Fire / Feu


 

Transporting
dangerous materials

With calm, poise
and a frightening certainty that comes from years of involvement, Beth McLaughlin invites her readers to accompany her on
a quick temporal overflight of the nuclear issue.

She discusses the dangerous long- lasting wastes, the political lack of savvy and foresight, and, more recently, adding to the folly of it all, the transportation of weapons grade uranium without warning over the heads of Canadians.

Beth suggests that we need to "transport" our letters of displeasure and concern to the 
heads of government.

Transport de matières dangereuses


Beth McLaughlin,
People Against Nuclear Energy
février 2000

 

'ennemi naturel de l'être humain: la famille des éléments radioactifs - radium, uranium, plutonium, césium, strontium, etc. Transport des matières dangereuses et déchets nucléaires - la matière radioactive.

Vous rappelez-vous de votre cours de chimie, au secondaire? Pensez aux ions qui gravitent autour des atomes. Lorsque les ions du sodium rencontrent le chlore (deux éléments relativement stables) ils s'y attachent pour faire une nouvelle composition: du sel. L'ion positif s'attache à l'ion négatif. Romantique, non?


(photo: NBEN-RENB)

Le chlore se disperse dans l'air et est facilement emporté par le vent. Le chlore n'est pas une matière radioactive. Pourtant lorsqu'une cargaison de chlore transportée par voie ferroviaire se retrouve dans le fossé, cela arrive de temps à autre au Canada, les gens qui vivent dans les environs du déraillement sont évacués. Que se passe-t-il lorsqu’une quantité de matière radioactive est expulsée d'une centrale nucléaire, ou dispersée par accident à l'intérieur d'un réacteur nucléaire? Quand des gens sont exposés à la radioactivité, la vie n'est plus belle et ne sera plus belle. Les employés Japonais de la centrale nucléaire qui fut accidentée il y a quelques mois peuvent en témoigner. Comment expliquer jusqu'à quel point les matières radioactives sont désastreuses pour les êtres humains? Le cas des éléments radioactifs, très instables, est différent de celui du chlore. Malheureusement pour nous, ces ions possèdent une affinité inquiétante de liaison aux ions du sang humain, aux ions des os humains et aux glandes reproductrices de l'être humain. Le plutonium, le radium (ce qui a tué Marie Curie, qui l 'a découvert), l'uranium et les autres membres de cette famille d'éléments, sont, dans leur état naturel, en train de se décomposer. Ils s'installent dans notre corps, continuent à se décomposer et conduisent au démantèlement de la chaire humaine. C'est pourquoi, lorsqu'on procède à leur extraction et qu'on transporte ces éléments, les humains doivent se protéger contre les ions qui sont émis de façon constante. Les personnes qui s'occupent des radiographies (rayons-X), dans les hôpitaux par exemple, doivent se vêtir de vêtements protecteurs. Les travailleurs dans les usines nucléaires doivent aussi porter des vêtements protecteurs.

La nature instable d'un élément radioactif fait en sorte que sa décomposition est continuelle et constante. Cette décomposition n'a pas besoin de l'intervention humaine pour se produire, d'ailleurs, la science moderne ne connaît pas de moyen pour contrôler ou stopper cette décomposition radioactive. Peu importe ce que vous diront les experts, une réaction nucléaire ne peut pas être arrêtée comme on éteint une lumière, en appuyant sur l'interrupteur du bout d'un doigt ou comme on débranche un appareil électrique en tirant sur le fil! Nous n'avons pas les connaissances nécessaires pour activer une réaction nucléaire, ni l'éteindre. Les déchets radioactifs restent dangereux pour l'être humain jusqu'à ce qu'ils s'épuisent et que l'élément devienne inerte. Selon l'élément, la vie peut varier de cinquante à dix milles ans! Pourtant, alors que les centrales nucléaires sont devenues désuètes après seulement une quarantaine d'années de service, certains voudraient nous faire croire qu'ils en savent suffisamment pour contrôler une réaction nucléaire.


(photo: NBEN-RENB)

Les éléments radioactifs peuvent être transportés au moyen d'inventions humaines, telles que l'avion, le train, le camion ou le bateau. Ce qui est plus inquiétant encore, c'est la capacité des éléments radioactifs à se déplacer dans le vent et l'eau. En 1986, lors de 1'accident de Tchernobyl, le déplacement des émissions radioactives a été observé, tout autour de l'Europe, et dans très peu de temps, autour de la planète! La panique a emporté tout le monde. En Europe, les mères de jeunes enfants achetaient tout le lait qu'elles pouvaient dans les dépanneurs. Bien que l’on se soit fait dire pour quelques décennies que les réactions nucléaires sont complètement inoffensives, dans le fond de nous-mêmes, nous les être humains, reconnaissons le danger que posent la radioactivité, l'établissement de centrales nucléaires et l'éventualité d'accidents nucléaires. Les émissions radioactives sont facilement transportées dans l'air. Les émissions de produits radioactifs libèrent une quantité d'ions instables ayant, entre autres, une affinité inquiétante pour les tissus des humains et des animaux. Voila pourquoi les taux de leucémie chez les enfants qui demeurent près des centrales nucléaires sont très élevés.

