'eau…
Notre corps humain est constitué d'eau à 65%. Les océans recouvrent
70% de la planète. L'eau nous entoure, nous façonne et nous nourrit.
L'influence de l'eau est discrète, sournoise, invisible mais
indéniable. Il est difficile de croire que cette eau, source de vie,
est en péril. Mais de plus en plus, les faits nous démontrent une
triste réalité. L'eau potable que nous tenions pour acquis il y a
quelques années, devient de plus en plus rare, est très convoitée
par tous et peut même être à la source de conflits et
d'affrontements sérieux. L'eau salée aussi, est sérieusement
menacée.
En 2000, un rapport du Programme d'action national du Canada
pour la protection du milieu marin contre la pollution due aux
activités terrestres (PAN) déclarait que plus de 80% de la pollution
des océans était attribuable aux activités terrestres. Le rejet
d'eaux usées domestiques est considéré comme l'une des plus grandes
menaces pour les milieux côtiers de toute la planète. Ce problème
est aussi une réalité au Nouveau-Brunswick.
Selon le comité
atlantique du PAN, les eaux usées sont considérées comme une des
causes principales de pollution marine dans la région. Les eaux de la
zone côtière du sud-est du Nouveau-Brunswick se déversent dans le
bassin de drainage du détroit de Northumberland qui fait partie du
grand écosystème du Golfe du Saint-Laurent.
Le sud du Golfe du
Saint-Laurent est une région extrêmement productive et bio diverse.
La qualité des multiples infrastructures le long de cette zone
côtière affecte nécessairement l'état de santé de l'eau.
La
région littorale du sud-est du Nouveau-Brunswick est colonisée
depuis des centaines d'années. On y retrouve beaucoup de résidences
saisonnières et permanentes. C'est de plus, une région très
achalandée par les visiteurs venant de près et de loin. L'économie
régionale est dépendante des ressources naturelles (pêche,
agriculture et foresterie) ainsi que des industries de services qui se
développent à cause de la proximité des centres urbains tels que le
Moncton métropolitain, Shédiac, Bouctouche et Richibouctou. Une
grande variété d'activités aquatiques telles que les pêches
commerciale et récréative, la baignade, l'utilisation de multiples
embarcations de plaisance et l'observation de la nature sont
pratiquées à partir des eaux chaudes de ce coin de pays.
Les zones
salées (estuaires et baies) sont des zones très productives de
mollusques. La pêche commerciale et récréative des huîtres, des
moules et des palourdes y est pratiquée depuis des siècles.
Cependant, depuis déjà plusieurs années certaines de ces zones
coquillières sont fermées à la pêche due à la contamination
bactériologique.
Selon le Programme canadien de la salubrité des
mollusques d'Environnement Canada (EC), les fosses septiques
défectueuses sont une des causes principales de la contamination
bactérienne des ces zones coquillières. Le programme de surveillance
de la qualité des eaux se poursuit régulièrement par les employés
d'EC et les données récentes démontrent encore plus de fermeture de
zones coquillières.
Des citoyens de la région sud-est du
Nouveau-Brunswick, soucieux de leur qualité de vie et de la qualité
de leur environnement ont décidé d'unir leurs efforts pour assurer
une bonne qualité d'eau. Les paragraphes qui suivent nous raconte
comment les citoyens se sont pris en main afin de passer à l'action
contre la grande source de pollution que sont les systèmes septiques
défectueux.
Par l'entremise d'un groupe communautaire à but non lucratif, le
Groupe de développement durable du Pays de Cocagne (gddpc), un
programme visant à réduire l'impact des systèmes septiques
défectueux a été mis en place.

Lever de soleil, baie de Cocagne
(photo: Jocelyne Gauvin)
La région côtière du sud-est du
détroit de Northumberland au Nouveau-Brunswick ciblée par le
programme, s'étend du bassin versant de Chockpish
(Sainte-Anne-de-Kent) jusqu'au bassin versant de la Cocagne. La
majorité des résidences de ce territoire côtier sont desservies par
un puits pour l'eau potable et d'un système septique pour
l'évacuation des eaux grises et noires. L'âge, l'état et
l'efficacité de ces infrastructures varient beaucoup et plusieurs
systèmes septiques sont défectueux ou inexistants. L'impact négatif
potentiel sur la santé humaine et la santé de l'environnement est
réel.
Depuis 3 ans, environs 400,000$ (vrais dollars) ont été
investis dans la réparation de 72 systèmes défectueux. Ces fonds
ont été déboursés par les individus par paiement direct (33%); la
province du Nouveau-Brunswick par l'entremise du Fonds en fiducie pour
l'Environnement du Nouveau-Brunswick du ministère de l'Environnement
et du ministère des Services familiaux et communautaires; ainsi que
du fédéral par le programme Ecoaction d'Environnement Canada.
En
sachant que 1 personne utilise environ 325 litres d'eau par jour et en
estimant qu'il y a 2.5 personnes par résidence, nous calculons que
21,353,500 litres d'eaux usées par an sont maintenant traitées avant
d'être déversés dans l'environnement. L'action est concrète et
l'impact est important! En s'occupant de notre environnement on
s'occupe de nous-mêmes. En s'assurant tout simplement que notre
système de collection d'eaux usées et notre puits d'eau potable sont
en bon état nous nous assurons une santé meilleure et un
environnement plus sain.
Si vous désirez recevoir une copie de notre
'Dossier du propriétaire pour l'entretien de votre système septique'
ou si vous voulez en connaître davantage sur le projet, n'hésitez
pas de communiquer avec nous gddpc@nb.aibn.com ou 506-576-8247, 176 ch.
Cormier Cross, Cocagne, NB E4R 2J5.
Chaque action que nous posons a un effet sur l'environnement. C'est
à nous de choisir si l'effet de nos actions sera positif ou négatif.
Nous savons qu'un petit effort par plusieurs individus à un effet
cumulatif marquant alors, pourquoi pas faire au moins un petit pas?
Ça vaut la peine et ça fait une réelle différence!