Fire / Feu


Two Toxic Substances from an ecological agriculture point of view

In this article, Ron Fournier discusses, from an ecological farming point of view, two toxic substances currently used in agricultural practices; Muriate of potash (potassium chloride) - used to kill microbes in the soil, and Anhydrous ammonia - used to enrich the soil. Both toxic substances are used extensively in North America, with most farmers only being told one side of the story. After many years of using such products, it is best to know all the facts about the effects that may have resulted. What kind of impacts are these toxic substances having on our soils, on our animals and plants, and to the humans that come in contact with them? Ron explains some facts that you may not have been aware of about these substances, as well as providing us with alternatives.

Deux substances toxiques
du point de vue de
l’agriculture écologique.

  Ron Fournier
  Negentropy Farms – Fermes Néguentropie

  janvier 1999

 

l.gif (280 bytes)e comédien Lenny Bruce déclarait, il y a plus de trois décennies, que la société rendait les gens infirmes et qu’elle les arrêtait ensuite parce qu’ils boitaient. C’est un peu la même chose qui se passe en relation avec l’état actuel des sols soumis à l’agriculture chimique et « conventionnelle ».

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(photo of  fertilizer)

Plusieurs substances, dont le niveau de toxicité peut varier grandement, sont utilisées dans la fabrication de plusieurs des produits utilisés en agriculture chimique intensive. Certains de ces produits sont tellement mauvais et dangereux qu’après plusieurs années d’utilisation, l’Amérique du Nord s’est enfin rendu compte qu’il fallait interdire leur utilisation ; cependant, toujours dans l’esprit de la course au profit, la plupart de ces produits sont encore fabriqués ici pour ensuite être exportés dans d’autres pays, surtout au Tiers monde.

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Avant même de considérer les effets néfastes de ces substances sur le sol, les plantes, les animaux et, en bout de ligne, les humains, il est important de comprendre que les mauvaises pratiques agricoles contemporaines sont en partie dues au fait que plusieurs fermiers ont reçu des conseils de la part de gens auxquels ils faisaient confiance, des gens ayant été formés par des institutions « supérieures » dont les facultés ont souvent reçu des fonds de recherche provenant de corporations qui fabriquent ces mêmes produits. Donc, sans avoir à explorer le monde des nombreux pesticides, nous n’avons qu’à jeter un coup d’oeil sur deux produits utilisés en tant qu’engrais.

À elle seule, l’utilisation du chlorure de potassium (muriate de potasse, KCL) contribue grandement à la toxicité des sols, ce qui tue les microbes bénéfiques, ce qui mène à un sol trop compact, ce qui contribue à la mauvaise santé des plantes, ce qui favorise les mauvaises herbes et l’arrivée des insectes, dont la vocation est de détruire les plantes malades. Au lieu de prendre le temps d’essayer de comprendre ce qui endommage leurs sols, la plupart des fermiers ont été conditionnés à croire que le seul recours est d’introduire la soi-disant « chimie de sauvetage » ; celle-ci, va à son tour créer toute une série de problèmes à court, à moyen et à long terme.

Le KCL est un des principaux engrais utilisés en agriculture. Les engrais qui apportent trois éléments fertilisants principaux sont appelés ternaires. On désigne les engrais composés par une formule de trois nombres, représentant, dans l’ordre N, P, K, la quantité de ces trois éléments contenus dans 100 kg d’engrais solides (ou dans 100 litres pour les liquides). L’analyse d’engrais ternaires du muriate de potassium est désignée 0-0-60. Cela veut dire qu’il y a 60 % de potassium disponible. Le problème vient du fait (qui n’est pas expliqué aux fermiers) que l’autre 40 % qui manque, c’est du chlorure ! Je n’ai pas l’espace ici, ni le temps, de vous expliquer tous les effets néfastes qui en découlent, mis à part ce que j’ai déjà mentionné ci-dessus.

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L’autre produit, l’ammoniac anhydre, (NH3), est utilisé sur des milliers d’acres en Amérique du Nord. Selon l’analyse ternaire, il représente le N des éléments N, P, K. Ce produit était utilisé durant la Deuxième Guerre Mondiale pour tuer la végétation et compacter le sol où l’on désirait construire rapidement des pistes d’atterrissage. Ce fait est ignoré par la plupart des fermiers. Ayant remarqué que les plantes poussaient plus haut que d’habitude près des pistes d’atterrissage, étant donné le montant élevé d’azote libre, certains ont pensé que des montants réduits du produit seraient peut-être bons pour l’agriculture. La grande erreur, c'était de croire que cela était bon pour la plante. La raison pour laquelle une vache ne mange pas l’herbe verte bien engraissée qui entoure l’endroit où elle a laissé tomber son fumier, c’est parce qu’elle sait que cette herbe est trop riche en azote et que cela la rendrait malade. Malheureusement, la plupart des fermiers ne comprennent pas ce simple fait.

L’industrie pétro-chimique a d’abord utilisé les réserves de NH3 qui restaient à la fin de la guerre ; par la suite, elle a continué à en produire et à répandre le mythe que ce produit était bon pour les récoltes. Le NH3 est en fait sur la liste canadienne des produits dangereux. La seule manière de l’incorporer au sol est par l’utilisation d’une charrue spéciale qui injecte le gaz dans le sol. Ce gaz est tellement toxique qu’il a aveuglé et tué plusieurs fermiers.

Comme mentionné ci-dessus, les composants toxiques ne se trouvent pas seulement dans les pesticides ; certains de ces produits sont utilisés pour un grand nombre de produits agricoles sur le marché aujourd’hui. Les consommateurs doivent se réveiller et se questionner sur les pratiques utilisées pour la production de leur nourriture. 
Il n'est aucunement nécessaire d'utiliser ces produits pour réussir en agriculture ; la part d'azote (N) est disponible par le compost, le fumier composté, les plantes légumineuses, etc. La part de potassium (K) est déjà dans le sol (plusieurs milliers de livres). Du sulphate de potasse peut être ajouté, etc. En bout de ligne, si l'on apprend à travailler avec la nature, ces éléments seront naturellement disponibles à long terme avec peu d'effort.
Pour en savoir plus, n'hésitez pas à communiquer avec moi ou tout autre consultant en agriculture écologique.

Bonne agriculture, bonne santé!

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