Fire / Feu


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Author:
Harold Eidsvik


(photo: site de Panel)

 

Changement de cap

Harold Eidsvik
Conseiller international pour la Commission 
sur l`intégrité écologique des parcs nationaux du Canada
mai 1999

 

epuis que les États-Unis ont créé le premier parc national au monde — le parc national Yellowstone, Wyoming, en 1872 - les parcs nationaux ont été créés pour perm- ettre aux gens d'en profiter et de se divertir et pour servir d'outil de sensibilisation.


(photo: RENB-NBEN)

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Fundy National Park

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Jusqu'aux années 1970, la plupart des efforts de conservation étaient axés sur la sauvegarde des espèces rares, menacées ou en voie de disparition et ne tenaient généralement pas compte de l'habitat. Des campagnes de financement, organisées sous l'égide du Fonds mondial pour la nature, visaient à protéger certaines espèces, comme les éléphants, les rhinocéros, les gorilles, les orangs-outangs, et les koalas.

Ce n'est qu'au cours des dernières années qu'on a assisté à un changement de cap, qui orientait davantage les efforts sur la préservation de l'habitat ou de l'écosystème, adoptant ainsi une philosophie plus générale de conservation. Dan Janzen, de Guanacaseo, Costa Rica, a été un des premiers à intégrer la conservation rurale et la protection des écosystèmes dans les années 1980.

Utiliser de façon à laisser intact a été le mot d'ordre dans la plupart des parcs nationaux du monde entier au cours des 130 dernières années. Mais ce mot d'ordre constitue un paradoxe — un but impossible à atteindre. Même si le principe est encore présent dans la législation canadienne, nous constatons une évolution.

Le Canada est le seul pays au monde à reconnaître officiellement que l'avenir des parcs et du paysage naturel repose sur la gestion qui a pour but de préserver l'intégrité écologique. Cette nouvelle orientation représente un changement important dans la politique des parcs, un changement qui exige de fonder la planification des parcs sur une recherche scientifique solide.

Il s'agit cependant d'un équilibre difficile à atteindre. Bien que le Programme biologique international de 1968 soulignait l'importance de l'approche scientifique, il négligeait l'aspect humain. Le Programme sur l'homme et la biosphère de l'UNESCO donne un nouveau souffle à cette approche, mais cherche toujours à intégrer adéquatement la science, les gens et les considérations socio-économiques afin d'être efficace à l'échelle locale.


(photo: RENB-NBEN)

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Fundy National Park

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Le Programme de réserve de la biosphère est également utilisé partout dans le monde pour élargir la portée des objectifs de conservation aux territoires adjacents aux zones protégées. Les parcs forment ainsi des réseaux plutôt que des aires isolées. Ces réseaux intègrent les objectifs de gestion des zones protégées à ceux des territoires voisins. On identifie les intérêts communs et on favorise la participation communautaire. L'aire isolée fait ainsi partie d'un écosystème plus vaste.

On m'a récemment demandé comment l'Allemagne parvenait à préserver ses espaces naturels en dépit de la pression démographique intense. La réponse est simple... l'Allemagne ne les préserve pas, sauf peut-être dans le cas du parc national Bayerischerwald, la seule région où les aménagistes forestiers allemands laissent les forêts à un état naturel et intact.

D'où proviennent les visiteurs qui sont les plus sensibilisés à l'environnement? De l'Allemagne. Des milliers de visiteurs allemands viennent découvrir les espaces naturels du Nord du Canada, de l'Alaska et de la Colombie-Britannique, des paysages qu'ils ne trouvent pas en Allemagne.

En 1990, à l'occasion d'une conférence à Perth en Australie, j'ai déclaré : préservons l'habitat et les espèces s'arrangeront pour survivre, un commentaire qui avait semé le désarroi chez mes collègues prônant la conservation de la faune. C'est ce que font les parcs nationaux. Nous avons fait un bon bout de chemin, mais la route est encore longue et parsemée d'obstacles. À moins d'être évités, ces obstacles risquent de déstabiliser un des outils de préservation et des mécanismes de développement socio-économique et écotouristique les plus efficaces au monde : les parcs nationaux.

Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir au Canada pour assurer la préservation des zones protégées uniques et représentatives. Mais des changements s'opèrent et nous assistons à un changement de cap.

Note de la rédaction : Harold Eidsvik est l'ancien directeur des politiques pour Parcs Canada. Il a été président de la Commission mondiale des aires protégés de l'Union pour la nature (UICN) de 1983 à 1990. Il est présentement à la tête de Protected Areas Consulting Services International et demeure à Sidney, Colombie-Britannique. Il agit à titre de conseiller international pour la Commission. 

Édité initialement sur le site web de la: Commission sur l`intégrité écologique des parcs nationaux du Canada, vol.1. no.2. mai 1999