Manure: more than an unpleasant odor

Sandey St. Amand educates us with insight on nitrate pollution.

  farm.jpg (11775 bytes)
(photo: NBEN-RENB)

Nitrate pollution comes from manure.

New Brunswick is home to many farmers, who in turn have many acres of farmland. People may not realize that manure may be a source of pollution on these farms. Nitrate pollution can pose health risks for humans and death may result in children under 6 months. You are at serious risk if you are inhaling large enough concentrations of nitrate toxins. One interesting fact is that this nitrate is more often found in sandy soils than in clay soils. This article explains the effects that nitrate pollution has on our environment, the health risks it poses and some ways to minimize this problem.

 

Le Fumier :
plus qu’une odeur
qui déplaît

 

    Sandey St Amand,
   Etudiante en biologie, Université du Nouveau-Brunswick
    janvier 1999

 

l.gif (280 bytes)es fermes d’élevage de bovins produisent une énorme quantité de matière organique qui peut être recyclée pour fertiliser le sol. Une vache pesant 1000 livres peut produire jusqu’à 70 livres de fumier par jour ! Avec de telle quantité de fertilisant, il n’est pas surprenant que nos terres soient sursaturées d’azote et de phosphore qui finissent par atteindre nos eaux souterraines. Une telle concentration de fumier peut avoir des effets nocifs sur notre environnement et notre santé et peut même provoquer la mort. Cet article rassemble les principales caractéristiques du fumier ainsi que quelques solutions pour réduire la contamination des eaux.

cow-1.jpg (13251 bytes)
(photo: Sandey St.Amand)

==========
Cette photo représente un champ de pomme
de terre de la région Nord-Ouest du N.-B..
C'est un champ où l'agriculture alterne à
chaque 3-4 ans entre l'élevage de bovins
et la semence de patate.   Aussi,
remarquez les fitres arbustifs autour du champ.

==========

L’odeur semblable aux oeufs pourris que dégage le fumier révèle la présence de sulfure d'hydrogène (H2S). L’inhalation de ce gaz toxique peut être mortelle. On retrouve aussi d’autres formes de composés gazeux tels que le dioxyde de carbone (CO2), l’ammoniac (NH3) et le méthane (CH4). Chacun de ces gaz contribue à l’effet de serre. En 1997, Le Nouvel Observateur rapporte : « Une seule vache rejette entre 200 à 400 litres de méthane par jour... en pétant ». Par contre, ces gaz ne comptent que pour une partie des polluants que dégage le fumier.

Les deux principaux constituants nocifs des déchets métaboliques sont le phosphore et le nitrate (NO3). Le phosphore stimule la croissance des bactéries, des algues et des plantes dans l'eau. C’est ce qu’on appelle l’eutrophisation. Ce processus consomme beaucoup d’oxygène et, dans ces conditions, réduit la diversité de la vie aquatique.

L’azote est un élément chimique retrouvé dans la plupart des protéines, molécules d’ADN et ARN, ainsi que dans les vitamines, les hormones et les enzymes ; celles-ci sont toutes nécessaires à la vie. Les plantes absorbent l’azote à travers leurs racines sous forme de nitrate et d’ammonium tandis que les animaux se nourrissent d’azote retrouvé dans les plantes sous des formes protéiques plus complexes. Lorsqu’il y a trop de déchets métaboliques, les plantes et les bactéries dénitrifiantes ne peuvent pas convertir suffisamment de ces polluants azotés en des composés moins toxiques. Cela donne la chance aux nitrates de s’enfouir plus facilement dans nos sols après une grosse pluie ou même au printemps lorsque la terre dégèle.

cow-2.jpg (11482 bytes)
(photo:Sandey St.Amand )
==========
Quelques bovins d'une ferme d'/levage
==========

 Certaines études chez les animaux, y compris les humains, ont démontré qu’un taux élevé de nitrate peut causer des fausses couches et des problèmes de santé chez les nouveau-nés. Lorsque le nitrate est consommé par les humains, il est vite converti en nitrite. Ceci nuit à l’acheminement d’oxygène dans notre système circulatoire. Ce phénomène se nomme la méthémoglobinémie, aussi connu sous le nom de « syndrome du bébé bleu ». Les enfants de moins de 6 mois peuvent en mourir.

La meilleure solution pour résoudre le problème du fumier est très simple. Il suffit de faire l’élevage des bovins sur de grandes superficies et d’alterner les sites d’alimentation et d’abreuvement. De cette façon, les lieux trop concentrés en déchets métaboliques sont rayés de la carte.

Il est intéressant de savoir que les fuites d’azote sont plus fréquentes dans les sols sablonneux que dans les sols argileux. La charge négative des particules d’argile est attirée vers les ions positifs d’ammonium. Dans le même ordre d’idée, le nitrate est un soluté dans l’eau et l’eau voyage difficilement à travers l’argile. Par conséquent, dans ce type de sol, le nitrate se rend difficilement dans les eaux souterraines.

L’utilisation de filtre végétal et arbustif peut réduire la quantité de polluants dans nos sols. En plus de consommer le nitrate et l’ammonium, les plantes peuvent filtrer des sédiments, certains pesticides et des microbes. L’orge est considérée comme un des meilleurs filtrants. Ces grains sont colonisés de bactéries dénitrifiantes qui survivent même l’hiver.

Dans cet article, j’ai seulement mentionné le fumier de bétail comme source de nitrate. Il ne faut pas oublier qu’il provient aussi des égouts, des fixations industrielles, de l’érosion des roches et même des éclairs.

Le gros problème affectant notre environnement de nos jours n’est pas le manque d’espace pour épandre du fumier mais celui des populations à haute densité. Que ce soit des millions de gens dans une grande ville, des centaines de poulets dans une petite cage ou des milliers de saumons dans un lac d’aquaculture, il y aura toujours une accumulation de déchets et un manque d’espace. Au-delà de toute considération, une chose est certaine, il faut porter attention à nos problèmes environnementaux dès maintenant car, sans la nature, les autres problèmes ne pourront jamais être écartés.