Voici maintenant une mise à jour de la situation nucléaire ici, au Canada: Depuis la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement du Canada s'est impliqué dans le dossier nucléaire. Durant les années 70, plusieurs centrales nucléaires ont été construites en Ontario, deux au Québec (bien que seulement une des deux centrales fut mise en opération) et une au Nouveau- Brunswick. Des tonnes de déchets radioactifs s’accumulent autour de chaque centrale nucléaire au Canada. Le gouvernement du Canada subventionne la construction de centrales nucléaires ici au pays. Notre gouvernement vend le CANDU, la technologie nucléaire, dans d'autres pays, tels que l'Inde, la Roumanie et récemment la Chine et les finance en accordant des sommes aux pays (des prêts) à l'étranger pour l'achat de la technologie.

En avril, 1996, sans aucun mandat de la population, du Parlement ou de son parti, le premier ministre Jean Chrétien a déclaré que le Canada favorisait "en principe" l'idée d'importer de Russie et des États-Unis des tonnes de plutonium militaire excédentaire pour alimenter les réacteurs CANDU. En 1997, Ontario Hydro ferme les 4 réacteurs de la centrale Bruce "A" qu'on avait choisis, à l'origine, comme étant les meilleurs candidats pour recevoir le combustible au plutonium. Des tonnes de déchets reposent dans les champs à l'extérieur de ces centrales fermées. Énergie Atomique du Canada Limitée (EACL), rapporte que si on faisait passer 100 tonnes de plutonium dans un réacteur CANDU, il resterait encore plus de 60 tonnes dans les déchets nucléaires qui en résultent, assez pour construire plus de 10 000 armes nucléaires.

En 1998, une table-ronde nationale de huit experts, qui étudiait depuis huit ans la possibilité de l'enfouissement souterrain des déchets nucléaires provenant des centrales nucléaires canadiennes, a catégoriquement dit "NON" à l'enfouissement des déchets nucléaires. En 1999, le premier ministre Jean Chrétien annonce que l'importation de plutonium recyclé (aussi appelé MoX) contribuerait au mouvement du démantèlement des armes nucléaires aux États-Unis et en Russie. Le plutonium est un explosif qui devrait être sous haute surveillance. C'est aussi une matière très dangereuse et radioactive. Une quantité minuscule de plutonium dispersé dans l'environnement pourrait avoir des conséquences sérieuses à long terme: 27 microgrammes, par exemple, dans les poumons suffisent pour causer un cancer chez les adultes  (100 g = 100 000 000 de microgrammes). Au début de l'an 2000, deux cargaisons de MoX ont déjà été importées par camion jusqu'à la frontière de l'Ontario et des États-Unis. Par la suite, on a transporté le produit par voie aérienne à Chalk River, un centre de recherche en énergie nucléaire située le long la rivière Outaouais, à l’ouest d'Ottawa, où il existe déjà des tonnes de déchets radioactifs entreposées dans les champs autour de cette centrale. Nous ne savons pas quoi faire avec nos propres matières radioactives, mais nous recyclons du plutonium (déchets nucléaires) importé d'autres pays!


(photo: Paul Leventhal,
NCI)

Nous savons que l'énergie nucléaire coûte cher. Nous reconnaissons que l'énergie nucléaire est dangereuse. Nous savons que nous devons nous occuper du sort des tonnes de nos propres déchets toxiques nucléaires. Des tonnes de déchets radioactifs reposent dans des barils en acier, entourés d'une couche de béton épaisse d'au moins un mètre. Dans les champs qui entourent la centrale nucléaire de Pointe Lepreau, une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, le long de la baie de Fundy, les barils s'accumulent de façon alarmante. Ailleurs au pays, les centrales nucléaires canadiennes entreposent leurs déchets nucléaires à peu près de la même façon.

On se fait dire que c'est le temps de regarder et d’agir pour notre avenir! Au lieu de gaspiller des sommes incroyables pour maintenir l'énergie nucléaire (et les autres carburants fossiles), c'est le temps d'abord d'envoyer le message aux politiciens que ces centrales nucléaires sont en voie d’extinction et de l'accepter. Ensuite, c'est le temps d'investir dans les technologies alternatives, d'explorer de nouvelles possibilités, de décentraliser la production et la livraison de l'électricité, d'exiger la cogénération dans les industries et d'investir dans l'énergie solaire et éolienne. L'énergie solaire, par exemple, dure pour toujours une fois que l'investissement est fait.

Oui, nous avons besoin d'énergie pour fonctionner. Mais nous pouvons trouver des sources durables et en faire une utilisation plus raisonnable. Pour le prix d'une feuille de papier et d'une enveloppe, MÊME PAS DE TIMBRE, on peut faire transporter une phrase ou deux à Jean Chrétien en lui proposant des alternatives à l'exploitation d'énergie nucléaire et l'importation de MoX: Premier ministre, Colline du parlement, Ottawa K1A OA6.