du plus petit
champignon au flot de l’eau et au déplacement des grands mammifères.
Dans les récentes années, beaucoup d’entre nous avons perdu notre
connexion avec la forêt et nos connaissances à son sujet.
La santé, la condition et la gestion d’une forêt peuvent avoir un
impact considérable sur la santé d’une population. La qualité de l’eau
et les espèces qui y vivent sont profondément influencées par la
couverture et la structure de la forêt; et ceci influe sur notre
santé. Les possibilités d’emploi ont un impact sur notre bien-être
et la gestion des ressources forestières détermine les possibilités d’emploi.
Certaines pratiques de gestion menacent la nourriture sauvage et les
herbes médicinales qui se trouvent souvent en abondance dans les
forêts. L’usage des herbicides et des insecticides et la construction
routière peuvent également influer sur notre santé. Les changements
de conditions météorologiques que nous subissons sont influencés par
la couverture et l’usage global de la forêt. Il n’y a pas moyen d’y
échapper – nous sommes encore intégralement liés aux arbres et aux
forêts qui nous entourent.
Questions de santé et
d’environnement en liaison
avec la foresterie
Qualité de l’eau et du sol
Les forêts, les bandes riveraines, les zones humides et les étangs
(de quenouilles??) jouent tous un rôle dans la filtration, le recyclage
et la régulation de l’eau. De nombreuses études montrent que la
qualité de l’eau diminue lorsque les arbres et les éléments
naturels sont éliminés ou modifiés. Les pratiques associées à la
foresterie comme la construction des routes, les passages de cours d’eau,
le lessivage des nutriments, l’érosion des sols et l’usage de
pesticides ont tous des impacts négatifs sur la qualité de l’eau. La
bonne santé est fondamentalement basée sur l’accès à l’eau pure
et non polluée fournie par nos aires naturelles.
Sécurité alimentaire :
aliments sauvages, plantes
médicinales et
espèces clés
Des forêts diversifiées et salubres fournissent d’excellentes
possibilités d’utiliser les aliments sauvages et les plantes
médicinales telles que l’actée à grappes (un régulateur hormonal),
le coptide à trois feuilles (pour ses propriétés anticancéreuses) ou
les légumes à feuilles, les champignons, les noix et les fruits.
Beaucoup de ces espèces ne poussent pas après que la forêt a été
coupée à blanc ou bien elles prennent des années à se rétablir. La
productivité de la forêt peut également dépendre d’interactions
dont nous ne sommes même pas conscients. La productivité des arbres,
par exemple, est basée sur la relation entre les racines des arbres et
les champignons telluriques. Sans les truffes et les champignons qui lui
sont associés, un arbre poussera à un rythme beaucoup plus lent. Les
espèces comme les écureuils volants propagent ces spores fongiques en
mangeant des truffes et en abandonnant des excréments. Cependant, les
écureuils volants ne prospèrent guère dans les forêts qui ont été
coupées à blanc.
Perspectives d’emploi
Il a été solidement établi que les perspectives économiques
étaient un facteur déterminant essentiel de la santé. Une forêt
résiliente avec des espèces très diversifiées peut se traduire
directement en dollars grâce aux produits forestiers et en économies
grâce à tous les services fournis par la forêt (p. ex. purification
des eaux souterraines, stockage du carbone, purification de l’air,
refroidissement et ombre, isolation des maisons et enseignement de l’écologie).
Les forêts peuvent également offrir des possibilités pour le tourisme,
les loisirs et la quête spirituelle. Selon Environnement Canada, elles
soutiennent une industrie multimilliardaire des loisirs et du tourisme.
