Fire / Feu


 

Jean-Claude Chenard is a patient and methodical man. Ten years ago, he started preaching the bioaugmentation gospel as an alternative to expensive engineering solutions for the treatment of biowaste.

"You're fortunate, comments Chenard, that the before and after pictures on my business card aren't 'scratch and sniff' ". 

Remèdes écologiques :
Cherche-t-on midi à
quatorze heures?


Cécilia Cormier
Écocitoyenne, Cocagne, N.-B.
29 octobre, 2002

ngénieur en électronique de formation, Jean-Claude Chenard, depuis une dizaine d'années, répand la bonne nouvelle des bactéries. Son chemin de Damas s'est produit alors qu'il suivait, sur un chemin de campagne, le camion d'une entreprise de vidange des fosses septiques. Curieux de nature, il décide de suivre ce camion pour voir où ces matières allaient être déversées. Le camion emprunte un chemin de bois pour arriver à un grand trou dans la terre. C'est là que des milliers de litres de déchets humains allaient être déversés. Il se dit qu'il doit exister un meilleur moyen de traiter ce problème. Après quelques années de recherche et d'essais, il fait la rencontre de deux scientifiques québécois qui avaient mis au point le système biotechnologique qu'il cherchait.

Avant…   

18 jours après
(photos: www.bactapur.com)


Le système bactériologique du nom de Bacta-purMD avait d'abord été mis au point par les chercheurs Karl F. Erlich Ph.D. et Marie-Claude Cantin Ph.D pour traiter les problèmes liés à l'aquaculture. Jean-Claude les convainc de mettre au point un système pour traiter les eaux usées. Si les attributs qu'on confère aux bactéries Bacta-pur sont véridiques, il s'agirait presque d'un silver bullet pour bien des problèmes écologiques, des détritus associés à l'aquaculture jusqu'aux systèmes de traitement des eaux usées engorgés, en passant par les lagunes de purin associées à l'élevage du porc.

En lisant attentivement la documentation du centre de recherche Bacta-pur, il semble bien, pour la néophyte que je suis, que les divers systèmes de bioaugmentation et de filtration mis au point par ces chercheurs présentent, à tout le moins, une piste pour l'atténuation de nombreux problèmes écologiques. Il semblerait aussi que, d'après les études de cas présentées, la bioaugmentation pourrait représenter un correctif biologique rentable susceptible de remplacer, en tout ou en partie, les très onéreux travaux d'ingénierie auxquels on a habituellement recours lorsque des problèmes se présentent.

J'ai donc demandé à Jean-Claude Chenard de nous présenter quelques exemples d'histoires à succès. Le cas du village de Saint-Antoine est aussitôt cité. En 1990, le village était envahi par les odeurs nauséabondes émanant de son usine d'épuration des eaux usées. La lagune de l'usine recueillait les déchets de 1 000 habitants et d'usines de transformation des aliments (poutines râpées et fricot). Lorsque M. Chenard est arrivé sur les lieux, il a pu constater qu'en plus du problème d'odeurs, la charge biologique de la lagune dépassait grandement sa capacité de traitement naturel. Il a effectué des traitements par bioaugmentation, et 18 jours plus tard, les déchets solides avaient disparu, les eaux étaient devenus claires et les canalisations étaient nettoyées.

Étant donné le succès probant de l'intervention biologique et les économies de taille qu'elle a permis de réaliser au village de Saint-Antoine, on pourrait croire que M. Chenard n'aurait aucune difficulté à proposer une solution simple, rentable et peu invasive aux instances municipales, gouvernementales et industrielles qui sont aux prises avec problèmes d'engorgement et de contamination. Il n'en est pourtant rien. " Malgré toutes les études de cas que je suis en mesure de présenter, malgré le parcours impressionnant des chercheurs qui ont mis au point le système de bioaugmentation et la réputation internationale du Canada sur le plan des biotechnologies, j'ai l'impression de prêcher dans le désert. On choisira presque à tous coups une solution beaucoup plus coûteuse, bien moins efficace et beaucoup plus invasive sur le plan de l'environnement, conclut-il, car les gens ne sont pas prêts à accepter un remède simple. Ils préfèrent rester dans le connu, c'est-à-dire les solutions proposées par les ingénieurs ".

Jean-Claude Chenard a une carte professionnelle des plus efficaces : en plus de ses coordonnées, il y a deux photos juxtaposées " avant " et " après ". La photo " avant " montre la lagune du village de Saint-Antoine engorgée de déchets solides et graisseux; dans la photo suivante, on peut voir la lagune deux semaines plus tard, après que M. Chenard ait effectué son traitement aux bactéries. Je vous laisse le loisir de juger par vous-même… Et, comme le dit M. Chenard : " Comptez-vous chanceux que ma carte ne soit pas scratch and sniff "!

Remarque : Le présent article ne consiste pas en aucune manière que ce soit une publicité pour les entreprises citées. Il veut présenter l’existence de tels produits écologiques et les difficultés rencontrées par une personne lorsqu'il s'agit de les faire accepter comme solution de rechange aux correctifs habituels.