Differences between Clearcutting and Natural Disturbances
Sustainable
forest management requires a new approach to forestry based on ecological
principles.
Research
in ecology has demonstrated that disturbances such as fire, insect
infestations and blowdown are an integral part of forests, both boreal and
Acadien. When compared to the effects of traditional clearcutting, it is
evident that there are a number of differences. These are found in the
severity and frequence of the disturbance, the effects on stand age-class
structure, loss of snags with clear-cutting, and negative effects for some
animals.
Overall,
clear-cutting reduces the variability found in forests after fire or other
such disturbances.
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Différences entre les perturbations naturelles et la coupe à blanc
Mark
Purdon
ancien Ami des monts Christmas
Juin 2003
'aménagement
forestier durable exige une nouvelle approche qui prend mieux en
compte la réalité écologique. Dans l'étude de l'écologie
forestière, on accorde de plus en plus d'importance aux perturbations
dites naturelles, car on constate que les perturbations telles que les incendies, les vents et les infestations d'insectes
font partie de la vie de nos forêts, elles représentent les forces
avec lesquelles la forêt évolue. Ces observations nous amènent à
réaliser que les forêts ne sont pas stables, qu'il y a toujours eu
des cycles de croissance, de perturbation et de mort. C'est
certainement évident dans la forêt boréale au nord du
Nouveau-Brunswick, mais ce l'est tout aussi dans les forêts
tempérées comme la forêt acadienne. Il faut simplement changer
l'échelle d'observation, dans le temps ou dans l'espace.
Régénération
du sous-bois
après un incendie dans une pinède

(photo: Mark Purdon)
Les forêts ne sont donc pas stables! Plusieurs semblaient croire que le mouvement
environnemental avait été fondé uniquement pour la conservation des
forêts anciennes, pour la protection des gros arbres comme on peut en
trouver en Californie ou en Columbie Britanique. Mais voilà que
maintenant les scientifiques démontrent l'importance des
perturbations qui rasent les forêts, qui déciment les arbres et qui
déplacent le gibier (comme nous l'avons appris dans le film Bambi). Pour quelques
dirigeants de l’industrie forestière, cela semblerait donc indiquer que les coupes à blanc ne sont
peut-être pas si terribles, qu'elles fassent en somme ce que feraient
le feu ou la tordeuse des bourgeons de l'épinette (Choristoneura
fumiferana). Alors aussi bien utiliser les arbres pour leurs
bénéfices économiques que de les laisser se gaspiller sur le
terrain, n'est-ce pas?
Heureusement, la recherche en écologie forestière a cherché à
étudier cette question pendant les dix dernières années. Nous
essaierons donc de décrire les résultats majeurs de ces travaux.
Pour ce faire, notre comparaison de la coupe à blanc avec les
perturbations naturelles sera faite selon quatre critères :
- La sévérité et la fréquence des perturbations;
- La structure d'âge des peuplements forestiers;
- Les arbres morts debout (les chicots) et les débris ligneux
grossiers;
- les effets sur la faune
Paysage avec récupération des
rondins,
coupe à blanc après incendie, en Abitibi au Québec

(photo: Mark Purdon)
La sévérité et la fréquence
des perturbations
Commençons par un survol…si vous avez jamais traversé les
forêts canadiennes en avion, vous avez certainement remarqué les
damiers des coupes. Il est facile d'observer que les bordures des
coupes sont plus droites que celles qui démarquent le périmètre
d'un incendie ou les limites des ravages de la livrée des forêts (Malacosoma
disstria). Mais plus important encore, il faut apprécier la
sévérité de la perturbation, c'est-à-dire ses effets sur la forêt.
Pendant un incendie, par exemple, il y a des superficies qui brûlent
d'une façon plus intense que d'autres -- pour un incendie d'une grande
superficie, ce ne sont pas tous les arbres qui sont décimés. Par
contre, la coupe à blanc traditionnelle engendre la même sévérité
uniformément partout. De la même façon, on sait que les coupes sont
faites en suivant un cycle prédéterminé et habituellement rapide.
La fréquence d'une perturbation comme un incendie est beaucoup plus
variable. De plus, les effets des changements climatiques pourraient
modifier ces paramètres. Dans la forêt boréale québécoise, il est
prévu que la période entre les incendie se prolongera, ce qui
engendre de grandes questions sur la pertinence des coupes à blanc
dans cette région.
La structure d'âge des
peuplements forestiers
Les variabilités de la sévérité et de la fréquence des
perturbations sont très importantes car elles déterminent la
structure d'âge des peuplements forestiers. Dans un peuplement il y
aura des arbres qui sont plus vieux, qui ont survécu à une
infestation d'insectes qui en a exterminé d'autres; mais il y en aura
aussi certainement des plus jeunes. Tout dépend de l'histoire des
perturbations antérieures dans la région. De son coté, la coupe à
blanc donne une structure d'âge beaucoup plus régulière, chaque
peuplement contient des arbres d'une seule classe d'âge. Compte tenu
que l'on ne laisse pas beaucoup d'arbres âgés dans les forêts
aménagées, la perte de cette variabilité est particulièrement
ardue pour les espèces qui ont besoin des vieux arbres.
À la lisière de la
forêt, coupe à blanc, forêt
d’épinette

