Links between
Forestry Practices
and Human Health

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Pour une liste complète des ressources utilisées pour préparer cet article, veuillez communiquer avec:
Programme d’animation communautaire de l’Atlantique 1-800-663-5755
courriel

David Suzuki Foundation 
L’article, Forestry Data Shows Need for More Economic Benefits and Jobs montre le lien entre les emplois et la production de bois d’œuvre dans différents pays. Le Canada a l’un des rapports les plus faibles. L’article est disponible dans la banque d’information sur la foresterie

Forestry: Key Issues, explique comment les produits de grande valeur bénéficient à la fois aux communautés et à l’environnement grâce à l’amélioration des perspectives économiques.

Ecoforestry: 
The Art and
Science of Sustainable Forest Use.
Drengson, Alan and Duncan Taylor (eds.) 1997. Gabriola Island, BC: New Society Publishers. 
Cet ouvrage fournit une approche de type référence aux principes, aux politiques et aux pratiques d’une alternative écologique à l’industrie forestière actuelle, y compris la gestion et la réhabilitation de l’écosystème, la foresterie communautaire, l’écologie radicale et l’homologation des produits forestiers.
Earth Island Institute (EII) 
300 Broadway, Suite 28, San Francisco, CA 94133, Tél: 415.788.3666, Téle:415.788.7324 Courriel.
« L’EII favorise le travail d’individus créatifs en offrant un soutien organisationnel au développement de projets visant à la conservation, à la sauvegarde et à la réhabilitation de l’environnement mondial. »

La Ecoforestry Institute Society du Canada 
se consacre à la promotion d’un usage responsable de la forêt au plan écologique, social et économique afin de maintenir et de restaurer la complexité et la diversité de nos forêts. Elle a un excellent site Web et produit un journal intitulé: Ecoforestry (connu auparavant sous le nom International Journal of Ecoforestry). De nombreux articles présentent des discussions sur la définition de l’écoforesterie et les liens entre la foresterie et les perspectives économiques. Pour vous faire une idée des bénéfices que nous tirons des forêts, lisez l’article:

How Much is a Forest Worth?
 
Wittbecker , A. 1998. International Journal of Ecoforestry, , qui est disponible sur le site Web. Un autre article à ne pas manquer est:
Wildwood par Merve Wilkinson
par Merve Wilkinson. Cet essai tiré d’une expérience pratique montre comment la foresterie de jardinage peut être viable à long terme et aide davantage de gens à gagner leur vie.

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(photo: PAC Atlantique)

 

 

 

 

       

Les liens entre les pratiques forestières et la santé

Programme d’animation communautaire de l’Atlantique
Jennifer Scott, spécialiste de l’environnement et
de l’agriculture biologique
aout 2000

l y avait une époque où les gens étaient étroitement liés à leur environnement naturel. Ils étaient totalement dépendants de leur connaissance de la forêt et de tous ses éléments :


(photo: P.A.C.)

du plus petit champignon au flot de l’eau et au déplacement des grands mammifères. Dans les récentes années, beaucoup d’entre nous avons perdu notre connexion avec la forêt et nos connaissances à son sujet.

La santé, la condition et la gestion d’une forêt peuvent avoir un impact considérable sur la santé d’une population. La qualité de l’eau et les espèces qui y vivent sont profondément influencées par la couverture et la structure de la forêt; et ceci influe sur notre santé. Les possibilités d’emploi ont un impact sur notre bien-être et la gestion des ressources forestières détermine les possibilités d’emploi. Certaines pratiques de gestion menacent la nourriture sauvage et les herbes médicinales qui se trouvent souvent en abondance dans les forêts. L’usage des herbicides et des insecticides et la construction routière peuvent également influer sur notre santé. Les changements de conditions météorologiques que nous subissons sont influencés par la couverture et l’usage global de la forêt. Il n’y a pas moyen d’y échapper – nous sommes encore intégralement liés aux arbres et aux forêts qui nous entourent.

