceux et celles intéressé(e)s à une démonstration de cette faux ou désirant plus de renseignements peuvent communiquer avec moi aux coordonnées ici-bas, ou bien envoyer une lettre (en anglais) à mon ami Thomas Schaefer.

Thomas ou moi pouvons montrer aux gens comment s’en servir, comment l’aiguiser, etc. En plus de la faux et du manche, l’ensemble comprend également un marteau et une petite enclume spéciale sur laquelle on retape la lame gentiment de temps à autre. De plus, l’ensemble comprend aussi la pierre à faux, ainsi qu’un étui spécial qui s’accroche à la ceinture. On y met un peu d’eau et il maintient la pierre mouillée, à la portée de la main et prête pour le prochain aiguisage. C’est un outil à la fois simple et merveilleux!