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comité Environnemental de l'École Clément Cormier a fait bien des
choses au cours de ses deux années d'existence. Une des campagnes les
plus fructueuses à la quelle il a participé était celle contre la
recherche d'uranium tout à travers le Nouveau-Brunswick.
Le gouvernement Graham avait commencé
à faire des recherches un peu partout à travers la province. Les
recherches en question consistaient à creuser des trous un peu
partout sur les lots de terre de propriétaires. Ces recherches
étaient faites sans aucun égard pour la santé des gens habitant aux
alentours, ou pour la terre sur laquelle vivaient les citoyens. Mais
rien n'était fait en vue d'obtenir un moratoire sur le prospection
d'uranium.
Après avoir appris que le terrain
d'une des membres du Comité avait été affecté, nous décidâmes
d'agir au plus vite contre cette menace grandissante. Le Comité
commença par écrire plusieurs articles dans le journal de l'école,
L'Papier, en vue de sensibiliser la population étudiante envers ce
qui se passait dans le comté et tout à travers de la province. Bien
que cela attira un nombre surprenant de nouveaux-venus prêts à aider
avec cette campagne, cela était loin d'être assez.

Plusieurs lettres furent envoyées aux
quotidiens Times & Transcript et à L'Acadie Nouvelle. Cela fit
quelques remous de plus, mais les étudiants impliqués se demandaient
bien ce qu'ils pourraient faire afin de faire un effet plus grand, et
à l'échelle de la province. C'est alors que nous vint l'idée
d'écrire une lettre et de l'envoyer à tous les membres de la
législature provinciale. Nous écrivîmes la lettre, et puis,
quelqu'un eut la bonne idée de faire signer autant d'autres groupes
environnementaux jeunesse que possible.
À travers du Groupe Action Jeunesse,
six autres groupes de jeunes, de tout à travers la province,
rajoutèrent leur voix à la nôtre dans un effort pour protéger
notre futur, ainsi que celui de nos enfants et des leurs. Notre but
avait été, dès le départ, d'essayer d'obtenir un moratoire sur le
minage et la prospection d'uranium au Nouveau-Brunswick comme l'ont
fait nos voisins en Nouvelle-Écosse. Nous trouvions cela important
pour plusieurs raisons, dont le fait que nous ne trouvions pas cela
juste que des compagnies venues de loin puissent se battre pour nos
terres, les contaminer, puis partir en disant que cela n'était pas
leur problème.
Un communiqué de presse fut envoyé
aux companies majeures de média tout à travers la provine afin de
les avertir de l'action prise. À peine quelques jours après, le
comité fut assailli de représentants qui demandaient rien de plus
que d'en apprendre un peu plus à ce sujet. Les membres du Comité
furent interviewés par radio et par télévision. Ces interviews
étaient diffusées tout à travers la province, ce qui donna bien
plus de visibilité à cette campagne, qui ne cessait d'en gagner, que
ce soit avec les affiches disans "NON AUX MINES D'URANIUM"
ou par bouche-à-oreille.
Les réponses à la lettre
commençaient à nous arriver. La majorité étaient, ce qui fut une
surprise assez grande, de la part de membres du parti conservateur
provincial, qui était - et qui est encore - l'opposition officielle
à l'échelle provinciale. Le nombre de réponses reçues était si
petit que nous avons décidé qu'il nous fallait trouver quelque chose
de plus à faire. Une ou deux semaine passèrent, et puis nous
décidâmes qu'il fallait tenter le tout pour le tout.
L'idée de faire une démonstration ne
nous serait jamais venue si nous ne savions pas à quel point toute
l'école s'intéressait à cette campagne. Contrairement à la
majorité des campagnes, dont les gens ne se préoccupent pas car ils
ne se passent pas dans leur arrière-cour, le problème de l'uranium
affectait tout le monde. Que ce soit un prospecteur qui était venu
chez eux, chez un ami, une tante, un cousin, etc., dans les
communautés très proches du Nouveau-Brunswick, tout le monde était
au courant. Les companies de prospection prenaient des échantillons
là où elles voulaient, ne se préoccupant de rien autour d'elles.
Les gens avaient peur pour leurs terres, ne savaient pas se qui se
passait, et étaient furieux contre le gouvernement parce qu'il ne
faisait rien pour les aider, eux.
Bref, la population était aux aguets,
et plus que prête à aider avec l'initiative que nous avions prise.
Cela comprenait les jeunes qui fréquentaient notre établissement
scolaire. Avec la collaboration du Conseil des Élèves, nous
décidâmes d'organiser une marche contre l'uranium, et d'inclure
toute l'école dans notre effort. Nous fîmes des panneaux et des
slogans, trémoussants d'excitation. Et finalement, le matin de la
démonstration vint.
Sur environ six cents élèves qui
fréquentaient l'École Clément-Cormier, je serais prêtre à parier
qu'au moins cinq cent cinquante prirent part à la marche. C'était de
l'inédit en termes de participation à un évènement scolaire. La
marche ne fut pas en vain. Nous fîmes le tour de la ville de
Bouctouche, criant, chantant et brandissant nos panneaux. Radio-Canada
et CBC assistèrent à la marche et en parlèrent aux nouvelles, ainsi
qu'avec des moments filmés et qu'avec des interviews avec les membres
du Comité Environnemental.
Bien que notre but d'un moratoire n'est
pas encore atteint, cela ne veut pas dire que tous nos efforts ont
étés inutiles. Non seulement avons nous réussi à impliquer toute
une communauté, mais tellement plus de gens sont sensibilisés au
danger que représentent la prospection et le minage d'uranium que le
gouvernement passerait un sale quart d'heure si jamais il essayait de
passer une loi quelconque en catimini qui donnerait des droits à une
ou plusieurs companies.
Par contre, nous sommes loin d'en avoir
fini avec nos problèmes d'uranium. Mais si l'aide et la participation
que nous avons reçu pendant la première ronde sont présentes, je ne
doute pas que nous, les citoyens de tous les jours, jeunes et moins
jeunes, sommes capables de changer les politiques de notre province
pour le mieux.