Questions de santé et
d’environnement en liaison
avec la foresterie

Qualité de l’eau et du sol

Les forêts, les bandes riveraines, les zones humides et les étangs (de quenouilles??) jouent tous un rôle dans la filtration, le recyclage et la régulation de l’eau. De nombreuses études montrent que la qualité de l’eau diminue lorsque les arbres et les éléments naturels sont éliminés ou modifiés. Les pratiques associées à la foresterie comme la construction des routes, les passages de cours d’eau, le lessivage des nutriments, l’érosion des sols et l’usage de pesticides ont tous des impacts négatifs sur la qualité de l’eau. La bonne santé est fondamentalement basée sur l’accès à l’eau pure et non polluée fournie par nos aires naturelles.

Sécurité alimentaire :
aliments sauvages, plantes médicinales et
espèces clés

Des forêts diversifiées et salubres fournissent d’excellentes possibilités d’utiliser les aliments sauvages et les plantes médicinales telles que l’actée à grappes (un régulateur hormonal), le coptide à trois feuilles (pour ses propriétés anticancéreuses) ou les légumes à feuilles, les champignons, les noix et les fruits. Beaucoup de ces espèces ne poussent pas après que la forêt a été coupée à blanc ou bien elles prennent des années à se rétablir. La productivité de la forêt peut également dépendre d’interactions dont nous ne sommes même pas conscients. La productivité des arbres, par exemple, est basée sur la relation entre les racines des arbres et les champignons telluriques. Sans les truffes et les champignons qui lui sont associés, un arbre poussera à un rythme beaucoup plus lent. Les espèces comme les écureuils volants propagent ces spores fongiques en mangeant des truffes et en abandonnant des excréments. Cependant, les écureuils volants ne prospèrent guère dans les forêts qui ont été coupées à blanc.

Perspectives d’emploi

Il a été solidement établi que les perspectives économiques étaient un facteur déterminant essentiel de la santé. Une forêt résiliente avec des espèces très diversifiées peut se traduire directement en dollars grâce aux produits forestiers et en économies grâce à tous les services fournis par la forêt (p. ex. purification des eaux souterraines, stockage du carbone, purification de l’air, refroidissement et ombre, isolation des maisons et enseignement de l’écologie). Les forêts peuvent également offrir des possibilités pour le tourisme, les loisirs et la quête spirituelle. Selon Environnement Canada, elles soutiennent une industrie multimilliardaire des loisirs et du tourisme.

Substances toxiques

L’industrie forestière utilise de nombreux composés toxiques et produit des sous-produits toxiques pour pouvoir nous fournir du papier blanc et des matériaux de construction. Les pesticides (qui comprennent les herbicides, les insecticides et les fumigants) sont utilisés dans les pépinières de semis et les parterres de coupe pour les opérations de replantation et dans les forêts pour la lutte antiparasitaire. Selon Environnement Canada, les plus gros utilisateurs connus d’insecticides au Canada Atlantique sont les gouvernements provinciaux du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve. Ces insecticides sont pulvérisés à partir d’avions-citernes pour combattre la tordeuse des bourgeons de l'épinette et l’arpenteuse de la pruche. Les machines utilisent du carburant diesel et de l’essence pour couper les arbres et les transporter jusqu’aux scieries. Les fabriques de pâtes et papiers utilisent généralement du chlore pour le traitement et le blanchiment. Les effluents de ces fabriques contiennent souvent une boue reconnue comme photo: CAPl’une des plus toxiques parce qu’elle contient des dioxines et des furannes. Les dioxines et les furannes ont été associés à des dérèglements des systèmes endocrinien et immunitaire ainsi qu’au cancer.

Heureusement, les pesticides les plus puissants ne sont plus utilisés dans la région, mais nous subissons encore les effets des opérations de pulvérisation antérieures. De plus, des pesticides couramment utilisés qui étaient considérés comme sans danger, comme le glyphosate, ont fait l’objet de recherches plus approfondies et vont être interdits en Europe à cause de leurs effets nuisibles sur la santé. La question : « Le glyphosate est-il dangereux? » amènera des réponses très différentes selon l’auteur de la recherche.