Substances toxiques
L’industrie forestière utilise de nombreux composés toxiques et
produit des sous-produits toxiques pour pouvoir nous fournir du papier
blanc et des matériaux de construction. Les pesticides (qui comprennent
les herbicides, les insecticides et les fumigants) sont utilisés dans
les pépinières de semis et les parterres de coupe pour les opérations
de replantation et dans les forêts pour la lutte antiparasitaire. Selon
Environnement Canada, les plus gros utilisateurs connus d’insecticides
au Canada Atlantique sont les gouvernements provinciaux du
Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve. Ces
insecticides sont pulvérisés à partir d’avions-citernes pour
combattre la tordeuse des bourgeons de l'épinette et l’arpenteuse de
la pruche. Les machines utilisent du carburant diesel et de l’essence
pour couper les arbres et les transporter jusqu’aux scieries. Les
fabriques de pâtes et papiers utilisent généralement du chlore pour
le traitement et le blanchiment. Les effluents de ces fabriques
contiennent souvent une boue reconnue comme
l’une
des plus toxiques parce qu’elle contient des dioxines et des furannes.
Les dioxines et les furannes ont été associés à des dérèglements
des systèmes endocrinien et immunitaire ainsi qu’au cancer.
Heureusement, les pesticides les plus puissants ne sont plus
utilisés dans la région, mais nous subissons encore les effets des
opérations de pulvérisation antérieures. De plus, des pesticides
couramment utilisés qui étaient considérés comme sans danger, comme
le glyphosate, ont fait l’objet de recherches plus approfondies et
vont être interdits en Europe à cause de leurs effets nuisibles sur la
santé. La question : « Le glyphosate est-il dangereux? »
amènera des réponses très différentes selon l’auteur de la
recherche.
Les pesticides en général ont le potentiel d’être cancérogènes,
mutagènes, tératogènes, foetotoxiques, immunotoxiques et de provoquer
des lésions du système nerveux et des organes. Cette liste d’effets
sur la santé n’est pas très rassurante! Il est également important
de tenir compte des effets des substances toxiques sur les enfants; le
fait qu’ils soient plus petits et que leur système immunitaire soit
moins développé les rend plus vulnérables aux substances toxiques.
Il existe souvent des incertitudes quant au lien direct de cause à
effet entre les substances toxiques dans l’environnement et les effets
sur la santé parce que les problèmes de santé
- peuvent être le résultat d’expositions multiples de faible
intensité;
- peuvent survenir après de longues périodes de latence;
- peuvent être liés à l’interaction synergique de plusieurs
substances toxiques.
Étant donné les multiples incertitudes associées à l’usage des
pesticides et autres substances toxiques, de nombreuses associations de
citoyens préconisent la mise en œuvre du principe de précaution :
« Quand des éléments probants donnent de bonnes raisons de
penser qu’une activité, une technologie ou une substance peut être
nuisible, nous devrions agir de manière à éviter les risques, même
si nous manquons de connaissances. »
Climat, conditions météorologiques
et qualité de l’air
Le changement climatique accéléré dû à l’augmentation des gaz
à effet de serre est susceptible de provoquer des variations de
température à l’échelle planétaire et des fluctuations accrues des
conditions météorologiques sur une période allant de plusieurs
décennies à plusieurs siècles. Le climat est influencé par les
changements naturels dans l’environnement et les activités
humaines comme le brûlage des combustibles fossiles et du bois. Bien
que la déforestation ne soit pas une cause directe ou une source d’augmentation
des gaz à effet de serre, les arbres et les autres plantes qui poussent
dans les forêts contribuent à atténuer les effets du changement
climatique – tant qu’ils sont vivants – grâce au fait qu’ils
utilisent du dioxyde de carbone pour pousser. Parmi les impacts
potentiels sur la santé du changement climatique, citons l’augmentation
des maladies respiratoires chroniques et des maladies cardiovasculaires,
l’augmentation des maladies transmises par les insectes à cause des
changements dans les précipitations et les températures et la
réduction de la qualité et du volume de l’eau potable.
Lorsqu’un écosystème forestier est sévèrement perturbé et
modifié par la surexploitation, la simplification des espèces et le
contrôle de la végétation et des parasites, il y aura des impacts sur
la santé humaine. Les activités connexes comme la construction des
routes, la circulation des camions et le traitement du bois à pâte
auront également des conséquences sur l’environnement et sur notre
santé. Toutes les pratiques forestières ne sont cependant pas
nuisibles. Il est possible de produire à long terme une multitude de
produits forestiers sans perturber gravement l’écosystème forestier
et toutes ses fonctions importantes.