(photo: Mark Purdon)
Les arbres morts et les débris
ligneux grossiers
Une autre caractéristique des perturbations comme les vents et les
infestations d'insectes, c'est qu'elles tuent les arbres en laissant
les arbres morts (les chicots) sur le terrain. Simplement parce que
les arbres sont morts, ils ne cessent pas de jouer un rôle
écologique utile. Lorsqu'ils sont encore debout, ils maintiennent les
conditions au sol plus humides et moins exposées aux vents; et une
fois tombés, leur décomposition joue un rôle important dans le
maintien des niveaux nécessaires de nutriments pour la
régénération de la forêt.. Les chicots jouent aussi un rôle très
important à titre de lieux d'alimentation et de nidification pour
certaines espèces d'oiseaux, comme le pic à dos noir par exemple.
Pour l'écosystème, les arbres morts sont loin d'être une perte.
Les effets sur la faune
L'exemple du pic à dos noir ci-dessus est un exemple d'un effet
différent sur la faune de la coupe à blanc ou des perturbations
comme les feux et les infestations d'insectes. Pour le pic à dos
noir, c'est la période après perturbation qui est la plus importante,
mais la tendance vers les rotations rapides affectera certainement
négativement les espèces qui ont besoin des forêts anciennes. C'est
à dire
qu'il faut chercher à conserver toutes les périodes de
développement forestier (de jeunes à vieux) parce que différentes
espèces dépendent de différents types de forêt.
Conclusion
Les différences entre la coupe à blanc et les
perturbations dites naturelles ne sont pas toujours claires. Il existe
quelques effets semblables produits par ces deux types de phénomènes.
Mais on peut conclure que la coupe à blanc ne maintient pas le même
niveau de variabilité que les perturbations comme les
incendies, les vents ou les infestations d'insectes. On ne peut pas
prétendre alors que les coupes à blanc sont semblables aux agents de
déforestation, mais on peut affirmer que les coupes à blanc sont
des agents de dégradation si
appliquées sur une grosse échelle. Quand on pense aux coupes à blanc, il est
aussi important de se rappeler qu'il n'y a pas que les coupes, mais
que celles-ci impliquent des chemins forestiers, des plantations de
semis (habituellement d'une seule espèce), et des pratiques
sylvicoles qui contribuent à la fragmentation de la forêt. La coupe
n'est juste qu'une partie d'un aménagement forestier.
À proximité, régénération du
sous-bois avec récupération

(photo: Mark Purdon)
Il est intéressant de noter qu'en gestion forestière il existe
aussi une tendance vers la recherche de méthodes qui s'approchent le
mieux des perturbations dites naturelles. On y cherche à développer
des pratiques plus durables sur le plan écologique. Mais il est
encore plus important de s'assurer que tout aménagement forestier
fournisse des bénéfices socioéconomiques équitables. Il faut donc
trouver des solutions qui tiennent compte à la fois de nos
préoccupations écologiques et de notre souci pour la justice sociale…peut-être
trouvera-t-on que ces solutions sont fondées sur les mêmes principes.
Quelques références :
Bergeron, Y., Gauthier, S., Kafka, V., Lefort, P., et
Lesieur, D. 2001. Natural fire frequency for the eastern Canadian boreal
forest : consequences for sustainable forestry. Canadian Journal of Forest
Research 31: 384-391.
Bergeron, Y., Harvey, B., Leduc, A. et Gauthier, S.
1999. Forest management guidelines based on natural disturbance dynamics:
Stand- and forest-level considerations. Forestry Chronicle 75: 49-54.
Purdon, M., Noël, J., Nappi, A., Drapeau, P., Harvey,
B., Brais, S., Bergeron, Y., Gauthier, S., Greene, D. 2002. L'impact des
coupes de récupération après feu en forêt boréale: leçons d'Abitibi.
Fichier technique de la chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQÀM en
aménagement forestier durable, Université du Québec en
Abitibi-Témiscamingue, Rouyn-Noranda, Québec Canada. Web Site: http://web2.uqat.uquebec.ca/cafd/pdf/fichetech4f.pdf
[version Français] et http://web2.uqat.uquebec.ca/cafd/pdf/fichetech4e.pdf
[in English]
Purdon, M. (En impression). The Nature of ecosystem
management : postmodernism and plurality in the sustainable management of
the boreal forest. Environmental Science and Policy
Seymour
, R.S., White, A.S. and deMaynadier, P.G. 2002. Natural disturbance
regimes in northeastern North America-evaluating silvicultural systems
using natural scales and frequencies. Forest Ecology & Management 155:
357-367
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