Author Gaétan Moreau
admits that insects don't have the greatest reputation. The media love to
talk all kinds of problems caused by insects, including defoliation and
diseases. However, insects play an important role in our world. Among
other things, they pollinate food crops and they eliminate, break down,
and recycle debris in our environment. Furthermore, insects can serve as
indicators of water quality, soil quality, and ecological health.
Moreau goes on to elaborate
on various insect research projects underway at the Université de Moncton.
Many of these project use insect populations as biological indicators of
ecological health. Interestingly, some researchers are studying the speed
at which cadavers are colonized by insects, which can help police
inspectors determine the time of death of a body.
Plaidoyer pour
nos amis à six pattes
Gaétan
Moreau, professeur
en écologie des insectes
Université de Moncton
août 2008
l
faut se l'avouer, les insectes font piètre figure en terme de
réputation. Ainsi, les médias aiment bien nous annoncer la présence
d'épidémies dans les milieux agricoles, de défoliation des
peuplements forestiers et de la présence de potentiels insectes
vecteurs de maladies infectieuses dans nos régions. Dans nos
conversations, l'image des insectes n'est guère plus rose en raison
des moustiques et des mouches noires qui nous empêchent de profiter
de l'été, des fourmis qui ensablent nos pelouses, des chenilles qui
mâchouillent nos aménagements floraux et s'attaquent à nos potagers
et des nids de guêpes qui apparaissent ici et là. En fait, si ce
n'était du vol des papillons et de quelques films hollywoodiens
récents qui présentent les insectes sous un jour favorable, la
popularité de ce groupe animal serait sans doute à son plus bas.
A la recherche des insectes saproxyliques.
(photo : Gaétan Moreau)
Pourtant, les insectes ont énormément
à nous donner et à nous apprendre. Par exemple, certains d'entre eux,
de par leur rôle de pollinisateurs, jouent un rôle essentiel dans
plusieurs de nos écosystèmes naturels et agroécosystèmes.
Récemment, des événements de forte mortalité hivernale au sein de
ruches commerciales nous ont amenés à réaliser l'utilité des
pollinisateurs pour plusieurs de nos productions agricoles. De plus,
certains insectes particuliers veillent à assurer la propreté de nos
écosystèmes en éliminant, fragmentant et recyclant certains de ses
déchets. Ainsi, les bousiers s'occupent d'éliminer les excréments,
certains diptères et coléoptères sarco-saprophages contribuent à
la décomposition des cadavres de source animale, certains
coléoptères saproxyliques aident à la décomposition du bois mort
et de nombreux insectes participent à la fragmentation des déchets
végétaux. Certains insectes prédateurs tels les staphylinidés et
les carabidés veillent aussi au maintien de la stabilité des
écosystèmes en s'alimentant d'autres insectes. De plus, les insectes
peuvent servir d'indicateurs de la qualité des cours d'eau, des sols
et des écosystèmes terrestres et certains sont même à la base du
développement de certaines normes internationales ISO.
Travaux d'entomologie medico-legale.
(photo : Gaétan Moreau)
Plusieurs travaux conduits au
laboratoire de recherche en écologie des insectes de l'Université de
Moncton visent spécifiquement à utiliser les communautés d'insectes
comme indicateurs biologiques de la santé des habitats. Plus
spécifiquement, en collaboration avec la station d'Agriculture et
Agroalimentaire Canada de Bouctouche, des travaux sont en cours depuis
maintenant trois ans afin d'examiner l'influence des toiles
réfléchissantes utilisées dans la culture des pommes et framboises
sur les communautés de Carabidés, une famille de coléoptères qui
est généralement retrouvée en forte abondance dans nos milieux
terrestres. Ainsi, une bonne diversité de ces organismes tend à
suggérer la présence d'une certaine stabilité écosystémique, un
facteur généralement associé à un fonctionnement plus adéquat de
l'écosystème. Dans un autre type de culture des petits fruits, des
travaux sont aussi en cours dans une bonne partie de la Péninsule
acadienne afin d'étudier les fluctuations des populations de l'altise
du bleuet, un insecte ravageur. Outre l'Université de Moncton, ces
travaux impliquent aussi la province du Nouveau-Brunswick, la station
d'Agriculture et Agroalimentaire Canada de Kentville, ainsi que
l'industrie et les cultivateurs du bleuet au Nouveau-Brunswick. Dans
des travaux financés par le CRSNG, le laboratoire de recherche en
écologie des insectes s'intéresse aussi à la colonisation des
cadavres par les insectes. Ces recherches ont pour but le
développement d'indices entomologiques qui permettront aux
inspecteurs de la police de déterminer combien de temps s'est
écoulé depuis le décès d'un individu à partir des insectes
trouvés sur un cadavre. Ces travaux sont les premiers du genre au
Nouveau-Brunswick.
Travaux sur l'altise de bleuet.
(photo : Gaétan Moreau)
L'ensemble de ces projets de recherche
illustre bien la diversité des fonctions remplies par les insectes et
l'importance de poursuivre des travaux pour mieux les comprendre et
les identifier. Les insectes occupent la Terre depuis beaucoup plus
longtemps que nous et il y a fort à parier qu'ils nous réservent
encore de nombreuses surprises... et piqûres.