Les pesticides en général ont le potentiel d’être cancérogènes, mutagènes, tératogènes, foetotoxiques, immunotoxiques et de provoquer des lésions du système nerveux et des organes. Cette liste d’effets sur la santé n’est pas très rassurante! Il est également important de tenir compte des effets des substances toxiques sur les enfants; le fait qu’ils soient plus petits et que leur système immunitaire soit moins développé les rend plus vulnérables aux substances toxiques.

Il existe souvent des incertitudes quant au lien direct de cause à effet entre les substances toxiques dans l’environnement et les effets sur la santé parce que les problèmes de santé

  • peuvent être le résultat d’expositions multiples de faible intensité;
  • peuvent survenir après de longues périodes de latence;
  • peuvent être liés à l’interaction synergique de plusieurs substances toxiques.

Étant donné les multiples incertitudes associées à l’usage des pesticides et autres substances toxiques, de nombreuses associations de citoyens préconisent la mise en œuvre du principe de précaution : « Quand des éléments probants donnent de bonnes raisons de penser qu’une activité, une technologie ou une substance peut être nuisible, nous devrions agir de manière à éviter les risques, même si nous manquons de connaissances. »

Climat, conditions météorologiques
et qualité de l’air

Le changement climatique accéléré dû à l’augmentation des gaz à effet de serre est susceptible de provoquer des variations de température à l’échelle planétaire et des fluctuations accrues des conditions météorologiques sur une période allant de plusieurs décennies à plusieurs siècles. Le climat est influencé par les changements naturels dans l’environnement et les activités humaines comme le brûlage des combustibles fossiles et du bois. Bien que la déforestation ne soit pas une cause directe ou une source d’augmentation des gaz à effet de serre, les arbres et les autres plantes qui poussent dans les forêts contribuent à atténuer les effets du changement climatique – tant qu’ils sont vivants – grâce au fait qu’ils utilisent du dioxyde de carbone pour pousser. Parmi les impacts potentiels sur la santé du changement climatique, citons l’augmentation des maladies respiratoires chroniques et des maladies cardiovasculaires, l’augmentation des maladies transmises par les insectes à cause des changements dans les précipitations et les températures et la réduction de la qualité et du volume de l’eau potable.

Lorsqu’un écosystème forestier est sévèrement perturbé et modifié par la surexploitation, la simplification des espèces et le contrôle de la végétation et des parasites, il y aura des impacts sur la santé humaine. Les activités connexes comme la construction des routes, la circulation des camions et le traitement du bois à pâte auront également des conséquences sur l’environnement et sur notre santé. Toutes les pratiques forestières ne sont cependant pas nuisibles. Il est possible de produire à long terme une multitude de produits forestiers sans perturber gravement l’écosystème forestier et toutes ses fonctions importantes.

Vous trouverez ci-dessous une
brève introduction à plusieurs différents
systèmes de foresterie

L’agroforesterie combine des arbres et des arbustes avec l’agriculture, l’horticulture et l’élevage des animaux. Certaines techniques comprennent l’établissement de bandes tampons, de brise-vent, de cultures en bandes alternées ou une gestion sylvipastorale. Les pratiques agroforestières peuvent être plus durables sur le plan écologique et économique que les monocultures annuelles parce qu’elles peuvent produire un revenu plus stable à long terme. L’intégration des arbres dans les systèmes agricoles a le potentiel de fournir une plus grande variété de produits, d’améliorer la qualité du sol et de diminuer la pollution de l’air et de l’eau. Des études ont montré que la présence de haies boisées entre les champs peut réduire la nécessité d’utiliser des produits anti-parasitaires en fournissant un habitat naturel pour les prédateurs. L’agriculture sous couvert forestier??, par exemple, est une pratique agroforestière qui introduit des cultures spéciales supportant bien l’ombre dans des peuplements forestiers naturels; celles-ci sont ensuite vendues à des fins ornementales, culinaires ou médicinales. Des exemples réputés de cultures spéciales sont les champignons sauvages, l’érable à sucre et le ginseng.

