Escapees from fish farms, how big of
a problem is it?
One of the main concerns of the Atlantic Salmon
Federation is the impact of farmed salmon finding their way out of their
cages into the wild.
The farmed salmon reproduce with wild salmon, and
studies have shown that only 16 % of the offspring survive.
Thus, aquaculture contributes to the decline of wild salmon
populations in a serious way.
Établissements
piscicoles du saumon sauvage, Bliss Harbour, Charlotte County
(photo: CBC News)
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Les fuites des
établissements piscicoles : un problème?
Fred Whoriskey
Fédération du saumon atlantique
April 2004
ne des
questions principales qui inquiète la Fédération du saumon atlantique
(FSA) est l'effet de la fuite des saumons d'élevage des établissements
piscicoles sur le saumon sauvage. La plupart des stations d'élevage de
la côte est se retrouvent dans la région de Quoddy au
Nouveau-Brunswick et dans la baie Cobscook en bordure du Maine. Or, les
populations de saumon indigène qui habitent dans les parages sont parmi
les plus clairsemées au monde. Si l'on suit le littoral atlantique du
cap Breton jusqu'au Maine en passant par la baie de Fundy, le saumon
sauvage se fait très rare et les peuplements de plusieurs rivières
sont officiellement " en voie de disparition".
Saumon des cages marines
(photo: ASF)
Au Nouveau-Brunswick, les saumons des cages marines proviennent d'un
seul stock, celui de la Saint-Jean, soumis, depuis une vingtaine
d'années, à un programme de domestication. Une sélection génétique
a donc été effectuée en vertu de critères (croissance rapide et
maturation tardive) commercialement avantageux mais possiblement
préjudiciables à notre saumon naturel. De plus, chaque cours d'eau
abrite une population qui lui est propre. En effet, après leur longue
migration dans l'océan, 95 % des saumons reviennent frayer dans la
rivière où ils sont nés et sont adaptés aux conditions qui y
règnent. C'est pourquoi toute transplantation d'un individu hors de son
lieu d'origine amène des difficultés d'acclimatation.
Tôt ou tard, les saumons évadés des fermes éprouvent le besoin de
se reproduire. Certains d'entre eux, véritables apatrides, ne sont
associés à aucune rivière, ayant vécu toute leur vie dans une cage
alimentée d'eau de puits. D'autres peuvent reconnaître chimiquement la
rivière qui baignait leur écloserie, mais leur transport vers les
cages marines s'est effectué en camion ou en bateau et, de surcroît,
dans l'obscurité. Puisqu'ils n'ont pu accomplir eux-mêmes la
dévalaison vers la mer, ils ignorent tout du chemin à parcourir en
sens inverse, vers leur frayère. Des recherches menées par la FSA
montrent que ces adultes domestiques parviennent aux rivières de la
région de Quoddy vers la fin du frai, parfois même au tout dernier
moment. Nous pensons qu'égarés, ils nagent et cherchent à
l'aveuglette dans l'océan; puis lorsque l'hiver s'annonce et que le
temps presse, ils s'aventurent dans le cours d'eau le plus proche.

Jon avec les fuites
(photo: ASF)
Lorsqu'ils sont arrivés en rivière, les saumons domestiques tentent
de s'accoupler avec leurs congénères sauvages. Les "hybrides"
issus de cette union ont un patrimoine génétique mélangé, différent
de celui hérité par les individus de souche pure et indigène. Si au
Nouveau-Brunswick, la FSA a mis en évidence le croisement
domestique-sauvage, c'est en Norvège et en Irlande, où l'on pratique
une aquaculture à grande échelle, qu'on a procédé aux recherches les
plus poussées sur ce sujet. En milieu naturel, le taux de survie de
leurs spécimens hybrides est à peine 16 % de celui des spécimens
indigènes. On peut donc déduire qu'un tel type d'hybridation contribue
au déclin des populations sauvages.
Mais ne sombrons pas dans le défaitisme. Depuis 1992, la FSA dirige
un programme de suivi dans la Magaguadavic pour en évaluer les
éléments indigènes et allogènes. Cette rivière néo-brunswickoise
se jette dans l'océan près de Saint-George, plus précisément dans la
baie de Passamaquoddy, siège d'une activité aquacole intense. En 1994,
notre année la plus noire, 1200 saumons échappés de fermes ont
remonté la rivière, soit le décuple de l'effectif sauvage. Le nombre
d'envahisseurs a toutefois chuté depuis: en 2003, on en a compté
seulement 22! Les pisciculteurs ont déployé de grands efforts pour
améliorer la situation en adoptant de nouvelles technologies et des
méthodes plus écologiques. De toute évidence, leurs efforts ont
porté fruit, même sur le plan économique: moins de pertes, plus de
profits. Malheureusement, la diminution des évadés ne s'est pas
traduite par une augmentation des résidents habituels de la
Magaguadavic. En fait, la population naturelle frise l'extinction: le
contingent domestique de 2003 (les 22 individus mentionnés ci-dessus)
était trois fois plus nombreux qu'elle. Le problème des fuites
piscicoles demeure donc d'actualité.

Étiquetage des poissons encagés avant leur libération
(photo: ASF)
Grâce à une aide financière accordée par le National Marine
Fisheries Service des États-Unis et à un dispositif de pistage
acoustique sophistiqué, nous tentons maintenant, en collaboration avec
l'entreprise Heritage Salmon, de suivre les déplacements de poissons
d'élevage que nous avons libérés dans la baie Cobscook. Cette région
connaît, de même que la baie de Fundy, des marées de forte amplitude
qui engendrent des courants impétueux dont la direction varie en
fonction du flux et du reflux. Nous essayons d'établir, pour ces
saumons, la vitesse de dispersion, les distances parcourues, le taux de
survie et le taux de retour dans la Magaguadavic où ils ont passé
leurs jeunes années. Le premier groupe étiqueté a été mis en
liberté à la mi-janvier 2004; un deuxième groupe devrait lui
succéder en avril 2004. De notre première expérience, nous avons
appris que les poissons s'éloignent très rapidement les uns des autres
et de leur cage. Ce comportement rend leur recapture pratiquement
impossible.

Truite arc-en-ciel étiquetée
(photo: ASF)
En nous basant sur ces résultats, nous devrions concentrer notre
énergie sur la solution optimale: le confinement des poissons dans les
cages. Pour atteindre cet objectif dans le Maine, la FSA et d'autres
organismes non-gouvernementaux ont récemment participé au lancement
d'un programme de suivi, le "Hazard Assessment Critical Control
Point" ou HACCP, pour la mise en oeuvre de procédés d'élevage
appropriés. Nous croyons qu'une telle initiative entraînera une
réduction immédiate du nombre d'échappés et constituera un modèle
exemplaire pour les entreprises d'autres pays.
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