News from Cocagne

In a new feature called News from Cocagne, Cécilia Cormier will keep us informed on the numerous and varied activities related to sustainable development in and around the Cocagne River watershed.

For this theme, she relates the efforts made in the spring and summer of 2000 by Cocagne residents to obtain the help of the provincial government to have their private wells tested.

Volunteers distributed 900 testing to kits to the citizens of Cocagne, which resulted in 393 wells being tested. Some 77 wells showed some form of contamination, 12 of which contained e-coli (non-Walkerton strain).

To thank the provincial government for its assistance in delivering the program, the Cocagne Clean Water Committee developed recommendations based on the lessons learned through the process. Basically, it was recommended that the government develop an integrated program for ensuring the quality of private well water including a partnership with Local Services District regarding program delivery, cost sharing and public education. 

Later that same year, New Brunswick 's Auditor General branded the province's well water testing system a fiasco.

Although some progress has been made since, Cocagne still stands by its recommendations.

Nouvelles du
Pays de Cocagne


Cécilia Cormier
éco-citoyenne
Juin 2002

n préparant le plan pour l'article sur l'eau qu'on m'avait proposé de rédiger pour le présent numéro d'Éléments, je me suis vite rendu compte que cette question était véritablement exponentielle. D'abord, pour traiter tous les aspects de la question, il m'aurait fallu le numéro en entier et de nombreuses semaines de recherches et de rédaction. L'une et l'autre option ne m'étant offertes ni réalisables, j'ai pensé commencer ma contribution à Éléments en vous proposant une correspondance que j'intitulerai : Nouvelles du Pays de Cocagne. Dans ces lettres, j'essaierai de vous tenir au courant de ce qui se fait chez nous pour améliorer et mieux connaître notre environnement.

 Cocagne
(photo: l'internet)

Ce nom de pays de Cocagne, c'est l'explorateur français Nicholas Denys qui l'a donné à notre beau coin en 1632 alors que surpris par l'hiver, il avait trouvé refuge et amplement de quoi nourrir son équipage le long de notre rivière. Presque 400 ans plus tard, ses rives sont bondées de maisons et chalets construits coude à coude. Or, toutes ces habitations reposent sur un sol très argileux qui, ayant absorbé depuis 1767 nos déchets humains, se trouve aujourd'hui saturé. Et nous puisons notre eau potable de puits qui, en raison de la proximité des habitations, sont souvent installés dangereusement près des fosses septiques. Depuis ma tendre enfance, j'entends des gens de Cocagne prédire qu'un beau jour, « du monde allait tomber malade ». En l'an 2000, les habitants d'une petite ville ontarienne nommée Walkerton allaient connaître, avec horreur, ce que « tomber malade » pouvait signifier.

C'est à ce moment que les demandes faites à notre Chambre de commerce relativement à une étude de faisabilité sur un système d'égouts pour Cocagne se sont renouvelées. Nous avons fait part des préoccupations des Cocagnois et Cocagnoises à notre gouvernement provincial, pour nous faire répondre que les fonds étaient épuisés pour l'année. Nous avons donc présenté une deuxième demande : « Aidez-nous au moins à déterminer si oui ou non il y a des problèmes d'eau potable urgents à Cocagne en nous permettant de faire tester nos puits gratuitement ». Accompagnées d'une campagne médiatique haute en couleur, nos démarches ont eu comme résultat la mise sur pied d'un programme de vérification des puits communautaire/gouvernemental, partiellement subventionné.

Au cours de l'été 2000, des bénévoles ont distribué quelque 900 trousses d'échantillonnage aux habitants de Cocagne et aux propriétaires et locataires de chalets du DSL. Un minimum de 393 puits ont été vérifiés, mais comme plusieurs personnes ont apporté directement leur échantillon aux laboratoires, le nombre total de puits est sans doute supérieur. Aussi, plusieurs propriétaires ont dû vérifier leur puits plus d'une fois en raison des efforts de décontamination, dont un malheureux, qui a dû répéter sa vérification neuf fois.

De ces 393 puits, 77 étaient contaminés soit par des coliformes d'origine végétale, soit par coliformes fécaux, soit par les deux. Douze de ces puits étaient aussi contaminés par une forme d'e-coli différente du type mortel trouvé à Walkerton. Le résultat le plus inquiétant? Aucune suite n'a été donnée à 75 % des tests positifs! La raison? La peur des propriétaires d'être forcés par le gouvernement à débourser des dizaines de milliers de dollars pour faire refaire leur système d'épuration et leur puits.

Pour remercier le gouvernement provincial de son appui, le comité d'eaux pures de Cocagne lui a soumis des recommandations qui se résument ainsi :

1) Qu'un programme intégré sur la sécurité de l'eau potable soit orchestré par le gouvernement provincial avec la collaboration des DSL.

2) Qu'on facilite la tâche aux propriétaires en offrant  le programme dans les localités.

3) Qu'on accorde la priorité à l'éducation du public et à la formation de bénévoles au sein de chaque DSL.

4) Qu'on diminue le coût des tests en adoptant un test binaire (15 $ au lieu de 46 $), et en faisant des tests poussés uniquement sur les échantillons indiquant une contamination. Le gouvernement provincial et les DSL partageraient les frais des tests.

Qu'en est-il deux ans plus tard? Le ministère de l'Environnement a publié un dépliant (très bien fait, d'ailleurs) intitulé : Votre puits d'eau : quelques conseils de sécurité. En 2001, Cocagne, a répété son programme de vérification, avec un bien maigre appui de la part du gouvernement. Aussi, l'été dernier, le ministère a effectué des bancs d'essai un peu partout en province, processus qui a permis de déterminer qu'une proportion effarante des puits à Memramcook étaient défectueux. À Cocagne, l'histoire de l'eau en est une à suivre.

Bien écosympatiquement,

Cécilia Cormier