Fire / Feu


Along the currents and with the Tides

Kayaking is starting to be a real way of life of leisure and  pleasure for many people. The owner of Kayakouch Inc., Nicole Daigle talks of  her many  experiences as a kayaker, telling of the adventures and discoveries that she has made while travelling the waters by kayak.

Nicole recalls her memories and years of personal time  spent with the sea and its many creatures. 

She  reflects on her kayaking trips to places such as Lake Superior, from Whitehorse to Dawson City and the many national parks including her own area, the Kouchibouguac.

 

Au gré des marées et
des courants

Nicole Daigle
Interprète de la nature
Kayakouch Inc., Saint-Louis-de-Kent, N.B.
October 1998

l.gif (280 bytes)a brise d’automne caresse déjà les dernières feuilles tenaces qui résistent aux forces de la Terre. Les outardes et les canards, comme à l’accoutumée, se sont réfugiés dans les anses et les baies de l’estuaire. Les phoques, quoique de moins en moins nombreux, se prélassent encore sur les dunes de sable, attendant les premières glaces avant de s’élancer dans le Golfe pour un autre hiver. Chez nous, à KAYAKOUCH Inc., tous les kayaks sont garés pour la saison froide, sauf le mien et celui de ma tendre moitié, Victor, qui glisseront sur l’eau encore quelques fois avant la nouvelle année. Bientôt, la rivière Kouchibouguacis, aussi appelée la rivière Saint-Louis, sera gelée et nous patinerons ou skierons sur les eaux où nous avons glissé avec nos kayaks maintes et maintes fois encore cet été.

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(photo: Nicole Daigle)

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"...tous les kayaks sont
garés pour
la saison froide..."

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Je me souviendrai toujours de mon premier kayak et de ma première randonnée. J’ai grandi près de la rivière Kouchibouguacis, à quelques kilomètres d’où j’habite présentement, encore sur le même cours d’eau. Pendant des années, je m’aventurais en canot, au gré des marées et des courants, la plupart du temps seule. Quelle agréable surprise fut celle de l’initiation au kayak de mer, qui me donna liberté et vitalité. Victor m’avait prêté le sien, lui qui pagayait déjà depuis quelques années. C’est alors là que je décidai de me procurer ma propre embarcation.

Nous avons pagayé les îles de la Minganie, les côtes du Nouveau-Brunswick et du lac Supérieur. Nous avons exploré les rives des lacs des parcs nationaux Prince Albert et Riding Mountain et celles du Grand Lac des Esclaves. La descente de la rivière Yukon de Whitehorse à Dawson City reste encore dans mon coeur une des plus belles expériences à ce jour. Sentier historique de la ruée vers l’or à la fin du siècle dernier, cette rivière au caractère sauvage nous a révélé plus d’un secret : les traces de grizzly fraîches le long du rivage, les pygargues à tête blanche qui survolent les montagnes et les milliers d’outardes qui annoncent la venue d’un autre automne.

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(photo: Nicole Daigle)

Tant de souvenirs en ces jours d’automne gris et pluvieux. Quand je pense au kayak de mer et aux conditions parfois périlleuses des côtes, je me sens choyée de pouvoir pratiquer cette activité dans des eaux paisibles comme celles du parc national Kouchibouguac. À quelques kilomètres en aval de notre demeure, la rivière traverse la ligne du parc. Kilomètres sur kilomètres, on peut pagayer sur les eaux calmes et peu profondes des lagunes et des estuaires, longer les dunes de sable à perte de vue et observer de près une faune et une flore sans pareilles. La colonie de sterne pierregarin, l’une des plus grosse en Amérique du Nord, est un spectacle visuel et auditif surprenant. La présence de phoques gris est toujours pour moi le summum d’une excursion. Je suis convaincue que, au cours des années, les phoques ont appris à nous reconnaître parmi tous les autres kayakistes. Victor et moi, de même que Michel et Marco, nos guides pour les sorties guidées estivales, avons tous eu, à un moment ou un autre, l’expérience d’un contact physique ou émotif avec l’un de ces énormes mammifères marins.

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(photo: Nicole Daigle)

Chacun de nous avons eu le plaisir de découvrir tout cela à maintes et maintes reprises, comme s’il s’agissait d’une première, avec des visiteurs désireux de se retrouver en nature, de découvrir la magie du kayak de mer et d’établir un lien entre la mer et le cosmos : les journées ensoleillées, la baignade dans les eaux chaudes, le regard curieux des phoques, le cri strident des sternes, les tentacules irritants des méduses, le crabe rapide qui échappe aux doigts des enfants, les nuits passées sur la dune de sable sous un ciel étoilé et la camaraderie qui s’installe au sein d’un groupe de personnes qui sont stimulées par la même motivation : se sentir plus près de la nature. La saison vient de se terminer et j’ai déjà hâte à la prochaine qui amènera de nouveaux visiteurs curieux et enthousiastes à l’idée de vivre une aventure en kayak de mer avec nous. J’ai hâte de revoir les visiteurs qui reviendront pour une deuxième ou troisième fois, pour revivre tout ça avec l’émerveillement des premières expériences.

Nous avons tous notre endroit préféré où nous aimons nous retrouver seuls ou entre amis. Cet endroit qui est pour certains loin de chez soi, plus près pour d’autres, nous invite à la réflexion et à apprécier les petites et les grandes choses de la vie. Mon endroit préféré reste toujours dans mon coeur et dans mes veines, le goulet de Terre-Noire, situé à l’embouchure de la rivière Kouchibouguacis, dans le parc national Kouchibouguac. À chaque fois que je m’y rends, vous l’avez bien deviné, j’ai l’impression d’y être pour la première fois.

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((photo: Nicole Daigle)