La foresterie de jardinage est utilisée dans des terrains boisés où des arbres individuels sont récoltés au sein d’une forêt sur pied. C’est un système idéal pour gérer les forêts mixtes et inéquiennes. L’extraction du bois de valeur est la sélection des meilleurs arbres d’une forêt aux fins de la récolte. Cette pratique devrait être évitée dans la foresterie de jardinage afin que les meilleurs arbres puissent servir de semenciers pour favoriser l’amélioration future de la forêt et éviter sa dégradation.

La coupe à blanc est une autre méthode de sylviculture dans laquelle tous les arbres sont enlevés d’un bloc ou d’une zone forestière donnés. Après que la forêt a été coupée, une nouvelle « forêt » est établie par plantation ou par régénération naturelle. La nouvelle forêt est souvent « gérée » – au moyen d’une éclaircie ou de l’usage d’herbicides – en vue d’une ou deux espèces importantes au plan économique (généralement des conifères). L’objectif de ce type de gestion forestière est souvent de produire de grandes quantités de bois de résineux pour la production des pâtes et papiers. C’est la principale méthode de gestion forestière au Canada Atlantique. Une coupe par bandes est une coupe à blanc étroite, qui offre davantage de protection contre le soleil et le vent que les coupes à blanc plus vastes.

La monoculture (l’utilisation des terres pour cultiver une ou deux espèces d’arbres) nécessite souvent l’usage de pesticides pour « protéger » la culture arbustive contre les « animaux et plantes nuisibles ». Les pesticides peuvent contrôler les animaux et les plantes nuisibles, mais ils affectent aussi de nombreux organismes non visés tels que des insectes, des animaux, des plantes et des micro-organismes utiles. Les oiseaux, par exemple, aident à contrôler les parasites forestiers. Une étude effectuée dans l’état de Washington estime qu’étant donné le nombre de tordeuses des bourgeons de l'épinette qui sont dévorées par les gros-becs errants, il en coûterait au moins 1 820 $ par kilomètre carré par an sur un cycle de 100 ans pour que la pulvérisation des insecticides réalise le même taux de mortalité. Les peuplements résineux jeunes et équiennes ont une faible diversité d’insectes comparativement aux peuplements plus anciens. Dans ces peuplements, la plupart des espèces d’insectes sont phytophages, tandis que les forêts plus anciennes présentent une plus grande abondance de prédateurs et de parasites. La réduction des populations d’oiseaux et de mammifères qui se nourrissent essentiellement d’insectes peut entraver sérieusement la capacité du peuplement à résister aux dégâts causés par les insectes.

L’écoforesterie (ou foresterie polyvalente écosystémique) est basée sur les liens personnels que chaque intéressé établit avec la forêt. Elle peut être de nature très similaire à la foresterie de jardinage. L’écoforesterie a un nombre illimité de manifestations possibles. Quelques-uns des principes de l’écoforesterie sont indiqués ci-dessous :

1) Ne coupez jamais le plus grand arbre. Cela aboutira à réduire la hauteur globale du couvert forestier et réduira par conséquent la qualité du bois que vous serez en mesure de récolter.

2) Tout arbre ou partie d’arbre qui ne sera pas utilisé d’une manière ou d’une autre doit être laissé dans la forêt. Le bois de dosse doit être retourné à la forêt – pour construire par exemple des chemins d’exploitation permanents.

3) Gardez l’arbre aussi près que possible de sa souche – traitez-le et vendez-le sur place pour son usage le plus précieux (p. ex. Ne vendez pas des érables mouchetés en Suède comme bois à pâtes. Utilisez-les pour la menuiserie et l’ébénisterie de qualité).

4) Sélectionnez de bons spécimens d’arbres avantageux pour l’ensemencement et ne les abattez jamais.

5) La santé de l’écosystème forestier est toujours considérée comme le produit primaire; tout ce qui est extrait de la forêt est considéré comme un sous-produit.